


[Arn' Acadomia: un dossier accablant (mà j 27/05/10)]
Les lobbyistes d'Acadomia : « Satisfait ou remboursé » ! - par Mathilde Mathieu, Mediapart, 10 décembre 2009
http://www.mediapart.fr/journal/france/091209/les-lobbyistes-dacadomia-satisfait-ou-rembourse
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3238
Acadomia, la plus grosse entreprise de soutien scolaire en France (« Bachelier ou remboursé »), vient de remporter une véritable Blitzkrieg au Parlement - un modèle du genre. Grâce à une campagne de lobbying d'une dizaine de jours, Acadomia a obtenu que le Sénat enterre, lundi 7 décembre, un amendement « hostile » voté par l'Assemblée nationale trois semaines plus tôt, à une large majorité.
Ce dernier, déposé par le député UMP Lionel Tardy, s'annonçait catastrophique pour le chiffre d'affaires de la firme créée en 1989 (37 millions d'euros en 2008) : en quatre petites lignes, il supprimait le crédit d'impôt offert aux familles consommatrices de cours privés à domicile, autorisées jusqu'ici à déduire de leur déclaration d'impôts 50% de leurs dépenses parascolaires. En clair, l'amendement tuait la poule aux oeufs d'or.
Pour le jeune élu de Haute-Savoie, cette « niche fiscale » (évaluée par les socialistes à 300 millions d'euros par an), réservée aux seuls foyers imposables (« privilège » interdit aux classes populaires) n'avait plus de raison d'être : selon lui, cet « effet d'aubaine » n'a fait que « gonfler les profits de ces sociétés privées », dopées aux frais de la collectivité, qui n'ont jamais réduit leurs prix ni amélioré leurs services en contrepartie. Lionel Tardy souhaitait donc réserver ce crédit d'impôt aux familles recourant plutôt à des associations à but non lucratif ou à des particuliers (étudiants, etc.).
À l'Assemblée, cet amendement avait reçu le soutien des socialistes (« Très bien ! », avait applaudi Henri Emmanuelli), comme de la commission des finances.
Mais au lendemain de son adoption, Acadomia a sonné le branle-bas de combat et missionné un cabinet de lobbying pour rattraper le coup au Sénat. Son nom : Lysios.
Trois salariés ont été illico mobilisés. Le coût de leurs services ? Secret. Ni Lysios, ni Acadomia, sollicités, ne veulent le dévoiler. Les lobbyistes ne livrent d'ailleurs guère de détails : « Travailler en dix jours, c'est pas notre habitude », se contente-t-on de glisser. Compte tenu des délais, ultra-serrés, Lysios s'est concentré sur un tout petit nombre de sénateurs, pour des frappes chirurgicales ciblées.
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