

Le vendredi 2 juillet 2010, disparaissait l'un des comédiens français les plus essentiels de ces dernières décennies, en la personne de Laurent Terzieff, qui fut aussi un lecteur passionné de poésie moderne. Il avait su mettre sa passion au service d'un sacerdoce de transmission, et ses divers spectacles montés en ce sens en témoignaient. Qui a eu un jour la chance d'assister à une des lectures si inspirées dont il avait le secret, ne peut en oublier la ferveur : le public français avait tout au long de ces dernières années connu la grâce de cette transmission magique, de cette incarnation incandescente du verbe poétique dont savait être digne Terzieff, loin des facilités de l'époque et de la relative désuétude dans laquelle était tombé le genre de la lecture poétique. Par son truchement irremplaçable, les mots de Rilke, Milosz ou Brecht avaient su atteindre bien des "profanes" de poésie : élargir l'audience des poètes modernes, donner à entendre la présence vive des textes, ces missions étaient aux yeux de Laurent Terzieff, passeur de culture, inséparables du métier de comédien.
Il fut un lecteur de Saint-John Perse certainement inégalable, habité par l'élan intérieur de sa poésie, dans une justesse et une maîtrise accomplies. Sjperse.org et l'équipe de La nouvelle anabase rendent hommage à cette figure exceptionnelle, par une page spéciale de la nouvelle formule du site. On y retrouvera les enregistrements de quelques-unes des lectures "persiennes" de Laurent Terzieff.
Loïc Céry
Sjperse.org