

[ Vous faites quoi à la rentrée? 7 septembre 2010: vers une grève générale reconductible ]Â
Dans son discours du 12 juillet 2010, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Avez-vous remarqué que le collectif Sauvons la Recherche ne s'exprime plus, que depuis que je suis président de la République il n'y a plus de grèves de chercheurs ? ».
- Sur le site de SLR le 13 juillet 2010:
Aujourd'hui en France quand des chercheurs font grève, seul le chef de l'Etat croit qu'ils travaillent. Réponse au discours élyséen du 12 Juillet 2010. Par Emmanuel Saint-James, Président de l'association Sauvons La Recherche.
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3215
L'année 2009 a été marquée par une grève dans les universités et organismes de recherche comme on n'en avait pas vu depuis 1968, mais le chef de l'Etat prétend qu'il ne s'est rien passé. Et il ne distingue plus, dans la "grogne" généralisée envers sa politique, l'expression spécifique de Sauvons La Recherche. Qu'on se rassure : depuis la dernière élection présidentielle, SLR a publié sur son site encore plus de textes que dans la période précédente, soit mille six cents articles dénonçant le démantelement rampant des organismes de recherche comme le CNRS, la pseudo-autonomie des universités, le grand emprunt visant à s'endetter plus pour chercher moins, le bouclier fiscal pour entreprises fermant leurs centres de recherche nommé crédit-impôt-recherche, et les innombrables mensonges et manipulations permettant de dégrader l'attractivité de nos métiers tout en prétendant faire l'inverse.
En ce 12 juillet 2010, pour comprendre comment la justice comme la science sont menacées de ruine, il valait mieux allumer son ordinateur que son téléviseur.
- Intervention télévisée de N. Sarkozy : leçon de mystification. Communiqué du SNESUP FSU et du SNCS FSU (13 juillet 2010) Pendant plus d'une heure, le président de la république n'a eu de cesse de nier la réalité que vit la population. Restant sur le registre de la propagande, multipliant les contre-vérités et les déclarations incantatoires, il s'est appliqué à défendre son bilan. Sans contradicteur, Nicolas Sarkozy a pu réaffirmer sa volonté de passer en force sur la réforme des retraites semblant inflexible face aux mobilisations et soutenant qu'il n'existe aucune alternative au projet que son ministre du travail présentera en conseil des ministres : la prolongation de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite pour tous, le report de 65 à 67 ans pour ne pas subir de décote, l'allongement de la durée d'assurance pour une pension complète portée à 166 trimestres. N. Sarkozy n'envisage la pénibilité que sous l'angle réducteur de l'invalidité et ne prévoit aucune disposition concernant les carrières structurellement courtes dont celles de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Le président de la République refuse de répondre à la population et d'aborder la question d'une autre répartition des richesses, défendant au contraire le bouclier fiscal. Qu'il s'agisse de la crise économique et sociale, de la réduction de la dette publique ou de la réforme des retraites, il veut faire payer à la population et aux salariés le prix d'une situation dont ils ne sont nullement responsables. Vantant le mérite de son plan de rigueur et la suppression d'un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite, enjoignant les collectivités territoriales d'en faire autant, avec cynisme, le président de la République fragilise l'ensemble des fonctions publiques. Il néglige de dire que sous la pression des manifestations à l'appel des syndicats, le gouvernement a dû consentir un court délai pour que les parents de trois enfants puissent bénéficier des dispositions propres à la fonction publique.
Qui pourrait attacher du crédit aux arguments faisant du projet gouvernemental de réforme des retraites l'unique méthode pour sauvegarder notre système par répartition, lorsque son instigateur va jusqu'à oublier et nier la mobilisation dans l'enseignement supérieur et la recherche de 2009. Alors que le mépris du discours de N. Sarkozy, lors du lancement de la « Stratégie Nationale de Recherche et d'Innovation » le 22 janvier 2009, avait contribué à déclencher la plus grande mobilisation de ces cinq dernières décennies dans tous les établissements d'enseignement supérieur et les organismes de recherche. De ce point de vue, le Président de la République se livre ici à une mystification dont d'ampleur est inégalée. En mettant en avant le soit disant effort financier en faveur de la recherche, il escamote la dette publique créée pour abonder en capital via le grand emprunt des Fondations aux rendements incertains.
Devant cette arrogance, le SNESUP FSU et le SNCS FSU appellent la
communauté
universitaire et
scientifique à se mobiliser largement pour le rejet massif du projet
gouvernemental contre les retraites :
- Sur La Science au XXI Siècle, le Blog du Collectif « Indépendance des Chercheurs »:
Sarkozy, CNRS, SLR, retraites... 13.07.2010
Le 13 juillet, le compte rendu du Conseils des ministres confirme l'adoption par le gouvernement du projet de loi sur les retraites présenté par Eric Woerth malgré une très large protestation des secteurs populaires. L'AFP fait état d'un certain nombre de réactions à ce projet, antisocial et manifestement très conflictuel. Le 13 juillet également, les médias commentent l'interview accordée la veille par Nicolas Sarkozy et qui, d'après 20 minutes, a été « moins regardée qu'en janvier ». En pleine offensive de démantèlement des organismes publics de recherche comme le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Nicolas Sarkozy déclare notamment : « Avez-vous remarqué que le collectif Sauvons la Recherche ne s'exprime plus, que depuis que je suis président de la République il n'y a plus de grèves de chercheurs ? ». Mais la réalité est que Sauvons la Recherche (SLR) poursuit son activité, et que les mobilisations d'il y a un an dans la recherche et l'enseignement supérieur ont été très importantes. De même, le sens des résultats des élections récentes au CNRS, qui ont connu un record d'abstention et infligé au SGEN-CFDT un désaveu cinglant, indique un rejet croissant des pratiques des coupoles syndicales cherchant à « arrondir les angles » avec la politique gouvernementale. Le CNRS n'est qu'un exemple de la montée générale de ce rejet de la politique actuelle par les personnels de la recherche et des universités.
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