Fabula, la recherche en littérature (appels)

Chanson/fiction (Revue critique de fixxion française contemporaine)

Appel à contribution

Information publiée le lundi 7 novembre 2011 par Alexandre Gefen (source : Arickx Ivan)

Date limite : 15 octobre 2012

 

Revue critique de fixxion française contemporaine   n° 5, décembre 2012

 

Titre : CHANSON/FICTION

 

Sous le direction de Bruno Blanckeman (Sorbonne Nouvelle Paris 3) et de Sabine Loucif (Hofstra University)

Appel :

Tout au long du vingtième siècle, si l’on considère le cas de la France, les liens entre littérature et chanson se sont resserrés. Celle-ci tenait volontiers lieu de muse, un brin canaille, à celle-là. L’académicien français Maurice Donnay écrivait pour Yvette Guilbert, le surréaliste Robert Desnos adulait Yvonne George, Max Jacob fut l’un des mentors du jeune Charles Trenet, Jean Cocteau vénérait Edith Piaf, dont Marguerite Duras connaissait par coeur le répertoire, Jean-Paul Sartre offrit à Juliette Gréco débutante la chanson d’Inès dans Huis-Clos, pièce créée une dizaine d’années plus tôt, Raymond Queneau renchérissait pour la même avec un Si tu t’imagines appelé au succès que l’on connaît, André Breton intronisait Léo Ferré dans le groupe surréaliste, Patrick Modiano inventait pour l’une des égéries de la vague yéyé, Françoise Hardy, des chansons aux allures de contes farfelus…Cet exercice répété de fascination excède la seule toquade d’un écrivain pour un(e) artiste, mais participe plus généralement d’une redistribution des genres et d’une hybridation des pratiques esthétiques par lesquelles la littérature s’est redéfinie comme moderne. Ainsi s’opère une revitalisation des écritures au contact d’arts à l’origine populaires, porteurs de nouveaux rythmes et d’un rapport alternatif à la langue usuelle comme aux imaginaires de l’intime et du politique. Simultanément s’impose, aux confins des arts de la scène et de la reconnaissance littéraire, la figure de l’auteur-compositeur-interprète dont Brassens, Renaud, Barbara ou Nougaro offrent de saisissants exemples.

On aimerait interroger la nature de ces liens au tournant du XXIe siècle, depuis les années 1980 jusqu’au début des années 2010. Si la dominante critique et le discours commun ont longtemps tendu à annexer la chanson à la poésie, en raison de la relation musicale historique qu’elles entretiennent, peut-on se satisfaire de cette seule vision ? D’autre part, dans le contexte de la mondialisation et du métissage culturel, quels sont les traits culturels spécifiques de la chanson française ?

Deux pistes pourront être suivies pour aborder cette question:

  • De nombreux écrivains-prosateurs recourent à la chanson dans la composition même de leurs récits (Patrick Modiano, Annie Ernaux, Hervé Guibert, Chloé Delaume, entre autres exemples). A quelles fins et selon quelles modalités, narratives et fictionnelles, ces effets d’insertion ? Quels usages romanesques ou autobiographiques de la chanson en résultent? Par delà les simples effets de citation, existe-t-il des poétiques de la fiction inventées sous influence de la chanson ?    
  • La chanson elle-même s’est redéfinie avec l’avènement en France des musiques urbaines et des phénomènes du rap et du slam. De même les innovations technologiques liées au cyberespace ont favorisé des connexions inédites, d’ordre acoustique et visuel, dont se nourrissent les recherches de certains artistes de scène, parfois rejoints par des écrivains (pratique des « performances »). A quoi ressemble alors le paysage de « la » chanson en France aujourd’hui s’il est vrai que, parallèlement, des groupes (Les Têtes Raides) ou des chanteurs (Juliette) revisitent avec insistance le patrimoine (de la bibliothèque et de la discothèque, tous genres confondus) ?   

 

 


Responsable : Bruno Blanckeman



Dernières annonces d'appels à contribution :

L’Essai au XIXe siècle

Les années cinquante et soixante : pour une autre histoire du roman

Death in Literature

Gestes et mouvements à l'oeuvre : une question danse-musique XXe-XXIe siècles

Fiction policière et série télévisée : Nicolas Le Floch, un "expert" au temps des Lumières

Women, Architecture, and Patronage in Early Modern France  

Charlotte Delbo (1913-1985). Engagement, univers concentrationnaire, oeuvre

"On ne naît pas scientifique..." Penser sa pratique et sa posture en sociologie des arts et de la culture

Jean Giraudoux : Écrire/décrire ou le regard créateur

Vertige de la lumière

Bons mots, jeux de mots, jeux sur les mots : de la création à la réception

27th international conference on medievalism : medievalism(s) & diversity

Science and Literature

La pensée ininterrompue du Mexique dans l’oeuvre de Le Clézio

"Traduction, plurilinguisme et langues en contact : traduire la diversité"

Gustave Doré : 1883 - 2013

Rémanence : Présence/Absence (London postgraduate french conference 2012)

L’inattendu dans la création littéraire et artistique, à la lumière du « Printemps arabe »

Le sang / blood

NeMLA 2013 - L’animal, l’humain et le végétal dans le texte postcolonial francophone

"Littératures transnationales: se mettre dans les écritures des autres" "

Théâtre-éducation (Horizons/Théâtre n°2)

Contes: entre patrimoines, contextes et performances

Avec ou sans Parti pris

L'hyperbole rhétorique

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter