

Formation des enseignants: les syndicats restent opposés au passage en force (AFP 09/06/09)
Les principales fédérations syndicales d'enseignants, FSU, Unsa et Sgen-CFDT, ont redit mardi au gouvernement leur opposition au "passage en force" sur la réforme de la formation des enseignants que constituent selon eux les projets de décrets en cours.
Dans des lettres adressées aux ministres Xavier Darcos et Valérie Pécresse, le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri d'une part, ceux de l'Unsa Education Patrick Gonthier et du Sgen-CFDT Thierry Cadart d'autre part, ont demandé de différer l'examen de ces décrets.
Modifiant le statut des enseignants, en lien avec la réforme de la formation ou "mastérisation", ces décrets doivent passer en conseil de la fonction publique le 12 juin, puis au Conseil d'Etat, avant promulgation possible d'ici fin juin, selon le ministère de l'Education.
Or ils abordent certains sujets qui, à la suite du mouvement universitaire, ont été mis en débat, notamment au sein de la commission Marois-Filâtre qui doit rendre ses conclusions le 15 juillet.
"L'examen des décrets met en évidence votre choix d'accélérer la mise en place d'une réforme sans aller au bout des indispensables débats (...) Ce n'est pas acceptable", a écrit M. Aschieri.
"Il est nécessaire de différer l'examen --et à tout le moins la publication-- de projets de décrets tant que n'auront pas été examinées de manière sereine les conclusions de la mission Marois-Filâtre", selon MM. Gonthier et Cadart.
La réforme de la formation et du recrutement des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants soient recrutés au niveau "master 2" (bac+5) et que la formation incombe aux universités via ces masters.
Les syndicats sont pour ce recrutement à bac+5, mais ils pointent des risques pour la qualité de la formation.
Evoquant des risques de "rupture avec le monde universitaire" et de "champ de ruine", Unsa et Sgen plaident pour un concours en master 1 et en master 2, une épreuve de connaissance générale du système éducatif, un cadrage national (contenu des masters, stages) et une coopération entre IUFM et départements des universités.
La FSU insiste sur "le maintien" des IUFM et "d'une véritable année de formation post-concours" et veut "des pré-recrutements".
"Votre objectif premier reste la suppression de postes de stagiaires, sinon pourquoi par exemple refuser le maintien des conditions actuelles de stage pour les reçus 2010?", écrit M. Aschieri.
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