


Voir aussi nos nouvelles des universités.
Sur le site du collectif Poolp:
Université de Toulon : après les CRS, la chasse aux sorcières.
Le président de l'université de Toulon n'avait pas hésité à faire appel aux CRS pour mettre fin aux piquets de grève dans son université, contribuant ainsi à enrichir le palmarès d'universités "débloquées" tenu par la ministre, comme à Caen ou encore à St-Etienne (à présent en fermeture administrative). Après la répression contre les étudiants, c'est au tour de onze membres du personnel (Biatos, ITRF, enseignants et enseignants-chercheurs), qui ont reçu une lettre leur annonçant une retenue sur salaire de 98 jours (il semble d'ailleurs incompréhensible que l'université de Toulon et/ou le ministère aient laissé passer plus de 3 mois avant de prévenir les personnels d'un décompte en bloc des jours de grève). On appréciera particulièrement, dans cette lettre, ce passage : "Par ailleurs, il est constant que vous avez participé aux manifestations organisées par les personnels grévistes et exprimé votre soutien au mouvement de grève". On peut relire aussi ce billet de Poolp, ainsi que celui-ci.
Télécharger la lettre envoyée par le président de la fac de Toulon
Voir aussi cette page:
http://www.cuverville.org/breve78866.html
Dans la presse:
- Enseignants grévistes : 98 jours de salaire en moins - Var Matin, 15 mai 2009
- Les premières retenues de salaire tombent contre des profs grévistes, par MARIE PIQUEMAL, Libération 15/05/09
http://www.liberation.fr/societe/0101567519-facs-des-retenues-de-salaire-tombent-a-toulon
Le président de l'université de Toulon menace de retirer 98 jours de salaire à une dizaine d'enseignants et personnels grévistes. «Il s'agit d'une proposition de retenue, pas d'une sanction en tant que telle», rectifie-t-il.
Le gouvernement a prévenu. Les enseignants-chercheurs grévistes auront des retenues de salaire. Jusqu'ici,
les présidents d'université s'en étaient tenus à des rappels à l'ordre,
verbaux ou par mails, plus ou moins intimidants. A la fac de Toulon, le
président est passé au cran supérieur, comme le révèle Var-Matin.
Dans un courrier adressé à plusieurs enseignants, et que Libération.fr s'est procuré, le président Laroussi Oueslati annonce: «Je
vous informe que l'Université entend faire application des textes
législatifs et procède à une retenue des trentièmes de votre
rémunération mensuelle pour les jours de grève où il a été constaté que
votre service n'a pas été ou a été partiellement accompli.»
A ce jour, onze enseignants-chercheurs et personnels administratifs (Biatos) ont reçu cette lettre recommandée,«rigoureusement identique pour chacun d'entre nous et quelque soit notre implication dans le mouvement d'ailleurs», s'indigne ce matin Cédric Garnier, maître de conférences en chimie de l'environnement.
«98 jours de salaire en moins» Le jeune prof est en colère, et dénonce le mépris de la l'administration. «Avec cette mesure, on a le sentiment que notre président méconnaît la nature de nos fonctions. Sinon, il saurait que ce n'est pas parce qu'on est en grève, qu'on ne bosse pas. Pour la plupart, on a continué nos activités de recherche pendant ces trois mois.»
Là réside toute la difficulté. Comment savoir si un enseignant-chercheur est gréviste? La règle de base, valable pour tous: si le salarié est absent sans justificatif alors qu'un préavis de grève est en cours, il est considéré comme gréviste par sa direction.
Sauf que pour les enseignants-chercheurs, le contrôle est difficile. D'abord parce que leurs heures d'enseignement sont annualisées. «Une des maîtres de conf' a reçu une lettre alors qu'elle n'avait pas de cours programmé de tout le second semestre», souligne Cédric Garnier. Ensuite, parce que les activités de recherche ne se mesurent pas par des heures passées dans les labos ou les bureaux des universités.
«C'est une proposition de sanction» «Si encore, l'administration avait ajusté la sanction pour chacun d'entre nous... Là, on a le sentiment d'une injustice la plus totale. Un délit de sale gueule, quoi», poursuit le jeune prof. La lettre précise en effet que les enseignants visés sont considérés comme grévistes à partir du début du mouvement, le 2 février dernier. Au total, donc, cela équivaut à 98 jours de salaire en moins, voire plus puisque la sanction court toujours. En application d'une circulaire de 2003, sont décomptés les dimanche, jours fériés et périodes de fermeture administrative (vacances). Pour les maîtres de conf' concernés, la sanction envisagée équivaut à une perte de salaire de 7.000 euros.
Une sanction jugée disproportionnée par le principal syndicat du supérieur, le Snesup-FSU, qui a envoyé une note à l'ensemble des syndiqués pour être informés d'éventuelles mesures de répression similaires, prises ailleurs en France. «On a eu connaissance de tentatives d'intimidation à Lille II et Reims. Mais le cas de Toulon, c'est du jamais vu. C'est une application rigoureuse des textes de loi. Alors qu'en principe, la question des retenues de salaires donne lieu à des négociations entre syndicats et administration, à la fin de la grève.»
Laroussi Oueslati, le président de la fac, tempère: «Il ne s'agit pas d'une sanction en tant que telle mais d'une proposition de retenue de salaire. A charge pour les personnes visées de prouver qu'elles n'étaient pas en grève les jours visés.» Assurant être dans un état d'esprit de discussion et partager en partie les revendications des grévistes, il ajoute: «Il est de mon devoir de responsable de concilier le principe fondamental du droit de grève et le principe de continuité du service public.» Il a donné rendez-vous dès lundi aux organisations syndicales pour envisager une porte de sortie.
Lettre d’A. Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à F. Hollande (7/2/2012)
Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)
"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)
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