

Le président de la République s'est exprimé ce mercredi 05 mai devant les inspecteurs
d'Académie. Il a présenté son plan de lutte contre les violences et l'absentéisme
scolaires, qui prévoit l'installation d'un bureau du policier référent dans les établissements.
Il a également annoncé une "nouvelle gestion des ressources humaines" : le chef de chaque établissement pourra désormais recruter lui-même les enseignants :
"Dernier point et non des moindres, le chef de chaque établissement pourra désormais lui-même recruter ses professeurs. Cette mesure expérimentale sera généralisée en 2011."
""Petite révolution" dans l'Education nationale, une "nouvelle gestion des ressources humaines" sera expérimentée dans une centaine d'établissements exposés à la violence à partir de septembre prochain: "le chef d'établissement aura le droit de procéder lui-même au recrutement des professeurs, sélectionnés sur profil, sur la base du volontariat", a expliqué le chef de l'Etat, reprenant là encore une mesure annoncée le 8 avril."
Médiapart:
Devant quelque trois cents recteurs, inspecteurs d'académie, procureurs généraux et préfets réunis mercredi à l'Elysée, le chef de l'Etat a enfoncé le clou sur la violence et l'absentéisme scolaire. Des mesures pour « rétablir l'ordre et réhabiliter l'autorité » qui ne font que rabâcher les propos de son précédent discours du 20 avril à Bobigny : suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme, présence de policiers référents dans les établissements les
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Dépêches de l'Education du Mercredi 5 mai 2010 (AFP):Â
Sarkozy et les violences scolaires :
réactions politiques
Voici des réactions politiques à la présentation mercredi par Nicolas Sarkozy de son plan de lutte contre les violences et l'absentéisme scolaires :
- Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France : "Derrière un discours faussement pragmatique, la seule réponse apportée aujourd'hui par Nicolas Sarkozy à la question de la violence scolaire est celle de la répression, de l'autoritarisme et de la stigmatisation (...) Les annonces présidentielles sont en totale contradiction avec la politique de son ministre Luc Chatel (Education). Comment lutter efficacement contre la violence alors que 40.000 postes ont été supprimés dans l'Education nationale depuis 2007?" (communiqué)
- Parti communiste français (PCF) : "Nous avons assisté ici à l'énumération d'une collection de non-solutions dangereuses pour le service public de l'éducation. L'école ne doit pas être un centre de tri social voulu par le président, mais un lieu d'émancipation de chacun. Une fois encore, les grands absents des propositions sont les moyens à allouer à l'éducation nationale : pas de création de postes, de surveillants, de conseillers d'éducation, d'infirmières, d'assistants sociaux" (communiqué).
- Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris : "Je me réjouis des nouvelles compétences dévolues au chefs d'établissement qui pourront recruter leurs enseignants. C'est une révolution dans l'éducation nationale. Le président a proposé des mesures équilibrées qui allient prévention, éducation, et des sanctions graduées, c'est du sur mesure pour l'éducation nationale. Je souhaiterai que le maire de Paris (Bertrand Delanoë, PS) et le président de région (M. Huchon), au lieu de polémiquer, puissent s'associer" (déclaration à l'AFP).
Sarkozy présente son plan pour juguler les violences scolaires
Nicolas Sarkozy a présenté mercredi une série de mesures destinées à juguler les violences et l'absentéisme scolaires, affirmant qu'il serait "intraitable" sur ces questions, dans un discours à l'Elysée devant les préfets, procureurs généraux et recteurs d'académie.
Face au "scandale" que constitue à ses yeux la violence à l'école, le chef de l'Etat a annoncé qu'un "diagnostic de sécurité" serait réalisé dans tous les établissements scolaires d'ici juin 2010. Des diagnostics de ce type ont déjà été réalisés pour les 184 établissements les plus exposés.
"Il n'y a qu'une seule politique possible s'agissant des crimes et délits commis dans les établissements scolaires : être intraitable", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a promis de "rétablir l'ordre et réhabiliter l'autorité".
"On n'est pas libre quand on a peur. Libre d'apprendre, de progresser, de travailler", a-t-il poursuivi, plaidant pour "une école de la sérénité, du respect, de la confiance".
Le président est également longuement revenu sur le dispositif de suppression des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire répété, tel qu'il l'avait présenté à Bobigny le 20 avril, lors d'un discours sur la sécurité.
La proposition de loi du député UMP Eric Ciotti sur cette question "sera votée, je l'espère, avant la fin de l'été, pour une entrée en vigueur à la rentrée", a dit M. Sarkozy.
La possibilité de suspendre les allocations familiales est déjà inscrite dans la loi, mais la décision est du ressort des présidents de conseils généraux.
Désormais, a expliqué mercredi M. Sarkozy, "le chef d'établissement, constatant l'absentéisme d'un élève (au moins quatre demi-journées d'absence non justifiées sur un mois) le signalera à l'inspecteur d'académie. Ce dernier devra convoquer la famille pour la rappeler à ses devoirs".
"Dans le même temps, a-t-il poursuivi, il préviendra le président du conseil général qui pourra - comme c'est évidemment souhaitable - proposer à la famille un contrat de responsabilité parentale. En cas de récidive au cours de l'année, l'inspecteur d'académie en informera le directeur de la Caisse d'assurance familiale, qui aura alors l'obligation de suspendre immédiatement la part des allocations familiales liées à l'enfant absentéiste".
Autre mesure : l'ouverture, en 2011, d'une dizaine d'internats où seront accueillis les élèves entre 13 et 16 ans "les plus durs". M. Sarkozy confirme ainsi la création de ces "structures d'un type nouveau", déjà annoncée à Bobigny.
Parallèlement, onze internats d'excellence, pour les élèves méritants des milieux défavorisés, vont être également créés, "dès la rentrée prochaine", après celui de Sourdun (Seine-et-Marne), ouvert cette année.
Parmi les autres mesures précisées par le chef de l'Etat figurent l'installation d'un bureau du policier référent dans tous les établissements scolaires (sur la base du volontariat), le renforcement du partenariat éducation nationale-justice, une formation spécifique des enseignants aux questions de discipline et de sécurité, la responsabilisation des parents, la possiblité pour les chefs d'établissements réputés violents de choisir eux-mêmes leurs enseignants... Ceux-ci seraient incités matériellement à s'établir durablement dans ces établissements.
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