


Bertrand Gervais, La Ligne brisée : labyrinthe, oubli & violence – Logiques de l'imaginaire, tome II, Montréal, Le Quartanier, coll. « Erres Essais » n°4, mars 2008, 216p.
Sur le site Vox Poetica: Imaginaires du labyrinthe. Entretien avec Bertrand Gervais
Logiques de l'imaginaire, tome II:
Imaginons
un oubli qui ne soit pas un simple revers de la mémoire, mais une
modalité de l'agir. Un oubli positif. Un oubli en acte, in præsentia.
Peut-on habiter un tel oubli ? Peut-on le mettre en récit ? Si la
mémoire est une ligne ininterrompue qui rattache le présent au passé,
l'oubli est assurément une ligne brisée, et le tracé qu'il dessine est
fait de segments disjoints, d'instants sans continuité, comme dans un
labyrinthe.
La ligne brisée traite du labyrinthe en tant que théâtre de
l'oubli. Le tracé du labyrinthe suscite, par la multiplication des
choix qu'il requiert, la désorientation et la perte de repères. Mais
l'oubli de soi n'y est pas qu'un effet superficiel, il en est un trait
fondamental, ce que le mythe de Thésée nous enseigne. Au coeur de ce
récit se déploie une scène d'une grande portée symbolique : le héros
grec se rend dans le labyrinthe pour y tuer le Minotaure. Or, lorsqu'il
en émerge victorieux – et les versions traditionnelles du mythe le
confirment –, il ne se souvient de rien. Ce qui s'est produit dans le
labyrinthe est l'objet d'un effacement radical. La mise à mort du
monstre est d'une telle violence qu'elle provoque l'oubli.
La figure du labyrinthe permet ainsi de penser l'oubli et de
représenter la désorientation et la violence qui lui sont
indissociables. À partir d'un corpus littéraire et cinématographique
contemporain (de Paul Auster à David Lynch), La ligne brisée
montrera l'importance de cette figure, utilisée dans les oeuvres de
façon récurrente pour représenter la complexité de notre monde, et la
conception du sujet qu'elle implique, aux antipodes du sujet oedipien au
coeur même de notre modernité.
Chercheur, professeur,
écrivain, Bertrand Gervais a signé des essais sur la lecture littéraire
et la littérature américaine. Au Quartanier, il a publié en 2007 Figures, lectures, le premier volet d'une trilogie sur les logiques de l'imaginaire. Il est aussi l'auteur de Donald Barthelme : critique de la vie quotidienne (Paris, Belin, 2002), Lecture littéraire et explorations en littérature américaine (Montréal, XYZ, 1998) et À l'écoute de la lecture (Montréal, VLB, 1992). En roman, il a publié chez XYZ L'île des Pas perdus (2007), Les failles de l'Amérique (2005) et Oslo (1999). Il a aussi fait paraître chez le même éditeur un recueil de nouvelles, Tessons
(1998). Il enseigne au Département d'études littéraires de l'Université
du Québec à Montréal. Il est le directeur de Figura, le Centre de
recherche sur le texte et l'imaginaire, ainsi que du NT2, le
Laboratoire de recherche sur les arts et les littératures
hypermédiatiques. Il codirige au Quartanier la collection Erres Essais,
avec Jean-François Chassay.
P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison
P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine
O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes
A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534
Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma
I. Mons, Lou Andreas-Salomé. En toute liberté
N. Redouane, Lecture(s) de Rachid Mimouni
Chr. Martin (dir.), Fictions de l'origine (1650-1800)
C. Meyer-Plantureux, Romain Rolland - Théâtre et engagement
C. Aliberti, Du spasme existentiel à la quête de rédemption
M. Kadima-Nzuji, Théâtre et destin national au Congo-Kinshasa - 1965-1990
Jean-Yves Tadié, Le lac inconnu - Entre Proust et Freud
N. Frogneux (dir)., J. Patocka. Liberté, existence et monde commun
Verlaine, Romances sans paroles (éd. Arnaud Bernadet)
Sandrine Dubel et Alain Montandon (dir.), Mythes sacrificiels et ragoûts d'enfants
Jules Verne, Voyages extraordinaires (éd. J.-L. Steinmetz)
T. Karsenti, Le Mythe de Troie dans le théâtre français (1562-1715)
J. Verne, Les Enfants du capitaine Grant – Vingt mille lieues sous les mers
S. Courant, Approche anthropologique des écritures de voyage