

Communiqué de la Bnf :
Les manuscrits de Jean-Patrick Manchette entrent à la BnF
La famille de l'écrivain Jean-Patrick Manchette (1942-1995) a décidé de confier généreusement au département des Manuscrits l'ensemble de ses archives littéraires.
«L'oeuvre de Jean-Patrick Manchette a révolutionné l'écriture du roman noir et son influence est considérable. », déclare Bruno Racine, président de la BnF. «Le don de ce fonds ouvre les collections du département des Manuscrits à un versant insuffisamment mis en valeur de la littérature contemporaine. »
De ses toutes premières tentatives de fiction aux notes préparatoires de ses derniers projets (Iris, La Princesse du sang), en passant par les manuscrits de ses chroniques, son abondant travail pour le cinéma, ses activités de traducteur, ses carnets de notes de lecture, ses dessins et une vaste correspondance, ces archives ouvrent des perspectives inédites de recherche sur un styliste et théoricien de premier plan, figure majeure de la littérature française de ces quarante dernières années.
Jeune militant contre la guerre d'Algérie, influencé par les Situationnistes, Jean-Patrick Manchette fait son entrée dans la Série Noire en 1971 (Laissez bronzer les cadavres !, écrit en collaboration avec Jean-Pierre Bastid) avant d'en devenir un auteur phare. Passionné de polars américains, notamment Dashiell Hammett ou Raymond Chandler, il entreprend un travail de déconstruction d'un genre où beaucoup a déjà été écrit, tout en reprenant volontairement ses codes. C'est par dérision qu'il invente l'expression de « néo-polar », comme ersatz de polar, reprise par la suite dans un sens différent.
«Roman d'intervention sociale », le roman noir est aussi le reflet de la société contemporaine : l'affaire Ben Barka (L'Affaire N'Gustro), la dérive terroriste (Nada), le malaise des cadres (Le Petit Bleu de la Côte Ouest) ou le désenchantement de la police (Morgue pleine et Que d'os !) sont par exemple évoqués. Styliste avant tout, Jean-Patrick Manchette développe une écriture comportementaliste, épurée et froide (La Position du tireur couché), et questionne les relations entre littérature de romans noirs et littérature dite « générale »ou « blanche ».
Passionné de jazz et saxophoniste à ses heures, traducteur pointilleux entre autres de Robert Littell, Donald Westlake et Ross Thomas, sans compter la bande dessinée, The Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons, Jean-Patrick Manchette est également auteur de nombreuses critiques de romans noirs et de cinéma – Les Yeux de la momie pour Charlie Hebdo –, dialoguiste et scénariste de films.
Àl'heure où paraît chez Gallimard le premier volet de son Journal, qui couvre les années 1966 à 1974, le fonds Jean-Patrick Manchette apporte une matière primordiale à la connaissance de son oeuvre.
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