

Le titre donné à ce projet souligne les deux axes qui le portent : l’étude de l’écriture “fragmentaire” du fragment, d’une part, et d’autre part des “constructions” de pensée engagées dans ces textes. Quels types de “connaître” et de “représenter” y sont privilégiés ? Quelles “clartés” (ou à l’inverse, quels “mystères” ?) sont attendus et visés par le fragment ? Nos travaux entendent privilégier l’aspect “positif” du fragment, celui de ses “vertus”, plus généralement de la “puissance” (littéraire, stylistique, philosophique, aphoristique, etc.) de la langue dans le fragment. Des travaux précédents menés sur “Puissance et impuissance du langage” avaient privilégié l’axe de l’impuissance et de l’opacité. Nous souhaitons aborder la séquence “positive” et proposons quelques axes :
1- La forme fragmentaire (littéraire, philosophique, artististique) est toujours “actuelle”, d’où la première question : la question du “pouvoir” de cette forme et de sa “nécessité” dans la création ?
2- L’analyse de la “texture” propre à ces fragments (stylistique, syntaxique, registres sémantiques des ”mots” (fréquence, répétition, etc.)
3- La question de l’“intégration” du fragment, d’un “segment” dans un texte d’“accueil” ; la question de l’inter-textualité (types de connection, de transitions, d'enchaînements, de sauts, dans l’espace et le temps ;
4- Quel est l’“esprit” du fragment ? Quelles sont ses propriétés internes (sont à dégager les qualités syntaxiques et lexicales propres au fragment ?
5- A quelle nécessité le fragment répond-il? Quelles fonctions dans la pensée et l’écriture sont celles du fragment ? Au service de quelle(s) pensée(s) / contenus de pensée ? Cette citation de Ivo AndriÇ, d’un esprit revigorant pour finir et commencer :
-Nous sommes les minuscules fragments d’une mosaïque interminable dont je ne peux même pas soupçonner le sens, la forme ni la taille, mais dans laquelle voici que j’ai trouvé ma place ; et je m’y tiens dévotement, comme dans un temple. (Inquiétudes, 24, Ed. du Griot, 1993.)
Ces travaux s’inscrivent dans les deux axes de recherche que sont l’axe “Pensée et littérature” du CERIEC (EA 922) et l’axe 1 de Confluences-MSH, “Écritures et cultures”.
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