

Julie Giovacchini - Épicure
Les Belles Lettres
ISBN 13 : 978-2-251-76062-9
19 euros
à paraître le 24 octobre 2008
La doctrine d'Épicure (341-270 av. J.C.) repose sur quatre piliers, ou plutôt quatre remèdes (tetrapharmakon en grec) : la mort n'est rien pour nous ; les dieux ne sont pas à craindre ; le bien est facile à obtenir ; le mal est facile à supporter. Elle est une philosophie simple, mais aussi libératrice, s'adressant à tous ceux qui veulent bien s'y intéresser, sans distinction d'origine, de classe, ou de sexe. Les adversaires d'Épicure lui firent injure d'avoir accepté dans son cercle d'adeptes des femmes et des esclaves. Se souciant peu de prêter l'oreille à de tels reproches, le philosophe choisit volontairement d'implanter son école en dehors des murs d'Athènes, dans une résidence surnommée le Jardin, où s'établit un mode de vie communautaire et rural, à l'abri du brouhaha de la cité. Il n'en a pas fallu davantage pour faire d'Épicure un philosophe à la « mauvaise réputation ». Dès l'Antiquité, les adjectifs qui le désignent, lui et ses adeptes, sont éloquents : licencieux, obscène, ignorant, vaniteux... Le grand Cicéron ira jusqu'à déclarer qu'il vaut mieux « se tromper avec Platon qu'avoir raison avec Épicure » ! Il en ira de même à l'époque médiévale et jusqu'à la Renaissance, alors que se vulgarise l'adjectif « épicurien », et que les bons vivants sont désignés de façon peu amène comme des « pourceaux d'Épicure ». Aujourd'hui, si l'épicurisme fait partie de l'histoire de la philosophie, la pensée d'Épicure est plus étudiée comme source ou à côté d'autres auteurs que pour elle-même.
Le présent ouvrage vise tout d'abord à présenter Épicure et ses doctrines. Il montre que sa philosophie ne se limite pas à une physique (le matérialisme) et à une éthique. Il propose en outre une synthèse de la pensée du philosophe dont les textes ne nous sont connus que par fragments et citations épars. Il montre enfin la pertinence pour notre époque, traversée par une angoisse épouvantable du deuil et de la souffrance, hantée par le spectre des fanatismes religieux, de cette pensée vigoureuse qui promet d'abolir la terreur de la mort, les douleurs physiques et morales, et la crainte des dieux grâce à la philosophie ainsi définie : « une activité qui, par des raisonnements et des discussions, produit la vie heureuse. »
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