

Friedrich Maximilian Klinger, La Vie de Faust, ses exploits et comment il fut précipité en enfer
(Traduit de l'allemand, présenté et annoté par François Colson)
Grèges, collection Lenz, 2006, 320 p.
ISBN : 2-915684-00-6
EAN : 9782951909069
20 €
Goethe ne fut pas le seul à s'inspirer de Faust à la fin du XVIIIe siècle. Son ami de jeunesse, F. M. Klinger (1752-1831), s'est lui aussi laissé tenter par le sujet, poussant d'ailleurs Goethe à le reprendre. Dans ce roman, paru en 1791, mais amplement remanié à deux reprises (1794, 1813), Faust conclut un pacte avec les forces du mal afin de prouver la prééminence de la vertu. Flanqué du diable, il parcourt l'Europe médiévale en philosophant sur l'universalité du mal : la morale, la justice, mais aussi, et c'est plus inhabituel dans les traitements littéraires de la légende, la politique, sont au coeur de ses réflexions, qui se déclinent sur tous les tons, du sarcasme à la méditation en passant par le sentimentalisme. En homme de théâtre, Klinger prend un plaisir évident à orchestrer de façon magistrale la course folle de son personnage et les horreurs de l'Enfer. C'est la deuxième version de La Vie de Faust que nous présentons ici à l'aimable lecteur.
Après s'être essayé au théâtre comme auteur avec quelque succès, Friedrich Maximilian Klinger (1752-1831) devient une figure emblématique du mouvement qui dans l'histoire des lettres allemandes portera le titre d'une de ses pièces, le « Sturm und Drang ». La proximité de Goethe conduit bientôt cependant à un conflit, où il est abandonné à lui-même. Songeant un instant s'embarquer pour l'Amérique, inutile comme soldat dans la grande paix de la fin du XVIIIe siècle, il est finalement engagé au service de l'aristocratie russe. Lecteur du prince Paul, futur tsar, il peut enfin s'adonner à une activité débordante et enrichir son expérience de voyages. Après avoir continué à écrire des pièces de théâtre, il se tourne vers l'écriture de romans, qui peu à peu s'organisent en un vaste tableau de la condition humaine et du siècle. Près de neuf cents aphorismes concluent son activité littéraire. Il se retirera de la vie publique, disgracié par le nouveau tsar Alexandre quand celui-ci se tournera vers le mysticisme. L'oeuvre abondante qu'il mettra tout son soin à rééditer sera relativement vite oubliée, Saint-Pétersbourg restant trop loin des centres de la vie littéraire allemande.
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