


Françoise Toulze-Morisset (dir.), Formes de l'écriture, figures de la pensée dans la culture gréco-romaine, Villeneuve-d'Ascq : Université Charles de Gaulle-Lille III, coll. "UL3 Travaux et recherches", 2009.
Présentation de l'éditeur :
L'écriture, dans les sociétés antiques, est marquée par son rapport
originel à l'oralité. Socrate, dans le Phèdre, raconte la parabole du
dieu égyptien Teuth, inventeur de l'écriture : il peine à convaincre le
roi Thamous que l'écriture sera bien le pharmakon qui fournira aux
hommes «plus de savoir, plus de science et plus de mémoire». Thamous
pense, lui, que cet art produira au contraire l'oubli, car ce savoir
écrit, figé, viendra du dehors, au lieu d'être forgé de l'intérieur.
Comme lui, Socrate dit sa méfiance pour l'écrit qui n'est que moyen de
remémoration et non expression de la vérité, que seule la parole est
capable de produire.
Dans les dernières décennies, la question a été posée par les travaux
de Jack Goody sur les effets de l'écriture sur les modes de pensée,
ainsi que sur l'émergence et l'organisation des institutions et des
sociétés. Elle est abordée aussi par l'ouvrage collectif de Marcel
Détienne, «Les savoirs de l'écriture», qui montre comment l'écrit fonde
les disciplines, en se différenciant selon la nature du domaine
fréquenté.
L'analyse de l'interdépendance entre les modes de pensée et les moyens
d'expression de cette pensée permet de donner un éclairage nouveau aux
différences entre cultures et de mesurer les incidences de la pratique
scripturale sur les processus cognitifs, l'écrit jouant le rôle d'une
véritable «technologie de l'intellect».
C'est dans la culture gréco-romaine des premiers siècles de notre ère,
avec la nécessaire référence aux grands siècles de la Grèce (Homère,
les Tragiques, Platon, Aristote) que le présent volume cherche à
approfondir ces questions, en étudiant les interactions entre le choix
d'une forme littéraire, avec ses usages, et la configuration de la
pensée. Les cadres abstraits ainsi fixés par l'écrit deviennent du même
coup idées et concepts, eux-mêmes analysables et transformables, outils
pour penser le réel. La forme de l'écriture (le choix d'un genre, la
forme versifiée, l'abrégé, la lettre) construit la vérité et le sens,
la vision de l'homme et du monde.
Tel est le fil qui relie l'ensemble des communications réunies dans le présent volume.
A. Cousin de Ravel, Quignard, Maître de lecture. Lire, vivre, écrire
P. Engel, Les Lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison
Laurence Brogniez (dir.), Écrits voyageurs. Les artistes et l'ailleurs
O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre
Sévigné, Lettres de l'année 1671
A. Pope & J. Swift, Pensées sur différents sujets
H. Melville, Le Marchand de paratonnerres, suivi de La Véranda
S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice
E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture
I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte
J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme
Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction
P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison
P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine
O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes
A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534
Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma
I. Mons, Lou Andreas-Salomé. En toute liberté