

Asylon(s) n° 7, mai 2009 Que veut dire traduire ?
Sous la direction de Rada Ivekovic
Que veut dire traduire ?
Les Jeudis des sciences sociales à l'UNIVERSITÉ JEAN-MONNET de SAINT-ÉTIENNE, organisés par le Département de sociologie, 2008-09
L'idée nous est venue d'organiser des soirées de grandes conférences avec des invités que, de séance en séance, rassemblerait une thématique commune que nous leur proposerions: celle de traduire. Les premiers quatre textes ici présentés de Clarisse Herrenschmidt, Stephen Wright, Ghislaine Glasson Deschaumes et Michel Deguy, sont précédés par une Introduction de Rada Iveković et pourront être complétés, à l'avenir, par d'autres surgis dans le même cadre. Traduire implique le passage ou le transfert d'une langue en une autre ou d'un lieu en un autre, et implique l'accueil ou l'asile de l'oeuvre, des humains, avec une partie de leurs contextes, dans un nouvel environnement. Cet asile créé à son tour un ou plusieurs nouveaux entourages qui se traversent et coexistent. Traduire, c'est la démarche même de l'asile et signifie réciprocité ; c'est un désir de se relier, de se mêler, de se connaître et de se rapprocher. C'est la construction du commun comme projet. C'est aussi, en général, la tentative de surmonter le cadre national limitatif. Les articles rassemblés ici sont le fruit d'une série de conférences (Les Jeudis des sciences sociales) organisée en 2008-09 à l'Université de Saint-Étienne. D'autres textes de la même origine pourront venir s'y ajouter.
Du grec « ασυλον (asylon) » (α privative + συλάω piller) « que l'on ne peut piller », inviolable, le terme « asile » a évolué jusqu'à désigner des lieux de mise à l'écart (vieillards, aliénés…). Le droit de l'asile a aussi évolué jusqu'à justifier aujourd'hui, dans de nombreux pays, le rejet de la quasi totalité des exilés. Référé à la Convention de Genève sur les Réfugiés (1951), cet asile étatique, en devenant marginal a laissé place à un asile sociétal qui, dans de nombreux pays d'accueil, forme aujourd'hui l'essentiel de la protection internationale proclamée dans les articles 13 et 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948). Cet asile sociétal, exercé par les voisins, les amis, les militants de la solidarité, les instituteurs et parents d'élèves, les collectivités locales... est accordé souvent en dehors du droit et de l'action étatiques et de plus en plus souvent contre eux. Au regard des articles précités c'est un asile juste mais dégradé. Son ampleur actuelle est symptômatique de l'enterrement de l'asile étatique.
La revue en ligne Asylon(s) du réseau scientifique TERRA (http://www.reseau-terra.eu/rubrique101.html) contribue à la production des connaissances en sciences sociales sur les deux dimensions de ce domaine aujourd'hui saturé dans l'espace public par les idéologies et les croyances. Elle est diffusée gratuitement par la liste [TERRA-Infos] auprès de 77386 destinataires (au 20.05.09).
A. Matei, Jean Echenoz et la distance intérieure
P. Citti, Taine, philosophe du récit
F. Parisot (dir.), Alejo Carpentier à l'aube du XXIème siècle
Chr. Chaulet Achour (dir.), À l'aube des Mille et Une Nuits. Lectures comparatistes
M. Méricam-Bourdet, Voltaire et l’écriture de l’histoire: un enjeu politique
J.-P. Cléro, E. Faye (dir.), Descartes, des principes aux phénomènes
D. Bellos, Le Poisson et le bananier. L'histoire fabuleuse de la traduction
J. Rancière, La Leçon d'Althusser
E. Zola, Mes haines (GF-Flammarion)
E. Zola, Correspondance (GF-Flammarion)
R. Le Menthéour, La Manufacture de maladies. La dissidence hygiénique de J.-J. Rousseau
C. Hammann, Déplaire au public : le cas Rousseau
A. Biancofiore, Pasolini - Devenir d'une création
N. Sabri, La Kahéna - Un mythe à l'image du Maghreb
N. Aubert, Christian Dotremont. La Conquête du monde par l'image
B. Joly, Descartes et la chimie
A. Dominguez Leiva, S Hubier, F. Toudoire-Surlarpierre, Le comparatisme, un univers en 3D?
L. Boltanski, Enigmes et complots - Une enquête à propos d'enquêtes