Fabula, la recherche en littérature (appels)

Le devenir-roman des Mythologies

Appel à contribution

Information publiée le mercredi 9 mai 2007 par Alexandre Gefen (source : Guillaume Bellon)

Date limite : 15 juin 2007

« Le devenir-roman des Mythologies »,

 

Journée d’étude organisée par G. Bellon et P. Vachaud

Dans le cadre du centre de recherche E.CRI.RE

Université Stendhal, Grenoble, le 19 octobre 2007

 

 

Que sont les Mythologies devenues, cinquante ans après leur parution en recueil ?

 

La réception critique de ces courts textes, quand elle ne dénonce pas leur « terrorisme intellectuel », souligne à l’envi le caractère systématique d’une critique nourrie d’un marxisme aujourd’hui conventionnel, retrouvant par là le jugement de Barthes lui-même, qui évoquait, à l’occasion de son dernier cours au Collège de France, « l’extrême difficulté (ou le courage) à ne pas donner le sens, un sens » aux incidents qui nourrissent le discours de critique de la doxa. Sans former hapax, les Mythologies apparaissent comme parole datée, expression précise d’une époque que le recul relatif de la théorie ne permettrait plus de soutenir : Barthes d’ailleurs avait éprouvé, dans les Chroniques qu’il accepta d’écrire pour le Nouvel Observateur entre décembre 1978 et mars 1979, l’impossibilité de tenir à nouveau une entreprise condamnée à la rigidité de la maxime ou au dogmatisme de la moralité.

 

Cet « échec », selon les dires mêmes de l’auteur, pointait pourtant un devenir possible du texte mythologique : la Vita nova, ce roman envisagé par Barthes, se voulait réceptacle d’une attention au réel et d’une mise en cause du naturel qui le recouvre. L’« agression de la bêtise ambiante, intramondaine » (La Préparation du roman) fait en effet sentir, de façon toujours plus pressante, ce « besoin et comme devoir de réagir » qui définissait le projet barthésien dans les années 1950, et ce sont les voies de cette contestation que l’on voudrait explorer.

 

Quelles sont donc aujourd’hui les écritures romanesques à même d’accueillir le discours de la démystification ? Notre époque a-t-elle seulement à cœur de solliciter la parole du quotidien, ou bien la triste complaisance dans les plaisirs minuscules d’une littérature enfin réconciliée avec le réel, loin de l’hybris d’un tout-théorique « desséchant », aurait-elle définitivement enterré la possibilité d’une telle critique ? En se limitant au roman, et en privilégiant ses écritures contemporaines, la journée vise à interroger le devenir du discours sur/depuis le réel. L’exemple illustre de cette intégration de la parole démystificatrice au tissu romanesque avait été proposé par G. Perec, dans Les Choses, selon un travail de réécriture qui reste à étudier, et pourrait aisément constituer le sujet d’une des communications. Le programme reste ouvert à d’autres propositions, dans le souci du maintien d’un objet délimité : il s’agit bien d’interroger un des devenirs du discours démystifiant, en laissant donc de côté ce qu’il peut en être dans le champ plus vaste des sciences humaines – et, plus encore, des pratiques artistiques. Plutôt que de travailler à une actualité des Mythologies contrefaite, ou à la définition d’un « après-coup » tout aussi artificiel, il s’agit d’envisager cette redistribution de la critique sociale, qui pourrait définir le discours mythologique d’aujourd’hui, et permettrait de mieux cerner les enjeux du roman actuel.

 

Les propositions de communication (titre + résumé d’une dizaine de lignes) sont à adresser au comité de lecture avant le 15 juin à l’adresse suivante : guillaume.bellon@yahoo.fr. Une réponse sera donnée avant le 30juin.




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