Fabula, la recherche en littérature (agenda)

Les femmes dans la critique et l'histoire littéraire

Evénement

Information publiée le jeudi 11 décembre 2008 par Jean-Louis Jeannelle (source : Martine Reid)

Vendredi 20 mars 2009, Paris, Bibliothèque Nationale de France

Bibliothèque Nationale de France/ Université de Lille-III (Alithila)

LES FEMMES DANS LA CRITIQUE ET L'HISTOIRE LITTÉRAIRE

Paris, Bibliothèque Nationale de France

20 mars 2009 (petit auditorium)

PROGRAMME

9h15 : accueil des participants

9h30 : Martine Reid (Université de Lille-III) : « En guise d'ouverture : les leçons de l'histoire littéraire »

I. Figures (sous la présidence d'Evelyne Ender)

10h : Jean-Claude Arnould (Université de Rouen) : « Y a-t-il une place pour les femmes dans la création littéraire ? Marie de Gournay et la figure de l'autrice »

10h30 : Myriam Dufour-Maître (Université de Rouen) : « Que sont les Précieuses devenues ? Actualité d'une catégorie critique »

Pause

11h30 : Joan DeJean (University of Pennsylvania, Philadelphie) : (titre à venir)

12h : Christine Planté (Université de Lyon-II) : « La place problématique des femmes poètes »

II. Discours (sous la présidence de Jean-Claude Arnould)

14h30 : Eliane Viennot (Université de Saint-Etienne/Institut universitaire de France) : « Le traitement des grandes autrices françaises dans l'histoire littéraire du XVIIIe siècle : la construction du panthéon littéraire national »

15h : Shelly Charles (« SELF », Paris-IV/CNRS) : « Genre romanesque et écriture féminine dans le discours critique au tournant du XVIIIe siècle »

15h30 : Nicole Pellegrin (CNRS/ENS) : « Le Dictionnaire de Fortunée Briquet (1804) et sa fabrication »

Pause

16h30 : Vicki Mistacco (Wellesley College) : « Les silences de l'histoire : l'anthologie féminine de Louise d'Alq »

17h : Anne McCall (University of Denver, Colorado) : « Programmes et problèmes : les femmes dans les manuels littéraires de la fin du XIXe siècle »

17h30 : Evelyne Ender (Graduate Center, New York) : « Quelle place pour les femmes auteurs dans la tradition critique genevoise ? »

18h15 : conclusion (Eliane Viennot)

Le colloque consacré aux femmes auteurs dans la critique et l'histoire littéraire réunira le 20 mars 2009 à la BNF des universitaires venus de France et des Etats-Unis. Il s'adresse aux spécialistes et aux étudiants aussi bien qu'à un plus large public, intéressé par la littérature des femmes et par la réception des oeuvres de ces dernières. Il fait suite au cycle de conférences consacrées aux femmes auteurs qui s'est tenu dans le cadre des « lundis de l'Arsenal » entre mars 2008 et février 2009. Avec le concours d'universitaires français et étrangers, celui-ci a permis de présenter et de faire entendre, grâce à un large choix d'extraits, des oeuvres aussi diverses que celles de Françoise de Graffigny et de Rachilde, de Marguerite de Valois et de Mme d'Aulnoy, de Mme de Lafayette et de Marceline Desbordes-Valmore, de Marie de France, Delphine de Girardin et Isabelle de Charrière.
La plupart des femmes actives dans le champ littéraire depuis le XIIIe siècle et jusque dans la première moitié du XXe siècle environ ne sont plus guère connues aujourd'hui. Leurs oeuvres ne sont généralement plus disponibles depuis longtemps. Seuls quelques grands noms continuent, au titre de somptueuses exceptions, de rythmer l'histoire littéraire telle qu'elle s'est constituée peu à peu, et ce malgré que les femmes furent de plus en plus nombreuses à exercer le « métier d'écrire » au fil des siècles, et que leurs oeuvres, loin d'être mineures et de se limiter aux genres mineurs, tel le roman, furent généralement très bien reçues, éditées généreusement et pendant longtemps, traduites et imitées.
Pourquoi cette raréfaction progressive des figures féminines dans les discours tenus ? Quels arguments ont peu à peu fait autorité pour justifier un tel état de chose et pour le faire passer pour évident ? Quels en sont les acteurs, les temps forts, les fins ?Le colloque du 20 mars prochain se proposera d'apporter des éléments de réponse à ces questions en considérant la nature de la réception réservée aux ouvrages de femmes, en tentant d'en comprendre les motifs, d'en interroger les impensés et d'en mesurer les effets. Une lecture attentive de comptes rendus critiques, d'histoires littéraires, de dictionnaires et d'anthologies sur près de cinq siècles (du XVIe au début du XXe siècles) devrait permettre de tracer les lignes de force d'une histoire qui pour l'heure, malgré des analyses ponctuelles, demeure écrite en pointillés : celle des encouragements et des résistances, des approbations et des sarcasmes qui ont continûment accompagné la réception des ouvrages de femmes en tant que tels, celle des mécanismes qui ont permis qu'aujourd'hui nombre d'entre elles demeurent marginalisées quand elles ne sont pas complètement oubliées.

Mises à part quelques « femmes illustres », l'histoire ne comptait guère autrefois de voix pour donner au « deuxième sexe » la place qui lui revenait, Michelle Perrot la première faisant état de ce « silence de l'histoire » à l'égard des femmes. Après quelque quarante ans de recherches, l'histoire des femmes a apporté la preuve de la nécessité, de l'intérêt et de la pertinence de ses questionnements. Malgré des travaux de plus en plus nombreux consacrés aux femmes auteurs depuis une vingtaine d'années, le domaine de la littérature féminine peine encore en France à assurer sa pleine légitimité et le bien-fondé de ses préoccupations. Le colloque du 20 mars prochain souhaite attester la vigueur des études effectuées à ce propos et leur diversité ; il souhaite aussi prendre sa place dans une perspective plus large, celle d'un véritable élargissement des questions posées à la littérature, où hommes et femmes, différemment et semblablement, occupent de plein droit le même champ.


Martine Reid
Professeure de langue et littérature modernes à l'université de Lille 3




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