

Commentaire du Poolp : cet "événement", tel que
rapporté, est l'exemple même des risques de la loi LRU que dénonçait,
dès 2007, le mouvement contestataire dans l'enseignement supérieur. Ce
n'est pas tant la suppression de la subvention allouée à Nanterre qui
est scandaleuse que le pourquoi de cette suppression : l'université n'a
pas mis en place l'enseignement ad hoc demandé par
le département et destiné à constituer un vivier pour le bassin
d'emplois local. S'il est à craindre la soumission par l'argent des
universités à la pression politique autant qu'à celle des
entreprises, il est aussi à redouter, à la fois, le risque
de divergences entre les enjeux locaux et les enjeux nationaux, le
risque de creusement des inégalités entre les universités ainsi
que l'affaiblissement qualitatif du socle de formation générale et
commun des étudiants, si les enseignements devaient s'ajuster au besoin
d'employabilité immédiate -mais pas forcément pérenne- des entreprises.
Dépêche AFP du Jeudi 28 janvier 2010 :
Le conseil général du 92 supprime sa subvention à l'université de Nanterre
Le conseil général des Hauts-de-Seine (CG92), présidé par Patrick Devedjian (UMP) a décidé de supprimer la subvention annuelle de 900.000 euros qu'il versait depuis quatre ans à l'université de Nanterre, un choix dénoncé par le PS qui y voit une "priorité donnée au privé".
L'aide départementale entrait dans le cadre d'un "contrat d'objectifs pluri-annuel" qui s'est achevé fin 2008 entre le département et l'université, qui compte 32.000 étudiants.
"J'ai dit que j'étais ouvert" à une reconduite de la subvention, "à la condition que cela corresponde à un projet en relation avec la politique départementale, c'est-à-dire le développement de métiers qui sont exercés à La Défense ou dans le département", a expliqué à l'AFP M. Devedjian, qui ajoute: "J'attends toujours un projet" de l'université.
Une source à l'université de Nanterre a évoqué "une négociation lente et difficile", se disant "très pessimiste" sur son issue.
Dans un communiqué, les élus socialistes du CG92 "s'insurgent contre ce nouveau désengagement", alors que le "département continue de financer à hauteur de 10 millions d'euros de subvention annuelle le pôle Léonard de Vinci", autrement appelé "fac Pasqua".
Situé dans le quartier d'affaires de La Défense, ce pôle privé avait été créé en 1985 par Charles Pasqua, qui en est toujours président. Ses trois écoles (management, ingénieurs, multimédia) et ses partenaires, dont l'université Paris-Dauphine, y accueillent environ 6.000 étudiants.
M. Devedjian a d'ailleurs confirmé à l'AFP que le CG92 avait accordé "une petite subvention à Dauphine, 400.000 euros annuels, pour les aider à payer le loyer" au pôle Léonard de Vinci.
Concernant le pôle Léonard de Vinci, il a souligné que la subvention avait "diminué de moitié" depuis son arrivée au CG92, en 2007.
Le budget annuel de l'université de Nanterre s'élève, hors salaires, à quelque 60 millions d'euros.
Dépêche AFP du Vendredi 29 janvier 2010 :
Suppression subvention: la fac de Nanterre répond à Devedjian :
L'université de Nanterre a démenti vendredi dans un communiqué la version donnée jeudi par le président du conseil général des Hauts-de-Seine (CG92) Patrick Devedjian (UMP) pour justifier la suppression d'une subvention annuelle de 900.000 euros.
Cette aide départementale entrait dans le cadre d'un "contrat d'objectifs pluri-annuel" qui s'est achevé fin 2008 entre le CG92 et l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, qui compte 32.000 étudiants.
"J'ai dit que j'étais ouvert" à une reconduite de la subvention, "à la condition que cela corresponde à un projet en relation avec la politique départementale, c'est-à-dire le développement de métiers qui sont exercés à La Défense ou dans le département", avait expliqué à l'AFP M. Devedjian, qui ajoutait: "J'attends toujours un projet".
"Les projets de l'université répondaient justement aux souhaits et aux besoins du département qui l'accueille", répond l'université présidée par Bernadette Madeuf. Cette dernière avait été élue en mai 2008 en faisant notamment campagne sur sa méfiance à l'égard de la loi sur l'autonomie des universités.
Evoquant un courrier du 18 novembre 2009 adressé à M. Devedjian, l'université affirme qu'"il s'agissait notamment de développer à La Défense des formations de haut niveau dans les domaines de l'économie, de la finance, de la gestion et du développement durable".
"Ces propositions (...) n'ont rencontré aucun écho", ajoute l'université, qui note toutefois que l'enseignement supérieur n'est pas une compétence des départements.
"En revanche, Paris Ouest regrette l'absence de dialogue avec le Conseil général alors que les relations de l'université avec les principaux acteurs économiques du département sont excellentes", conclut l'université.
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