Fabula, la recherche en littérature (debats)

La Ronde Infinie des Obstinés : Mille et une heures pour engager la résistance des universités

Points de vue et débats

Information publiée le mardi 28 avril 2009 par Marc Escola (source : Paris 8)


Voir des vidéos ici et là.

Et sur SLU: 

"On va faire tourner la Ronde" (après 1001 heures sur la place de Grève à Paris)

Et au bas de cette page: L'ultimatum des mille et une heures (lundi 4 mai 2009) 

La Ronde Infinie des Obstinés :
Mille et une heures pour engager la résistance des universités


Dans la nuit du 3 au 4 mai, cela fera mille heures que des enseignants-chercheurs, des étudiants et des personnels des universités, tournent jour et nuit sur la place de Grève (place de l'Hôtel de Ville à Paris). Cette manifestation assez singulière, qui a commencé le 23 mars, trouve son origine dans la contestation contre la loi LRU qui ne cesse de s'étendre depuis un an.

Le principe de base de cette loi est de convertir les universités aux « bienfaits » d'une gestion managériale. Fin des directions collégiales, fin des commissions de spécialistes destinées à recruter les enseignants chercheurs, mais un président disposant de tous les pouvoirs, et répondant de tous les choix pédagogiques de son université devant le ministère. Une autonomie financière destinée à établir entre universités une concurrence farouche ; une orientation professionnalisante interdisant toute recherche innovante, toute prise de risque de la pensée. Cette année, les universités, dans leur grande majorité, sont entrées en lutte contre les premières mesures d'application de cette LRU.

La Ronde Infinie des Obstinés est un acte de résistance contre la marchandisation des savoirs, contre une société de la précarité généralisée, contre l'omnipotence d'un pouvoir qui ne connaît que le mépris et la répression comme mode d'expression. La ronde infinie des obstinés s'est inventée au fur et à mesure de sa persistance comme un lieu de rencontre et de synergie des luttes.

Nous invitons du dimanche 3 mai midi au lundi 4 mai midi tous ceux qui souhaitent participer par solidarité à notre obstination. De nombreux artistes ont déjà répondu à notre appel. Pour partager notre refus, il y aura des mots, de la musique, des gestes…. Cela ne sera pas une fête, mais l'intensification d'une action qui annonce celles à venir.

Contact : rondeinfinie@gmail.com


Pré-programme des 1000 et 1 heures d'obstination :

10h préambule

11h45 ouverture

12h-5h : musique, danse, lectures (acoustique ou a capella à partir de minuit, car sans sono.)

5h : 1000h d'obstination

5h-6h : les mots de l'infini (lectures)

6h : 1000 et 1h d'obstination 6h-10h : la convergence des luttes - rencontre

10h-12h : musique, danse, lectures (on cherche toujours des groupes acoustiques, a capella, ...)

12h : conférence de presse

avec la participation, entre autres, de : Alain Borer, Les Blérots de Ravel, Bratsch, Dominique Brun, Rosalind Crisp, Jacques Darras, Joseph d'Anvers, Odile Duboc, Jacques Higelin, John and Jehn, Daniel Jeanneteau, Régis Jauffret, Pierre Jourde, Latifa Laabissi, Michèle Kokosowski, Maguy Marin, Vaslav Nijinski, Julie Nioche, Cécile Proust, Quinsigamond, Jacques Rancière, Alban Richard, Julie Salgues, François Salvaing, Les Szgaboonsites, Loic Touzé, Mary Wigman, etc.

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L'ultimatum des mille et une heures
lundi 4 mai 2009 

L'ultimatum des mille et une heures

Depuis mille heures, nous tournons place de Grève, jour et nuit, comme nous l'avions annoncé lorsque nous sommes venus y déposer notre ultimatum, le 16 mars.

Depuis mille heures, des enseignants chercheurs, des chercheurs, des personnels biatoss, des étudiants, les IUFM, des artistes, des citoyens ayant à coeur de défendre l'indépendance de la pensée, marchent jour et nuit pour manifester leur refus de la LRU.

Depuis mille heures, ce sont plusieurs milliers de personnes qui se sont succédé en place de grève, issues de toutes les universités d'Ile de France, et parfois même de province, de toutes les disciplines. Des universitaires que la loi LRU voudrait placer en concurrence les uns avec les autres témoignent, ici, de leur entière solidarité, de cette idée d'une communauté que les tenants du marché ne sauraient ni admettre ni peut-être même comprendre.

Depuis mille heures, nous avons défendu une idée de l'université ouverte sur l'avenir, populaire, démocratique, tout entière vouée à sa mission qui est de former des générations d'étudiants et de contribuer à la création de savoirs nouveaux.

Aujourd'hui, alors que la mille-et-unième heure vient de passer, force est de constater que le gouvernement n'a rien voulu entendre de nos revendications. Il s'est entêté à tenir une posture idéologique qui admet pour seul prédicat la rentabilité immédiate, qui stigmatise le risque de la pensée comme un luxe inutile et toutes libertés de recherche comme autant de privilèges. Aux négociations, ce gouvernement a préféré s'en tenir à la menace et au mensonge. Mais à trop vouloir affirmer que tous les problèmes sont résolus et que le mouvement des universités s'essouffle, cette politique de communication a perdu toute crédibilité.

Et c'est ici la première victoire de notre ronde infinie des obstinés et du mouvement universitaire. Depuis plus de mille heures, y ont tourné des universitaires dont certains assumaient une grève totale de leur service enseignant, tandis que d'autres substituaient aux cours habituels des séminaires de grève, et que d'autres encore,en raison de la préparation de concours, apportaient à leurs étudiants la totalité des enseignements dont ils pouvaient avoir besoin. Cette hétérogénéité n'a jamais occasionné la moindre dissension parmi nous, et la ronde a permis à chacun de marquer sa détermination, de s'inscrire dans un mouvement de résistance face à une politique que tous condamnent avec la même fermeté.

La ronde infinie des obstinés, en convergence avec tous ceux qui luttent contre ces décrets, témoigne de notre engagement à obtenir leur abrogation, et dès maintenant à en refuser l'application. Les maquettes de mastérisation continueront de tourner dans l'infini de notre refus et les modulations de service se dissoudront dans notre commune obstination. Au silence des gouvernants, la ronde infinie des obstinés oppose le flux permanent de nos paroles. Et sous chacune de ces paroles, c'est un nouvel acte contre cette politique qui est inventé.

À travers ces mille heures de marche ininterrompue, c'est bien une résistance qui s'est engagée. Et cette résistance s'exercera jusqu'à ce que le gouvernement apporte des réponses à la mesure de la crise profonde qu'il a provoquée par la LRU, et jusqu'à ce qu'il ouvre de véritables négociations.

Non seulement la ronde infinie des obstinés n'est pas prête de se dissoudre, mais elle compte bien intensifier son action, se trouver de nouveaux terrains d'application et de nouvelles déclinaisons temporelles de l'infini.

A l'issue de ces mille heures, c'est donc un second ultimatum que nous posons aujourd'hui. Aucun des quatre points qui ont suscité notre présence place de grève n'a reçu de réponse satisfaisante. La ronde infinie des obstinés tout au long du mois de mai déclenchera donc autant de rondes intempestives que cela sera nécessaire, à Paris comme en Province. Que nos ministres de tutelle le sachent, notre marche lancinante et déterminée n'est pas prête de rompre. Elle entre dans une dynamique centrifuge, elle réapparaîtra plus massive et intempestive et s'associera plus encore aux autres secteurs en lutte. Ainsi, si le 1er juin, aucune avancée significative de nos tevendications n'est constatée, la ronde infinie des obstinés s'invitera dans le débat des élections européennes. De toutes les universités, nous convergerons vers un nouveau point de ronde et nous reprendrons notre marche, jour et nuit, pour rappeler à l'opinion le peu de cas que ce gouvernement fait de l'université et de notre avenir à tous.

Nous serons présents à cet appel car, tous, nous sommes intensément obstinés et l'infini est de notre côté.




Points de vue et débats :

"En renonçant aux humanités classiques, la France renonce à son influence" (tribune dans Le Monde, 9/2/12)

Lettre d’A. Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à F. Hollande (7/2/2012)

Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)

"N’oublions pas la formation des enseignants, enjeu national pour 2012". Appel pour une refonte de la formation des enseignants (3/2/12)

"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)

L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)

Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)

"Proposition de loi Grosperrin : la persévérance dans l’erreur" (communiqué de la Société des Agrégés, 24/01/2012)

"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)

"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)

"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)

"Privatiser la formation des enseignants : l’UMP ouvre la brèche", par L. Delaporte (Mediapart, 19/1/2012)

"Universitaires et chercheurs s’inquiètent des ambiguïtés de F. Hollande", par L. Delaporte (Médiapart, 18/1/ 12)

Présidentielle 2012: débat sur l’enseignement de l’histoire de l’art dans l’enseignement secondaire et la formation de ses enseignants dans le Supérieur (21/1/12)

Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger

"Les représentants de la communauté universitaire boycottent une réunion avec le ministère" (20minutes.fr, 1611/2012)

"Budget des universités : le réalité rattrape le gouvernement", par B. Monthubert (site Parti socialiste)

"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)

"Violence scolaire : L'enquête de Seine-Saint-Denis inverse les perspectives", par F. Jarraud (cafepedagogique.net)

Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités

"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)

"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)

"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)

"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)

"Initiatives d'excellence : stress et baisse des publications au menu des enseignants-chercheurs" (VousNousIls: l'e-mag de l'éducation)

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