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L'art du Haïku. Pour une philosophie de l'instant. Bashô, Issa, Shiki.

Parution livre (édition)

Information publiée le vendredi 27 mars 2009 par Marc Escola



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L'art du Haïku. Pour une philosophie de l'instant
Bashô, Issa, Shiki,

Pascale Senk (Préfacier) , Collectif

Paru le : 19/02/2009
Editeur : Belfond
Collection : L'esprit d'ouverture
ISBN : 978-2-7144-4440-0
EAN : 9782714444400
Nb. de pages : 235 pages


Prix éditeur : 18,00€


Renouer le lien primordial avec la nature, cultiver la modestie et la simplicité, rechercher la spontanéité : L'Art du Haïku nous entraîne sur le chemin de cette sagesse qui nous a laissé les textes les plus étonnants de la littérature japonaise et nous démontre toute la modernité de son enseignement.
L'enquête de Pascale Senk nous fait découvrir comment la pratique du haïku inspire aujourd'hui, à des adeptes venus de tous horizons, une nouvelle approche de la vie. En introduction aux haïkus les plus emblématiques, la présentation de Vincent Brochard n'apporte pas seulement un éclairage historique et littéraire, elle est aussi une véritable initiation à la visée spirituelle qui est au c?ur de cet usage de l'écriture.
A la fois essai, guide pratique et anthologie, L'Art du Haïku montre la voie d'un authentique art de vivre.

*  *  *

On pouvait lire dans Le Monde des livres du 26/3/9 un article sur cet ouvrage:

Critique "Bashô, Issa, Shiki. L'art du haïku : pour une philosophie de l'instant" : trois fois rien LE MONDE DES LIVRES | 26.03.09 | 11h30  •  Mis à jour le 26.03.09 | 11h30
Lorsqu'on ouvre L'Art du haïku, les choses se passent de la manière suivante. On lit quelques textes de cette anthologie, et on croit d'abord avoir compris ce qu'est le haïku : un poème bref de la littérature japonaise, tiré au cordeau le long de la page, composé de trois unités métriques (classiquement 5, 7 puis 5 pieds), et destiné à capturer la beauté d'un instant, la lumière de la lune sur un bocal rempli de poulpes, l'ombre d'un arbre, presque rien.

Puis on en écrit un à son tour, par curiosité : choisissez, à votre guise, un cerisier en hiver ou un Kleenex au printemps. Et on se rend compte que l'on n'avait rien compris. On jette le résultat à la poubelle ou, pour plus de sûreté, on l'avale. On relit alors l'ensemble du livre, la préface de Pascale Senk et l'introduction de Vincent Brochard, qui détaille de manière passionnante l'histoire de cette forme littéraire, en se focalisant sur trois figures tutélaires, Matsuo Bashô (1644-1694), Kobayashi Issa (1763-1827) et Masaoka Shiki (1867-1902). Curieuse forme, vraiment, que celle du haïku dont toute la philosophie se résume dans le plongeon d'une grenouille. Celle de Bashô, théoricien du "fûkyô" (folie poétique) qui, nous dit Vincent Brochard, révolutionna la poésie par ces trois vers :

Vieille mare
une grenouille plonge
bruit de l'eau

Refus de l'ornementation, dépouillement des apparats lyriques de la poésie japonaise classique, nudité absolue du réel, "retour vers le bas", l'ordinaire, le dérisoire : tout l'art du haïku est là. Rien de plus difficile que cette simplicité totale. La comparaison est classique : on doit écrire un haïku comme le maître zen tire à l'arc, lorsque le vide s'est emparé de l'esprit. Le geste s'accomplit alors de lui-même : le poème vous trouve et s'écrit, trace laissée par l'indicible à la surface du langage. Avec la même tension aussi que la corde de l'arc. Tension bien sûr entre l'instant que le poème détache sur la trame du quotidien, et l'éternité pour laquelle il le fixe ; mais aussi entre la solennité et l'humour : le haïku sait être à la fois une célébration des splendeurs infimes de l'instant et un rire grinçant face à l'absurdité d'exister ; il est capable de chanter, dans un même souffle, la pureté virginale d'une fleur et sa forte odeur d'urine : Un effluve de pisse/ils exhalent aussi/les chrysanthèmes.

Poésie de vagabonds, car il faut errer pour saisir la mobilité nuageuse des choses et leur impermanence (Kerouac a écrit quelques haïkus splendides), pour se décentrer de soi-même et, conformément à l'intuition bouddhiste, anéantir le soi. Il s'agit de n'être plus qu'une pure sensation où s'abolit toute distinction entre celui qui ressent et la chose qui l'affecte, pour que le poème - dont le battement rythmé se synchronise à celui des pas - devienne, comme le dit joliment Vincent Brochard, "une pulsation (qui) s'accorde au phrasé des éléments".

BASHÔ, ISSA, SHIKI. L'ART DU HAÏKU : POUR UNE PHILOSOPHIE DE L'INSTANT, textes présentés par Pascale Senk et Vincent Brochard. Belfond, "L'esprit d'ouverture", 235 p., 18 €.
Stéphane LegrandArticle paru dans l'édition du 27.03.09




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