

Sur le site Poolp:
Inauguration du 1er centre de redressement pour "élèves perturbateurs" - dimanche 3 octobre 2010
Inauguration du premier établissement de réinsertion scolaire. Article publié sur Education.weka (site des professionnels de l'Education), 14 septembre 2010.
Luc Chatel a inauguré, lundi 13 septembre, le premier établissement de réinsertion scolaire (ERS) dans les Alpes-Maritimes, en présence de Christian Estrosi, maire de Nice, et Éric Ciotti, président du conseil général. Le ministre de l'Éducation nationale a insisté sur l'intransigeance du gouvernement vis-à-vis de la violence « sous toutes ses formes ». La création d'établissements de réinsertion scolaire (ERS) a été annoncée au printemps 2010, en clôture des États généraux de la sécurité à l'école [voir la composition du comité scientifique, avec criminologue inclus !]. Ce nouveau dispositif est destiné à accueillir des élèves ayant fait l'objet de plusieurs exclusions scolaires.
L'ERS de Saint-Dalmas-de-Tende accueille 13 élèves « perturbateurs ou décrocheurs » de 4e et de 3e. Trois millions d'euros ont été investis dans ce projet par le conseil général. Le coût est de 15 000 euros par élève pour le ministère de l'Éducation nationale. Selon Luc Chatel qui justifie la mise en place de ce « maillon » qui faisait défaut jusqu'alors au système scolaire, « il fallait sortir [ces élèves] de leur établissement classique et, en même temps, les préparer à revenir dans le système traditionnel, il ne s'agit pas de les abandonner ».
Le dispositif va maintenant s'étendre, dans les prochaines semaines, via l'ouverture d'une dizaine d'établissements du même type, l'objectif étant d'en créer 20 d'ici la fin de l'année scolaire.
Note Poolp:
A lire la circulaire 2010-090 du 15 juillet 2010, le Ministère de l'Education nationale a restauré de nouveaux "centres de redressement" pour les élèves « qui
ont fait l'objet de multiples exclusions, âgés de 13 à 16 ans, issus
des classes de 5ème, 4ème et 3ème, qui ne relèvent ni de l'enseignement
spécialisé et adapté » avec une prise en charge d'un « effectif
global de 15 à 30 élèves pour une durée d'un an au moins et disposent
d'un encadrement renforcé et de l'appui de différents partenaires
», dont les ministères de la Justice et des Libertés, de la Défense, de
l'Intérieur et du Travail (!), etc. Ces centres sont en principe
rattachés administrativement à un établissement public d'enseignement
local mais « il peut, par voie de contractualisation et dans le
cadre d'un cahier des charges précis, être mis en place dans des locaux
relevant d'autres institutions et organismes ». L'équipe d'encadrement est « constituée
d'enseignants et d'assistants d'éducation et s'appuie sur les
ressources de l'établissement public local d'enseignement » mais peuvent être « complétée par des personnels de la protection judiciaire de la jeunesse
(PJJ), des éducateurs du Conseil général, des intervenants associatifs,
des volontaires du service civique ou des personnels dépendant d'autres
organismes ». Et c'est le chef d'établissement [qui] désigne un des personnels comme responsable de site.
Si le recrutement des personnels s'effectue sur la base du volontariat, il n'en sera pas de même pour les élèves car le placement peut être obligatoire : si l'accord du jeune et de sa famille « ne
peut être obtenu, une saisine du procureur peut être engagée par
l'inspecteur d'académie afin que puisse être étudiée l'opportunité de
prononcer un placement en ERS au titre de mesure d'assistance
éducative".
Poolp laisse son lecteur découvrir le projet
pédagogique et son organisation , essentiellement tourné vers des
exigences comportementales de rigueur et de discipline (point 3 de la circulaire), en
se disant qu'il est probablement possible d'apprendre la soumission par
la contrainte mais en concevant mal un apprentissage de connaissances
-le fameux socle commun de connaissances- sous la contrainte. Sans
compter "l'obligation" de participation des familles au dispositif.
Voilà le souhait de Mme Ségolène Royal réalisé !
Poolp "félicite"
tous les enseignants et chefs d'établissement scolaires publics qui se
joindront à ce programme d'enfermement et de mise à l'écart.
Evaluation des enseignants-chercheurs: L'heure de vérité, communiqué de la FERC Sup CGT (25/05/12)
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"A quoi sert l’échec scolaire?", par Bertrand Ogilvie, La Revue des Livres, mai 2012
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