

L'imaginaire du crime dans l'oeuvre de Blaise Cendrars
Cette journée constitue le premier volet du colloque sur « Identités et (contre-)pouvoirs littéraires »,
dans le cadre du programme annuel 2005-2006 sur « le pouvoir de la parole »
de l'Action de Recherche Concertée : « Héroïsation et questionnement identitaire en Occident ».
Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve), 25 avril 2006
Argument
Depuis longtemps, crime et littérature se sont croisés, pour le meilleur et pour le pire, de la légende sulfureuse entourant la figure de François Villon au Bonheur dans le crime de Barbey d'Aurevilly en passant par Sade ou par De l'assassinat considéré comme un des beaux arts. Tout particulièrement, la France de la fin du XIXe siècle et du début du XXe connaît une véritable flambée de récits de crimes dans la littérature (qu'elle soit ou non populaire), la presse et le cinéma (voir les travaux de Dominique Kalifa). Un tel contexte culturel ne pouvait que marquer au fer rouge l'imaginaire des écrivains. La période durant laquelle se déploie cet imaginaire du crime correspond à ce que Christine Le Quellec Cottier a appelé les « années d'apprentissage » (Devenir Cendrars. Les années d'apprentissage de Blaise Cendrars, 2004) et, de fait, son oeuvre compte parmi celles qui témoignent profondément de cette fascination pour les univers interlopes. À cet égard, l'écrivain place sa vocation sous les auspices d'une alternative remarquable en écrivant dans Trop c'est trop que, durant sa jeunesse, il avait noté dans un de ses carnets : « Je deviendrai célèbre par un mauvais coup ou par l'écriture ! ». Comme l'écrit Claude Leroy à propos de cette affirmation provocante, « [s]ous l'alternative se devine une équivalence mauvaise entre les deux postulations » (« L'avant-garde est d'avant-guerre », dans Blaise Cendrars au carrefour des avant-gardes, 2002), qu'il semble intéressant d'interroger plus amplement. La journée d'étude organisée le mardi 25 avril 2006 à Louvain-la-Neuve visera à constituer un premier jalon dans cette voie.
Programme
09h15 : Introduction : Myriam WATTHEE-DELMOTTE (FNRS/UCL) et David MARTENS (UCL)
09h30-10h30 : Jean-Carlo FLÜCKIGER (Berne) : « La tête à couper »
10h30-11h30 : Charles GRIVEL (Mannheim) : « L'image du crime »
11h30-12h30 : David MARTENS (UCL) : « Faux et usages de faux : sous le signe de la pseudonymie »
14h30-15h30 : Luisa MONTROSSET (Tours) : « Panorama de la pègre : un stellionat dans l'oeuvre cendrarsienne »
15h30-16h30 : Madeleine FREDERIC (ULB) : « Cendrars : de la légalisation à l'autojustification du meurtre »
16h30-17h30 : Michèle TOURET (Rennes II) : « Et si nous parlions des victimes ? »
17h30 : Conclusions
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