Fabula, la recherche en littérature (actu)

Conversations avec Henri Michaux

Parution livre

Information publiée le samedi 12 juillet 2008 par Bérenger Boulay



_blank

Conversations avec Henri Michaux

Sous la direction de Pierre Vilar, Françoise Nicol et Guénaël Boutouillet

Éditions Cecile Defaut

Nantes, 02/07/2008

Isbn (ean13): 978-2-350-18060-1

18,00€, 255p

Présentation de l'éditeur: 


Ce livre, hommage au grand déplaceur que fut Michaux, devait être le recueil des actes d'un colloque. Il est devenu quelque chose d'autre, quelque chose au-delà, par la force des choses - force des choses qui se sont passées et déplacées, durant dix jours, à La Roche-sur-Yon, en décembre 2007. Comme si le titre de l'ensemble de la manifestation, Conversations avec les morts — Henri Michaux avait pris forme, volume, densité.
Les textes qui suivent rendent compte d'un programme dense qui, à l'initiative de la Scène nationale Le grand R et du CREC [centre de recherche éducation-cultures, équipe de recherches en sciences humaines de l'IUT de La Roche-sur-Yon (Université de Nantes)], et suite à une première « Conversation » avec Marina Tsvetaeva en janvier 2006 à la Maison Gueffier, rendit compte de la multiplicité d'Henri Michaux et de son oeuvre : exposition de peintures à l'Artothèque de la Médiathèque Benjamin Rabier, journée d'études universitaires (« Henri Michaux et la peinture, le franchissement du détroit »), lecture-performance de textes de Michaux par François Bon, ateliers d'écriture michaldiens par François Bon ou l'équipe de la Maison Gueffier, programmation de danse (« abécédaire » de Fabrice Lambert au Manège), lectures de Michaux et de textes inédits (innervés de son oeuvre) par les auteurs invités…
Ce qui demeure à souligner, c'est à quel point chacun des intervenants, des participants, public et invités, s'est déplacé. Entre les frottages et toiles exposées, entre les stases et sprints de la danse de Fabrice Lambert, entre les ombres entre les lignes : en témoignent au plus haut les écarts de conduite de ce colloque, voué initialement à parler du Michaux peintre, et qui s'attarda sur le Michaux musicien, le Michaux danseur, suite de paroles chaleureuses courant après l'insaisissable Henri. En témoignent encore les fabriques oratoires des auteurs invités, nommées Exercices critiques comme par défaut, titre qui pourtant dit la lecture singulière, forcément singulière, que des auteurs d'Ici et Maintenant font de cette oeuvre, dit aussi l'effort physique que constitue la lecture à haute voix des phrases, obliques telles des pierres bondissant, d'Henri Michaux.
En attestent au final les pages imprimées dans ce livre, traces de ces déplacements multiples, continuation imprimée des Conversations avec ce mort bien vivant.

A La Roche-sur-Yon, où les maisons ne comptent pas de nombreux siècles, où le rocher se fait discret, pendant une assez longue période de temps, ont eu lieu autour de l'oeuvre d'Henri Michaux des événements divers, qui ne s'en tenaient pas à la seule parole.
Et que ce livre voudrait évoquer, à défaut de les donner à vivre de nouveau. Aux écrivains, on a demandé de lire à voix haute, et d'écrire en public. De faire vrombir et trembler le microphone. On leur a proposé des ateliers de confection sur le patron malaisé des textes de Michaux. Des gens sont venus leur prêter main-forte avec des mots imprévus. Aux danseurs, au chorégraphe, il était suggéré de prendre pied sur le sol agité des poèmes, et bien chargés encore de notre bulle respiratoire, de nos cordons vitaux.
On a exigé des artistes plastiques qu'ils renversent leur panier ; qu'ils - elles - déchargent en cadence des paniers de choses et de couleurs utiles. Aux universitaires, on a réclamé de faire entendre un chant choral à gauche de l'auditorium, de tourner des pages de papier-calque devant l'assistance en expliquant pourquoi, de phraser une vie - ou de danser ce qu'ils avaient oublié de dire. On a écouté des disques assis autour d'une table en prenant des images.
On a lu, surtout, beaucoup de Michaux. Le moyen de rendre compte de ce qui s'est passé ? C'est une des questions les plus pressantes et les plus mystérieuses de l'expérience proposée par cette oeuvre. Qu'il s'agisse de dessin, de poème, de chimie ou de musique, l'interrogation est toujours celle-ci : comment inscrire, transcrire, légèrement et sans empêtrement inutile, à la plume enfin partout et toujours, ce qui fait le passage et le mouvement de l'existence, le phénomène de la pensée, de la peinture ou de la musique, si discrets à l'état naissant, si présents cependant, si vitaux.
Comment noter ce que furent ces journées, ces échanges, entre lecteurs et liseurs, discoureurs et cursifs, ces conversations entre vivants. Le partage de Michaux, on le sait bien, c'est ce qui se partage le moins. Justement. Notes au lieu d'actes, donc. Parce que les actes d'un colloque, comme leur nom l'indique assez, interrompent au passé le mouvement vivant de la parole et des échanges. Notes au lieu d'actes, une formule empruntée à Michaux, dans son livre Passages.
Il s'agissait de désigner des fragments, petits ou grands, des événements ou non. " Avec tel ou tel événement on commence à prendre contact ".


Sommaire:

Préface : N.Caligaris : La Logique Floue

1. Exercices critiques
Nicole Caligaris : Deux tympans pour Henri Michaux
Eric Pessan : À la faveur de la nuit
Patrick Chatelier : Henri Michaux et le jeune écrivain

2. Communications
Jérôme Roger : « Le phrasé même de la vie » ou la vie plastique d'Henri Michaux
Nicolas Devigne : Devant, derrière, autour des frottages d'Henri Michaux
Haydée Charbagi : « Peu ici compose. Tout le contraire m'y décompose… » Henri Michaux muscisien

3. Témoignages
François Bon : Lecture annuelle du Document D
Fabrice Lambert : « On a besoin d'un paysage. On est un paysage. » (Henri Michaux chorégraphe)
Catherine Jourdan et Sarah Debove : Sans titre
Michel Luneau : Henri Michaux, Nantes 96 , Climats, Nantes
Françoise Nicol : Pour observer Peintures et dessins, proposition d'itinéraire…

A l'entrée de chaque partie, 1 dessin de Michaux




Derniers ouvrages parus :

Le Dit des Heiké

S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice

E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture

I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte

J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme

Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction

P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison  

P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine

M.-C. Alexandrine-Sinapah, Itinéraire d'un esclave-poète à Cuba - Juan Francisco Manzano (1797-1854) entre littérature et histoire

Cl. Launchbury, Music, Poetry, Propaganda. Constructing French Cultural Soundscapes at the BBC during the Second World War 

O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes

A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534

Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma

J. Milly, Au seuil de l'image

I. Mons, Lou Andreas-Salomé. En toute liberté

N. Redouane, Lecture(s) de Rachid Mimouni

Chr. Martin (dir.), Fictions de l'origine (1650-1800)

D. Brooks, The Sons of Clovis : Ern Malley, Adoré Floupette and a Secret History of Australian Poetry

Jean Richepin, Truandailles

C. Meyer-Plantureux, Romain Rolland - Théâtre et engagement

C. Aliberti, Du spasme existentiel à la quête de rédemption

M. Kadima-Nzuji, Théâtre et destin national au Congo-Kinshasa - 1965-1990

Jean-Yves Tadié, Le lac inconnu - Entre Proust et Freud

N. Frogneux (dir)., J. Patocka. Liberté, existence et monde commun

Verlaine, Romances sans paroles (éd. Arnaud Bernadet)

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter