Fabula, la recherche en littérature (actu)

D. Pernot, La jeunesse en discours (1880-1925)

Parution livre avec compte rendu à paraître prochainement dans Acta

Information publiée le vendredi 23 novembre 2007 par Camille Esmein


Denis Pernot

LA JEUNESSE EN DISCOURS (1880-1925) : DISCOURS SOCIAL ET CREATION LITTERAIRE

Paris, Honoré Champion, 2007.


Connaissant de multiples bouleversements, la société française du tournant du siècle prend peur de sa jeunesse. Cette peur donne naissance à une intense agitation pédagogique ainsi qu'à un irrépressible besoin de pédagogie dont témoigne une vaste production discursive (observations, enquêtes, romans…). Qu'elle soit le fait d'hommes de loi, d'Église ou de lettres, la mise en discours de la jeunesse se développe sur les fondements de la querelle des mauvais maîtres et se structure autour d'une opposition entre des «pions», qui s'expriment en universitaires, et des « éveilleurs d'âmes », ces derniers étant tenus pour des « écrivains ». Dans ce contexte, à l'image d'Alain ou de Péguy, de Marcel Prévost ou de Barrès, nombre de publicistes et de romanciers sont conduits à faire oeuvre de polygraphes, à s'exprimer en écrivains-pédagogues et à inventer des modes d'expression leur permettant de se tenir à l'écart des formes de la « littérature universitaire », érigée en ennemi de l'invention littéraire. Donnant volontiers des réflexions critiques (Desjardins, Vogüé…), l'écrivain-pédagogue entraîne son besoin de pédagogie sur le terrain de la littérature et en vient, à l'image d'Ernest Legouvé, à collaborer avec les autorités universitaires (Lanson, Doumic…). À ses yeux, il revient en effet à la littérature « classique », à condition que la lecture en soit dirigée, de former les citoyens que la République attend. S'instaurent ainsi les règles d'un bien écrire, qui est pensé comme un savoir-vivre. À ces règles réagissent les oeuvres de « créateurs de valeurs » (Gourmont, Lazare…) qui plaident en faveur d'une « jeune littérature » conçue comme une littérature ne voulant ni enseigner ni être enseignée, ce que montre l'analyse d'oeuvres de Laforgue, de Gide ou de Larbaud. S'intéresser à la manière dont, des années 1880 aux années 1920, la jeunesse est mise et se met en discours conduit ainsi à mettre au jour une crise oubliée du champ littéraire et l'émergence d'une nouvelle conception de la valeur littéraire.

TABLE DES MATIERES


Intoduction                                             


PREMIERE PARTIE
–    LA JEUNESSE OBSERVEE :
      CREER UNE AGITATION.                                            


UN FAMEUX SUJET                                           

PRISES EN CHARGE                                            

LA JEUNESSE ET LES JEUNES                                        


DEUXIEME PARTIE
–    LA CHAIRE ET L'ECRITOIRE.
LA LITTERATURE DES ECRIVAINS-PEDAGOGUES                        


DE LA TOGE A LA PLUME                              

DES ROMANS QUI N'EN SONT PAS                          

ACCENT D'AUTORITE ET PRESENCE INVISIBLE                   


TROISIEME PARTIE
–    LA JEUNESSE CREATRICE DE VALEURS.
« ROMAN NOUVEAU » ET  « JEUNE LITTERATURE »      


LA POLICE DES LETTRES                               

MODELES D'INTERVENTION                               

ROMAN NOUVEAU ET « DECLASSEMENT »                       



Conclusion                                      

Bibliographie                            

Index nominum                         




Derniers ouvrages parus :

O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre  

Sévigné, Lettres de l'année 1671

A. Pope & J. Swift, Pensées sur différents sujets

H. Melville, Le Marchand de paratonnerres, suivi de La Véranda

Le Dit des Heiké

S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice

E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture

I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte

J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme

Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction

P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison  

P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine

M.-C. Alexandrine-Sinapah, Itinéraire d'un esclave-poète à Cuba - Juan Francisco Manzano (1797-1854) entre littérature et histoire

Cl. Launchbury, Music, Poetry, Propaganda. Constructing French Cultural Soundscapes at the BBC during the Second World War 

O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes

A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534

Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma

J. Milly, Au seuil de l'image

I. Mons, Lou Andreas-Salomé. En toute liberté

N. Redouane, Lecture(s) de Rachid Mimouni

Chr. Martin (dir.), Fictions de l'origine (1650-1800)

D. Brooks, The Sons of Clovis : Ern Malley, Adoré Floupette and a Secret History of Australian Poetry

Jean Richepin, Truandailles

C. Meyer-Plantureux, Romain Rolland - Théâtre et engagement

C. Aliberti, Du spasme existentiel à la quête de rédemption

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