Fabula, la recherche en littérature (appels)

La philosophie du design

Appel à contribution

Information publiée le jeudi 29 septembre 2011 par Alexandre Gefen

Date limite : 30 avril 2012

Figures de l'art n°XXIV

La philosophie du design

Des bébés projetés sur catalogue et customisés en laboratoire aux défunts que l'on thanatopraxie avant de les incinérer en passant par le relooking de l'espace privé et public, tout est désormais affaire de design. La consonance anglaise de ce mot, qui s'est imposé sur toute la planète dans la seconde moitié du XXe siècle, témoigne d'un changement de vision du monde beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. La plupart des analystes s'accordent à y voir le triomphe du « petit esprit pragmatiste anglais » sur le grand rationalisme français et le sublime idéalisme allemand. Les uns pour le déplorer, les autres pour s'en réjouir. Crépuscule ou aurore des idoles ? Tout à la fois verbe et substantif, « (to) design » donne à entendre le nouveau rythme du monde : le temps des festivals a remplacé celui des manifestations, religieuses ou politiques. Le monde sait désormais qu'il n'est plus le signe du Vrai ou du Bien, mais du Beau.

Non plus « le beau mensonge » du « philosophe-roi » et de ses nombreux héritiers, mais les beaux trompe-l'oeil pratiques de l'artiste pasophos banni de La République platonicienne, qui a fait alliance avec l'artisan, l'ingénieur, l'industriel et le philosophe « eironique » des temps postmodernes. Des boîtes Brillo d'Harvey transfigurées par Warhol en oeuvres d'art aux stages de somæsthétique du philosophe Richard Shusterman en passant par les « DS cathédrales » de Roland Barthes « retaillées écolo » par Gabriel Orozco, les vaisselles « main libre » de Philippe Starck, les fauteuils trop féminins de Gaetano Pesce, les IPhone multimédia tactiles de Steve Jobs, les Pleats Please polyvalents d'Issey Miyake, les tchadors enjoués de Majida Khattari, les corps sculptés de Gilbert § George, les sextoys Fun Factory, les avatars en chimères du net art, les mille succes stories du design brouillent les vieilles hiérarchies scolastiques entre artes liberales et artes mechanicae, que les avant-gardes avaient, in fine, reproduites à rebours en High§Low, quitte à refaire des artistes des plasticiens bons à rien, et des esthètes un cénacle d'illuminés. Les « più eccellenti artisti de Vite d'aujourd'hui sont assurément des artistes designers industriels qui, à l'instar de Koons, Murakami, Barney, Hirst, Cattelan ou Delvoye, jouent de l'esperluète sur le mode kitsch pour faire des oeuvres qui plaisent à tous.

Le design est, à l'évidence, l'art qui prospère depuis la fin (philosophique ?) du « Grand Art » dans le monde de l'art qu'on datera, avec Adorno et Danto, du début des années Soixante. Si le designer sait, à la différence des idéologues qui ont jusqu'alors dirigé le monde à coup de canons esthétiques d'autant plus intransigeants qu'ils se donnaient pour « fondés en nature », qu'il est un fictionnaliste pragmatiste habile à faire rimer, avec le Marx de Baudrillard, valeur d'usage et valeur d'échange, toutes les figures du design ne se valent pas. Comment distinguer le bon design du mauvais ? Selon quels critères peut-on dire qu'un paysage, une ville, une maison, un objet, un être humain est mieux désigné qu'un autre ? Comment différencier le souci esthétique de soi jubilatoire du surhomme artiste de Nietzsche de celui, mortifère, du Clay de Bret Easton Ellis ? Quelle est, en un mot, la philosophie du design ?

Ce numéro 24 de Figures de l'art retiendra les articles qui partent d'analyses précises de telle ou telle figure du design pour en extraire la philosophie

PROPOSITION D'ARTICLE : un titre précisé par 1 page. Elle est accompagnée d'un curriculum vitae succinct indiquant le lieu d'activité et les 3 dernières publications et adressée par courrier électronique à Bernard Lafargue : bernard.lafargue9@gmail.com avant le 20 décembre 2011

L'article (15 pages, 25000 signes environ) précédé d'un petit résumé de 5-6 lignes, sera adressé à Bernard Lafargue avant le 30 avril 2012. Il est alors soumis à trois membres du comité de lecture de Figures de l'art. Celui-ci vous fera part de sa décision au plus vite.

Le texte définitif, accompagné d'un résumé (7 lignes maximum) en français, sera envoyé par courrier électronique le 30 mai 2012 au plus tard à Bernard Lafargue bernard.lafargue9@gmail.com.

4 illustrations maximum de bonne résolution JPG légendées et numérotées dans un fichier compressé à part. L'emplacement des illustrations sera indiqué en rouge dans le texte  de cette manière: ILL 1 + légende)

Vous préciserez alors l'adresse postale où vous voulez recevoir les épreuves à corriger.

Figures de l'art XXIV paraitra en janvier 2013

Responsables du numéro : Bernard Lafargue, Claire Azéma, Stéphanie Cardoso

Comité de lecture de Figures de l'art Antonio Ansón, Universidad de Zaragoza Daniel Arasse (†), EHESS, Paris Paul Ardenne, Université d'Amiens Jean Arrouye, Université de Provence Stephen Bann, University of Bristol Anthony J. Cascardi, University of California, Berkeley Alain Chareyre-Méjan, Université de Provence Jean-Pierre Cometti, Université de Provence Maurizio Ferraris, Università di Torino Filippo Fimiani, Università di Salerno Murielle Gagnebin, Université Paris 3 Jos de Mul, Erasmus Universiteit Rotterdam Louise Poissant, Université du Québec à Montréal Richard Shusterman, Florida Atlantic University Carole Talon-Hugon, Université de Nice Isabelle Thomas-Fogiel, University of Ottawa Bernard Vouilloux, Université Paris 4 Sorbonne Direction  Bernard Lafargue, Université Bordeaux 3 Bertrand Rougé, Université de Pau


Responsable : Bernard Lafargue



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