

Figura - Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire et le groupe Penser la théorie organisent le colloque :
L'envoûtement. Principes du processus figural
26-27 mars 2010
Université Concordia, Montréal
Département d'études françaises
Salles LB 619 et LB 605
Pavillon McConnell
1400, Boul. de Maisonneuve Ouest
Ce colloque explorera le lien entre l'imaginaire (la figure) et la pensée, ainsi que le caractère figuratif de la pensée liée à l'art. Nous aurons l'honneur d'accueillir Mme Évelyne Grossman, professeure à Paris Diderot – Paris 7, présidente du Collège international de philosophie et M. Daniel Vaillancourt, professeur à l'Université de Western Ontario.
Organisateurs :
Bertrand Gervais, professeur Université du Québec à Montréal, directeur de Figura
Mirella Vadean, Ph.D. Université Concordia, responsable Penser la théorie
Présentation de l'éditeur :
L'envoûtement est un élément important du processus figural. Il rend compte d'un attrait, d'une domination irrésistible, quand le sujet ne parvient à se déprendre de ce qui l'ensorcelle. L'envoûtement vient briser la pensée. Il est une irruption. Quelque chose s'impose qui révolutionne les manières de penser et de voir, qui engage une nouvelle épistémè. Les figures suscitent parfois un tel envoûtement. Ce sont des « éléments secondaires de l'être pensant » qui l'habitent et le fascinent à certains moments tout comme elles le quittent à d'autres (Simondon). Penser l'envoûtement par la figure consiste à penser une force et son pouvoir par-delà le rationnel et le raisonnable. Il conduit à quitter les territoires connus pour explorer des espaces incertains où aucune garantie n'est offerte à la pensée. L'imaginaire se développe à partir de tous les segments de l'expérience humaine (Wunenburger). Quelle serait cette expérience appropriée pour l'envoûtement, sinon celle du charme ? Il opère en faisant de la rencontre avec une figure un moment de grâce où toute barrière élevée contre le plaisir (et le danger) d'une séduction légère est ignorée. Mais, une figure investie envoûte-t-elle toujours celui qui la contemple ?
Se laisser envoûter signifie pouvoir être touché. L'affect, souvent analysé en rapport avec le pathos (Kant), incarne cette capacité et présuppose une ouverture à la figure, voire même un désir d'être touché par celle-ci. Mais la question se pose : de quel côté évolue l'envoûtement par la figure, du côté de l'affect ou de la passion ? S'il évolue du côté de la passion, il tente de laisser l'être sans aucune ressource, de l'asservir tout simplement. S'il évolue du côté de l'affect, il présuppose la transpassibilité par la figure, c'est-à -dire l'accueil d'une possibilité qui nous excède. La figure ouvre l'être à ce qui le dépasse et le transcende, et permet de renouveler le contrat avec l'imaginaire en se faisant « figure-pensée ». C'est une « inquiétante étrangeté » qui mène là où personne n'est plus maître de rien et qui fait agir sur le terrain de l'illusion en laissant croire à des chimères.
Le charme de la figure serait-il une périlleuse chimère qui brûle et dévore le malheureux qui ose l'approcher ? À quel moment l'envoûtement relève-t-il de l'angoisse, de « l'angoisse de penser » (Grossman) ? Quel rapport au texte l'envoûtement par la figure présuppose-t-il ? Exige-t-il toujours une présence ou se dévoile-t-il plutôt à travers une absence ? Est-il dialogue secret des textes, voire des disciplines ? L'envoûtement par la figure n'est jamais une obligation. Il nous appelle sans jamais nous forcer la main. Accepter de suivre les figures qui nous envoûtent et en faire des fils conducteurs à ne jamais perdre signifie ne pas nous laisser mourir, mais continuer de nous élever et de penser.
Programme :
Pavillon McConnell, salle LB 619
8 : 30 – 9 : 00
Accueil des participants
9 : 00 - 9 : 15
Ouverture du colloque : Bertrand GERVAIS (Université du Québec à Montréal),
Directeur de « Figura, centre de recherche sur le texte et l'imaginaire »
9 : 15 – 9 : 45
Invitée : Évelyne GROSSMAN (Université Paris Diderot – Paris 7)
Crâne, voûte, envoûtement
9 : 45 – 10 : 15
Discussions
10 : 15 – 10 : 30
Pause
Première séance
Fascination, malaise et empathie : puissances de la rencontre figurale
Présidente : Geneviève SICOTTE (Université Concordia)
10 : 30 – 10 : 50
Bertrand GERVAIS (Université du Québec à Montréal)
Figures de l'envoûtement
10 : 50 – 11 : 10
Ariane de BLOIS (Université McGill)
Grotesques chimères ou le fruit des songes de Patricia Piccinini
11 : 10 – 11 : 30
Audrey LEMIEUX (Université du Québec à Montréal)
Ryan : une rencontre dans l'espace figural de la souffrance
11 : 30 – 12 : 00
Discussions
12 : 00 – 14 : 00
Déjeuner des participants
Deuxième séance
La pensée envoûtée : expériences figurales
Président : Guillaume BELLON (Université du Québec à Montréal)
14 : 00 – 14 : 20
Isabelle BUATOIS (Université de Montréal)
Le regard « magique » dans l'art : envoûtement par la figure de « l'image ouverte »
14 : 20 – 14 : 40
Mathilde BRANTHOMME (Université de Montréal)
Errances et séductions de la pensée
14 : 40 – 15 : 00
Danièle BOURQUE (Université du Québec à Montréal)
La fugure
15 : 00 – 15 : 30
Discussions
15 : 30 – 15 : 45
Pause
Troisième séance
Investissements et transmissions de la figure
Présidente Émilie HOUSSA (Université du Québec à Montréal)
15 : 45 – 16 : 05
Amélie PAQUET (Université du Québec à Montréal)
Dans le brouillard du monde : la figure du roman « Pompes funèbres » de Jean Genet dans le
projet musical de « Death in June »
16 : 05 – 16 : 25
Patrick TILLARD (Université Laval)
Un attachement : Bartleby, maître caché de George Perec
16 : 25 – 16 : 45
Valérie COOLS (Université Concordia)
Les personnages kawaii et moe : Figures ou figurines ?
16 : 45 – 17 : 15
Discussions
Samedi 27 mars 2010
Pavillon McConnell, salle LB 619
8 : 30 – 9 : 00
Accueil des participants
9 : 00 – 9 : 30
Invité : Daniel VAILLANCOURT (Université de Western Ontario)
Envoûtement, volteface et volupté : les tours et les détours de la figure
9 : 30 – 10 : 00
Discussions
10 : 00 – 10 : 15
Pause
Quatrième séance
Figures : entre savoir et déroute
Président de séance : Maxime PHILIPPE (Université McGill)
10 : 15 – 10 : 35
Anne Élaine CLICHE (Université du Québec à Montréal)
Cette puissance d'envoûtement pour un oui ou pour un non
10 : 35 – 10 : 55
Benoît FAUCHER (Université de Montréal)
L'attrait du vide. Le voyage temporel comme mouvement figuratif de l'éternité
10 : 55 – 11 : 15
Mirella VADEAN (Université Concordia)
Quand les anges chantent…
11 : 15 – 11 : 45
Discussions
11 : 45 – 12 : 00
Clôture du colloque : Mirella VADEAN, Université Concordia,
Responsable « Penser la théorie »
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