Fabula, la recherche en littérature (appels)

Les noblesses françaises dans l’Europe de la Révolution (années 1770-1800)

Appel à contribution

Information publiée le jeudi 28 juin 2007 par Bérenger Boulay (source : Karine Rance)

Date limite : 31 décembre 2007

COLLOQUE INTERNATIONAL
Les noblesses françaises dans l'Europe de la Révolution (années 1770-1800)

colloque co-organisé par la Société des études robespierristes, le Centre d'histoire « Espaces et Cultures » (Université Clermont 2) et le Musée de la Révolution française

Vizille, 11 et 12 septembre 2008

APPEL A CONTRIBUTION

Qu'il s'agisse des biographies (Antonelle par Pierre Serna, Félix Lepeletier de Saint-Fargeau par Laurence Constant), des vastes enquêtes (sur la vente des biens nationaux par Bernard Bodinier, sur l'émigration par Karine Rance, sur la noblesse du Sud-Ouest par Michel Figeac, sur l'École royale militaire d'Effiat par Olivier Paradis, sur les camps de Jalès par François de Jouvenel), etc., les travaux récents sur le deuxième ordre de la France d'Ancien Régime invitent à la fois à réinterroger son rapport à la Révolution et à l'Europe contemporaine des événements français et à tenter une synthèse d'histoire socio-politique. Elle débutera avec les années 1770, qui voient se transformer une sociabilité nobiliaire construite autour des Lumières ou des Anti-Lumières, marquée par la recherche d'une reconnaissance intellectuelle qui se traduit dans la fréquentation des salons ou l'accumulation des livres, des collections, décennie également parcourue par une réaction d'un ordre, très divers d'une province à l'autre, se repliant pour partie sur ses privilèges, notamment militaires, révisant ses terriers et ses droits féodaux. La fondation par Napoléon d'une noblesse impériale bouleverse un peu plus les rapports de ceux qui peuvent justifier depuis plusieurs générations de leur sang bleu au pouvoir et à la société issus de la Révolution, surtout s'ils les ont refusés et ont préféré une émigration dont ils ne savent quand revenir.

Il s'agira justement de marquer les différentes adaptations d'un ordre aboli en 1789 à la société nouvelle, soit qu'il l'accepte, abandonnant ses titres, ses prérogatives, participant (à un niveau et dans une proportion qu'il faudra mesurer) aux Assemblées, aux instances administratives, à l'effort de guerre, soit qu'il la rejette, s'investissant alors ou non dans l'Anti- et dans la Contre-Révolution (qu'il s'agisse des guerres intérieures, de l'Armée des Princes, du Club monarchique ou de l'Agence royale). Passant de la sphère publique à la sphère privée, il faudra comprendre les stratégies familiales à l'oeuvre pour préserver les domaines ancestraux, garder contact avec le père, le fils, le frère parti à l'étranger, s'adapter à ces séparations sentimentalement et matériellement douloureuses, voire préserver des identités claniques mises à mal par les déchirements idéologiques qui peuvent aussi briser les liens de filiation. Comment, pour ceux qui choisissent la fuite, se fait l'installation puis le quotidien dans le pays d'accueil, est accepté l'éventuel déclassement social, se reconstituent des cercles plus ou moins courtisans, des instances de représentation ? Quels transferts politiques et culturels se jouent dans l'émigration puis, en sens inverse, lors du retour ? Que reste-t-il, en France comme à l'extérieur des frontières, de la culture de la distinction : ses anciens thuriféraires la préservent-ils ou au contraire la vouent-ils aux gémonies, rêvant d'être confondus avec le reste de la nation ? Quels principes de restauration apparaissent dans les programmes politiques proposés, notamment bon an mal an à l'occasion des scrutins du Directoire, ou depuis Londres, Rome, Turin ?

L'analyse de ces mutations suppose bien évidemment de laisser une place éminente à l'histoire des représentations. Les cahiers de doléances construisent une image négative du seigneur, noble ou non, et davantage encore des riches prélats issus du second ordre. Les caricatures de l'époque révolutionnaire renchérissent sur la difformité des corps qu'exclut la nation régénérée, jusqu'à les renvoyer dans les « sombres forêts de Franconie », pour reprendre le mot de Sieyès en référence aux thèses des origines défendues par Boulainvilliers ou Saint-Simon, surtout s'agissant des chefs du Parti noir à l'Assemblée nationale constituante. Le roman, le théâtre ou la chanson révolutionnaires construisent des stéréotypes et participent de la confusion progressive entre noble, aristocrate, émigré, qui nourrit la figure de l'ennemi en opposition à laquelle le nouveau régime se construit. Elle justifie un contrôle accru sur ceux qui passent encore, il n'est qu'à voir les motifs de suspicion, pour des suppôts systématiques d'un Ancien Régime révolu, ceux que l'on finit par évincer des sociétés populaires comme ceux qu'une démocratie paysanne encadre au sein des troupes soulevées de Vendée.

Les propositions de contribution (titre et résumé d'une dizaine de lignes) sont à adresser avant le 31 décembre 2007 à :
Philippe BOURDIN / Centre d'histoire « Espaces et Cultures » / Maison des Sciences de l'Homme / 4, rue Ledru / 63 000 Clermont-Ferrand / phbourdin@laposte.net


Responsable : Philippe Bourdin

Url de référence :
http://ahrf.revues.org/document2237.html

Adresse : Philippe BOURDIN / Centre d’histoire « Espaces et Cultures » / Maison des Sciences de l’Homme / 4, rue Ledru / 63 000 Clermont-Ferrand



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