


La Bohème littéraire. Les Bohémiens du marquis de Pelleport
édition présentée et annotée par Robert Darnton
Mercure de France, collection Le temps retrouvé
4 février 2010, 232 pages
C'est un chef-d'oeuvre méconnu
de la littérature clandestine française que révèle ici l'historien
américain Robert Darnton, grand spécialiste des Lumières. Homme de plume
prolifique, le Marquis de Pelleport multiplie à la fin de l'Ancien
Régime les libelles diffamatoires, les pamphlets orduriers, les
dénonciations radicales, les livrets pornographiques avec un talent
d'écrivain polémique haut en couleur. Son texte le plus connu est Le
Diable dans un bénitier, en 1783.
À la suite de la parution de ce texte, Pelleport est
embastillé sans jugement pendant plus de quatre ans, de juillet 1784 à
octobre 1788, contemporain d'un autre prisonnier célèbre, dont il
partage le destin et un certain nombre d'obsessions ou de tournures
stylistiques, le Marquis de Sade.
C'est pendant son séjour à la Bastille que Pelleport
écrit ce qu'il considère comme son grand oeuvre : un roman picaresque et
licencieux, politique et polémique, autobiographique et philosophique,
Les Bohémiens, qui paraîtra dans l'indifférence générale, en 1790, une
fois la Révolution commencée, cet événement cataclysmique que Pelleport
appelait de ses voeux et prophétisait avec une lucidité étonnante.
Les Bohémiens est le roman d'un milieu, la « bohème littéraire », ces
Rousseau du ruisseau, ces « libellistes fangeux », qui prolifèrent dans
la France de la fin d'un régime qu'ils dénoncent à longueur de pages, et
auquel Pelleport appartient : il en décrit les moeurs avec causticité et
humour. Beaucoup de ces « écrivailleurs » deviendront célèbres pendant
la Révolution : Mirabeau, Brissot, Marat, Prudhomme, Louvet, Desmoulins,
Fabre d'Églantine, Robespierre, Saint-Just. On les retrouve plus ou
moins reconnaissables dans ces pages enlevées. Ce roman est une clé pour
comprendre l'état d'esprit enfiévré des débuts de la Révolution
française.
Robert Darnton dirige la prestigieuse bibliothèque de
Harvard. Il a publié Bohème littéraire et Révolution, L'Aventure de
l'Encyclopédie, ou Le Grand Massacre des chats, et nombre de livres sur
la culture des Lumières. Chez Gallimard, sort son nouvel ouvrage, où
l'on retrouve la figure du Marquis de Pelleport, Le Diable dans un
bénitier.
Théodore Augustin Mann, Mémoires sur les grandes gelées et leurs effets
L. Hébert & L. Guillemette (dir.), Performances et objets culturels. Nouvelles perspectives
A. Matei, Jean Echenoz et la distance intérieure
P. Citti, Taine, philosophe du récit
F. Parisot (dir.), Alejo Carpentier à l'aube du XXIème siècle
Chr. Chaulet Achour (dir.), À l'aube des Mille et Une Nuits. Lectures comparatistes
M. Méricam-Bourdet, Voltaire et l’écriture de l’histoire: un enjeu politique
J.-P. Cléro, E. Faye (dir.), Descartes, des principes aux phénomènes
D. Bellos, Le Poisson et le bananier. L'histoire fabuleuse de la traduction
J. Rancière, La Leçon d'Althusser
E. Zola, Mes haines (GF-Flammarion)
E. Zola, Correspondance (GF-Flammarion)
R. Le Menthéour, La Manufacture de maladies. La dissidence hygiénique de J.-J. Rousseau
C. Hammann, Déplaire au public : le cas Rousseau
A. Biancofiore, Pasolini - Devenir d'une création
N. Sabri, La Kahéna - Un mythe à l'image du Maghreb
N. Aubert, Christian Dotremont. La Conquête du monde par l'image
B. Joly, Descartes et la chimie
A. Dominguez Leiva, S Hubier, F. Toudoire-Surlarpierre, Le comparatisme, un univers en 3D?