
Valérie Deshoulières, Métamorphoses de l'idiot
Klinscksieck, collection "50 questions", 200 pages, 12 euros. Parution février 2005.
La nature et les "formes" de l'idiotie ont fait l'objet, ces dernières années de publications décisives (L'idiotie, art, vie politique, méthode, 2003; Les figures de l'idiot, 2004). Ces différentes approches, malgré des point s de vue différents, s'accordent sur des points essentiels : elle rapportent d'abord les multiples "figures de l'idiot" au roman de Dostoïevski écrit en 1867. L'ombre du prince Mychkine est à la croisée de tous les chemins. Elles estiment ensuite que la culture d'une époque se révèle de manière exemplaire dans la conception et l'image qu'elle se fait de l'idiot. Elles refusent enfin d'en dresser un portrait-robot : les mouvements contradictoires qui le caractèrisent, oscillant sans cesse entre l'infamie et la gloire, font de l'idiot un sujet fuyant. Ses figures migrent et se métamorphosent au gré de l'Histoire et des catastrophes qu'elle charrie.
Car l'idiot a bien souvent changé d'identité depuis son apparition comme personnage dans les textes mystiques du IVe siècle. L'idiotie contemplée et intériorisée par François d'Assise n'est pas l'idiotie vue et rendue visible par l'aliéniste Pinel à Bicêtre, ou Esquirol, à Charenton, au XIXe siècle. De même, coment faire entrer en résonnance, sans risquer l'indécence, l'hébétude liée à l'expérience concentrationnaire et les stratégies artistiques qui rythment le XXe siècle - les lunatiques mis en scène dans certains romans, et les zeks (déportés) de Kolyma décrits par Chalamov dans ses "récits" ?
Ce sont ces principales mutations et leur réfraction dans la création artistique que nous nous proposons d'explorer ici. Le cinéma fait d'ailleurs symptôme : assimilés, au siècle dernier, à des monstres, et enfermés dans des asiles, les idiots sont aujourd'hui des stars. Des Idiots de Lars von Trier (1998) à Dancing de Pierre Trividic, Patrick Mario Bernard et Xavier Brillat, ils crèvent l'écran.
L'auteur :
Valérie Deshoulières est Maître de conférences en littérature comparée à l'université de Clermont-Ferrand II. Elle est l'auteur de plusieurs études sur l'expérience de désubjectivation et le malheur du savoir au XXe siècle (Robert Walser, Robert Musil, Witold Gombrowicz, Samuel Beckett, Marguerite Duras...). Elle a publié en particulier Poétiques de l'indéterminé. Le camaléon au propre et au figuré (1998) et La responsabilité silencieuse. Le don d'idiotie entre éthique et secret depuis Dostoïevski (2003).
Alexis Léger dit Saint-John Perse (Renaud Meltz)
Le Toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano, Pari (François Noudelmann)
Le Noir. Histoire d'une couleur (Michel Pastoureau)
Ce que cachent les titres (Gary Dexter,)
Vivre le sens (Collectif, sous la dir. de J. Kristeva (Centre Roland Barthes)
Une vie de Pierre Ménard (Michel Lafon)
La Consolation de philosophie (Boèce)
G. H. Bauer, Sartre et l'artiste
G. Leduc (dir.), Réalité et représentations des Amazones
Marcel Proust, Précaution inutile
M.-G. Pinsart (dir.), Narration et identité
J. Martorell, Tirant le Blanc (1490)
C. Lesage (dir.), CAPES et agrégation d'italien (Agrégation 2009)
M. Crivello, J.-N. Pelen (dir.), Individu, récit, histoire
P. Hummel et F. Gabriel (éd.), Vérité(s) philologique(s)
D. Dorais, Le corps érotique dans la poésie française du XVIe siècle
O. Bessard-Banquy, C. Kechroud-Gibassier (dir.), La Typographie du livre français
La bataille de l'imprimé à l'ère du papier électronique
K. Gutzwiller, A Guide to Hellenistic Literature,
L. Ashe, Fiction and History in England, 1066-1200,