

GUEHENNO, GUERRES ET PAIX
Colloque : Paris, 13-14 novembre 2008
Qui lit encore Jean Guéhenno ? Qui s’en réclame ? La gloire relative qu’il a connue sous la Troisième République, comme l’un de ces « hommes nouveaux », de ces boursiers qui incarnaient aux yeux d’Albert Thibaudet un nouveau cours de l’histoire, désormais fermée aux héritiers, comme l’un des artisans intellectuels du Front Populaire, s’est retournée contre lui : enseveli sous les pieux clichés de l’élève méritant qui a réussi, il apparaît le produit d’un système républicain qui nous donnerait peu de clés pour affronter la crise des valeurs actuelle, en lequel peu de contemporains se reconnaîtraient désormais.
Par ailleurs, la France actuelle, à tort ou à raison, ne s’estime pas concernée par la guerre, au moins sous les formes qui ont composé l’existence de Guéhenno : Grande Guerre, Deuxième Guerre Mondiale , guerres civiles (larvées, ouvertes), Occupation et Résistance. D’où le sentiment de l’étrangeté d’une « œuvre vie », scandée par les combats d’Europe et de Vendredi, le Journal d’un Homme de quarante ans, le Journal des années noires, plus tard La Mort des autres. D’où aussi une interrogation, sinon un malaise – bien anachronique ? – à l’égard des prétendus silences de Guéhenno sur ces guerres coloniales ou de décolonisation, qui nous semblent davantage interpeller le 21e siècle. Le « second Guéhenno », nous interroge aussi sur la place de la France dans le monde d’après 1944.
Ce premier colloque universitaire, organisé par l’université Paris III, avec le concours de l’association des amis de Jean Guéhenno, dont le président d’honneur est Jean-Pierre Rioux, a l’ambition de réunir historiens et littéraires pour faire le point sur une œuvre aujourd’hui méconnue. Il coïncidera avec la publication aux Éditions Claire Paulhan d’un inédit important de Guéhenno, La Jeunesse morte, récit autobiographique évoquant l’entrée dans la Grande Guerre d’une génération.
Seize communications (25 000 signes environ par communication) sont prévues, qui donneront lieu à une publication ultérieure.
Les projets de communication peuvent être adressés, jusqu’au 30 juin 2007 à Jeanyves Guérin, Jeanyves.Guerin@univ-paris3.fr
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