Fabula, la recherche en littérature (appels)

Comment rêver la science-fiction à présent ?

Appel à contribution

Information publiée le mardi 30 octobre 2007 par Jean-Louis Jeannelle (source : Aurélie Villers)

Date limite : 1 mai 2008

COMMENT RÊVER LA SCIENCE FICTION A PRESENT?

Appel à communications

Cerisy, du 20 au 30 juillet 2009.

La science-fiction présente peut-être le seul réservoir de mythes en phase avec notre siècle : elle ne propose rien de moins, en effet, que de fournir, sous la gouverne de la puissance imaginative de ses auteurs (et de leurs disciplines), les représentations les plus diverses des perspectives du monde contemporain. Le genre a bien souvent interrogé la consistance du réel en allant traquer dans ses potentialités tout ce qui permettait de le comprendre. Les rêves prospectifs de la science-fiction projettent des interrogations fondamentales sur l'origine de la vie et sa place dans l'univers dans un espace temps dont l'échelle correspond à leur caractère immémorial et à la diversité de leurs expressions dans l'histoire de l'humanité. Il est de fait légitime de voir la science–fiction comme une manière de proposer des réponses à des problèmes philosophiques. Les questionnements prospectifs sur les devenirs technologiques, biologiques ou sociaux de l'homme inscrivent les questions métaphysiques dans le quotidien et mettent leurs réponses prédictives à l'épreuve du temps. La plausibilité des projections est jaugée par les publics contemporains, leur exactitude, dite valeur prophétique, par l'histoire. Il y a nombre d'exemples d'oeuvres qui ont su détecter les mutations fondamentales des sociétés humaines sous la forme d'expérience de pensée alors qu'elles n'étaient que des possibilités. La vision de l'avenir en science-fiction est intrinsèquement liée à son époque. Puisqu'il semble que depuis une cinquantaine d'années il n'y ait pas eu de découvertes scientifiques révolutionnaires, et à présent que l'avenir que ces oeuvres nous ont proposé comme hypothèse est devenu réalité ou peu s'en faut, il importe de s'interroger sur le devenir de la science-fiction.

Notre projet de colloque part alors de ces questions: la science-fiction a-t-elle un avenir ? Quelle vision prospective du futur a-t-elle à nous proposer aujourd'hui ?

Les communications dans les domaines suivants sont souhaitées: cinéma, études audiovisuelles et médiatiques, littérature, sciences, mangas, jeux vidéos, communication, langage, genres (cinéma et masculin/féminin), histoire, psychologie, philosophie, religion, sciences sociales, études culturelles et culture populaire.


En ce qui concerne le champ littéraire nous délimitons les études à ce qui suit:

Les modernistes, élitistes de réputation, ont cependant largement puisé dans les ressources et modèles offerts par les arts populaires. Ces influences furent néanmoins dissimulées au mieux.

Les auteurs contemporains de littérature «mainstream » (que l'on accepte le terme « postmodernes » ou qu'on le récuse), les affichent cependant ouvertement. Mais que se passe-t-il du côté des auteurs de science-fiction? Quelles sont à présent leurs influences majeures? S'inspirent-ils toujours des maîtres du passé ou ont-ils réussi à s'en affranchir? Se concentrent-ils sur les avancées de leur milieu ou sont-ils curieux des expériences menées dans la littérature générale? Le cas échéant, cette course dans la mise à jour des modèles, alors en corrélation avec l'accélération de notre technologie, nous offrira-t-elle une littérature et des genres vidés d'intertextualité, et laissera-t-elle place à de nouveaux paradigmes?

La SF est-elle irrémédiablement orientée vers son passé? La littérature générale est-elle dégénérescente au point d'en venir à s'abreuver aux genres autrefois honnis? Quelles utilisations font-elles toutes deux du pastiche?

Ce sont ces notions d'influence, de déviation, d'évolution et de réciprocité que nous aimerions interroger.

Sans se limiter à elles, et seulement à titre indicatif, nous proposons ces quelques questions en guise de pistes possibles.

- Considérant son rapport à l'image, la science-fiction peut-elle se ressourcer à de nouveaux supports autres que le cinéma et la télévision (les jeux vidéos, Internet, voire les installations pour parcs de loisir) ? Comment ces nouveaux médias ont-ils transformé la science-fiction, en tant que phénomène « (sous-)culturel » ? Comment la convergence numérique a-t-elle transformé les univers de science-fiction et leurs modes de représentation?

- Comment le processus d'hybridation avec d'autres genres a-t-il transformé la science-fiction ? Si l'idée n'est pas neuve (qu'on pense juste à Mondwest, 1973, ou Blade Runner, 1982), elle a trouvé un terrain fertile dans les oeuvres d'auteurs atypiques comme Takashi Miike (Dead or Alive) ou Akira Kurosawa (Kaïro) ou dans des séries télévisées comme Les 4400 ou, auparavant, X-files ou Twin Peaks. Que sont les nouveaux hybrides génériques ? D'où proviennent les nouveaux modèles ? L'hybridation aujourd'hui est-elle le signe d'un renouveau par l'emprunt d'éléments à d'autres sources génériques ou à d'autres bassins culturels? Est-elle au contraire le symptôme d'une crise, le signe de l'incapacité du genre à se renouveler selon ses propres termes ?

- La science-fiction peut-elle se renouveler au travers de civilisations autres que celles qui ont produit les grandes oeuvres de ses débuts (l'Asie en priorité, les mangas)?

- Dans le contexte de la mondialisation et du réchauffement planétaire, la vision de l'humanité à grande échelle et la prise en compte des conséquences futures de la vie quotidienne sont devenues consensuelles alors qu'elles étaient auparavant des traits distinctifs et définitoires de la science-fiction. Cette inscription de la projection dans notre perception de la réalité correspond à l'apparition de différentes formes de récit, au croisement entre documentaire et fiction (des docu-fictions fondés sur des modèles prédictifs comme Paris 2011 : La grande inondation, ou la Submersion du Japon, 2006, aux documentaires-manifestes comme Une vérité qui dérange, 2006, projeté sur les mêmes écrans à grand spectacle que Le jour d'après, 2004). Comment la politique de la projection affecte-t-elle la poétique de la science-fiction ?

- La science-fiction peut-elle prolonger son existence en rejouant de vieux mythes dans des contextes futuristes (Matrix ou Star Wars, Cryptonomicon, The Fountain ) ou, au contraire, doit-elle trouver des formes nouvelles engendrant des thématiques nouvelles (Twentieth century Boys mais aussi Tetsuo comme cas limite)?

Les propositions devront comporter environ 550 mots (une page). La présentation est estimée à 40 mn, auxquelles s'ajouteront 20mn de débat. La date butoir pour le retour des résumés est fixée au 1er mai 2008. Vous serez notifiés de le sélection éventuelle de votre article par e-mail en juillet 2008. Les articles entiers devront être soumis au plus tard le 1er mai 2009. Le colloque se tiendra au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle la dernière décade de juillet 2009 (du 20 au 30 juillet 2009).

CCIC, 50210 Cerisy-la-Salle, France

tél: 02 33 46 91 66

Fax : 02 33 46 11 39,

http://www.ccic-cerisy.asso.fr/

Les propositions et les articles doivent être envoyés aux trois co-organisateurs :

ANDRE Danièle ( Université de Corse) danieleandre2b@orange.fr

TRON Daniel (Universités de Poitiers et Angers) daniel.tron@free.fr

VILLERS Aurélie (Dr de l'Université de Nice) aurelie.villers@wanadoo.fr

Vos propositions devront être accompagnées des informations nécessaires pour vous contacter (nom, adresse personnelle, e-mail, téléphone, éventuellement centre de recherche).

Logement et restauration sont entièrement assurés par le centre qui nous héberge. Les données concernant les tarifs et les réductions vous seront envoyées par le centre dans l'année précédant le colloque.

L'équipe organisatrice se tient à votre disposition pour toute information complémentaire.


Responsable : Aurélie Villers



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