

« Écriture de soi, écriture des limites »
Organisation :
Jean-François Chiantaretto (UTRPP, Université Paris 13)
et le groupe de recherches « Littérature personnelle et psychanalyse »
17 et 18 février 2012
Institut protestant de théologie 83 boulevard Arago 75014 Paris
Au-delà des différents genres ou sous-genres (autobiographie, journaux intimes, autofiction, etc.), au-delà de la diversité des textes et des auteurs, les écritures de soi mettent toujours en scène une tension entre deux positions psychiques : attester d’une identité (voilà qui je suis), témoigner d’une altération (voilà qui je suis empêché d’être). Cette tension se retrouve en chaque texte, chez chaque auteur et souligne la visée de l’écriture : la délimitation de soi, au sens d’un espace intérieur, d’un lieu singulier d’interlocution interne.
Une telle délimitation de soi prend une valeur et une signification spécifiques lorsque l’auteur témoigne dans l’écriture d’une expérience psychique d’effraction, d’implosion ou encore d’un vide en soi ou de soi. Il s’agit notamment des expériences traumatiques extrêmes, mettant en cause l’appartenance humaine du sujet, ou des traumatismes précoces, fragilisant la construction même de l’espace psychique – correspondant à ce qu’on peut nommer les pathologies des limites. L’écriture de soi prend alors littéralement fonction d’une écriture des limites, au double sens de porter les traces d’un effondrement, d’un effacement ou d’une déstabilisation des frontières de la psyché, et de l’effort de tracer ou retracer les limites d’un habitat psychique suffisamment vivable et vivant.
Le croisement de l’approche clinique et de l’approche littéraire est ici nécessaire, supposant la rencontre de spécialistes de la littérature, d’écrivains et de psychanalystes.
Vendredi 17 février
19h30 Ouverture par Jean-François Chiantaretto
19h45 : Mireille Fognini : Identité et plagiat
20h30: Jacqueline Rousseau-Dujardin : Madame Guyon, écriture de l’anéantissement
21h15: Georges-Arthur Goldschmidt : Exil et écriture
Samedi 18 février
9h45 Anne Bourgain : La poétique de Celan, une écriture de l’extrême ?
10h30 Janine Altounian : Quand « l’incrédulité » ou l’hallucination négative affectent ce qui est trop proche
11h15 Jean-François Chiantaretto : La délimitation de soi
14h15 Michaël Chocron : Écriture de l’expérience sensorielle et construction de la limite psychique
15h Arnaud Tellier : La nature en soi
15h45 pause
16h 15 Marie Jejcic : Beckett. Écrire et prendre sa parole
17h Ghyslain Levy : La folie douce Walser. « Qui a l’esprit vivant délire de temps en temps »
17h 45 Isabelle Somé : L'autofiction, écriture des limites : lecture comparée de L'aristocrate d'Ernst Weiss et des Mots de Sartre
ENTRÉE LIBRE
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