

Le modèle de Brown et Levinson (1987) repose, entre autres, sur les notions de face, politesse positive et politesse négative. Ce modèle, le plus célèbre, le plus exploité et, le plus critiqué, a inspiré des travaux aussi nombreux que divers du point de vue des approches, des langues et des espaces culturels étudiés. En outre, les évolutions récentes dans ce domaine ont débouché sur plusieurs modèles de l’impolitesse linguistique (J. Culpeper 1996, 2003, 2005, 2011 ; Bousfield, 2008, etc.)
Au-delà des études (individuelles) consacrées aux phénomènes de la politesse dans plusieurs espaces culturels, on compte quelques ouvrages collectifs qui présentent respectivement un « périple » dans une « région » ou un espace culturel précis. L’état de la recherche actuelle révèle, dans l’ensemble, une abondante littérature sur les espaces occidentaux et asiatiques. Et la plupart des travaux comparatifs ont comme objet d’étude et langue de publication l’anglais L1 et/ou L2.
La situation en francophonie est tout à fait différente. Alors que les stratégies de politesse / d’impolitesse en français de France sont bien connues et ont déjà fait l’objet de nombreuses recherches, celles en oeuvre dans les variétés non hexagonales du français en général et dans les variétés de français en Afrique en particulier ont à peine été analysées (cf. De la politesse linguistique au Cameroun / Linguistic Politeness in Cameroon, éd. B. Mulo Farenkia). Dans les sociétés africaines généralement pluriethniques et plurilingues, les pratiques de la politesse sont le miroir de multiples contacts culturels et linguistiques et témoignent d’une certaine hybridité. Voilà pourquoi on peut s’attendre à ce que la politesse à l’africaine diverge sous plusieurs égards de la politesse à la française et des stratégies de politesse dans d’autres espaces culturels où le français détient le statut d’une langue véhiculaire.
Ce projet vise à analyser le fonctionnement de la politesse dans les différents pays d’Afrique francophone, en examinant le lien inextricable entre les modalités d’appropriation du français, l’ethos culturel / individuel, les types de discours (discours en interaction, discours littéraire, publicitaire, politique, cinématographie, etc.) et la gestion des rapports sociaux dans les différents contextes à l’étude. Les analyses peuvent combiner réflexions théoriques (regard critique sur les modèles existants) et analyses empiriques (études de cas basées sur un corpus). Sans s’y limiter, les contributions pourront poursuivre les pistes suivantes :
Calendrier :
Envoi des propositions d’article, comportant un titre, les mots clés, et un résumé de 300 mots, au plus tard le 30 mars 2012
Réception des contributions (en français) au plus tard le 30 août 2012
Bien vouloir envoyer vos correspondances à: bernard_farenkia@cbu.ca
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