Jean Bollack, Patrick Guyomard, Marcel Bozonnet, Mayotte Bollack et Véronique Porret, Antigone. Enjeux d'une traduction, Ed. Campagne Première, octobre 2004, 127 p.
ISBN : 2-9515150-7-3
Prix Editeur : 14.00 euros
Résumé
Peu de personnages tragiques auront autant fasciné qu'Antigone, par le combat inexorable qu'elle mène contre l'arbitraire de la loi. Figure emblématique du " détournement catégorique " selon Hölderlin ; héroïne qui réconcilie l'universel de la loi et le particulier de la famille, pour Hegel ; incarnation du désir pur selon Lacan, Antigone se prête aussi bien pour ce dernier à représenter le drame de tout sujet face à l'énigme de son désir. Quelle meilleure occasion pour interroger le mythe que de revenir à ses origines, à sa lettre dans le texte de Sophocle, grâce à la traduction nouvelle qu'en proposent Jean et Mayotte Bollack en vue de sa représentation théâtrale dans une mise en scène de Marcel Bozonnet ? Comparée aux traductions classiques, celle-ci fait apparaître des distinctions subtiles qui montrent des différences fondamentales de sens. L'ensemble de ces écarts révèle une nouvelle dimension psychique de chacun des personnages de la tragédie et invite à une réinterprétation du mythe - travail qui, à la croisée des chemins, mobilise les traducteurs, les psychanalystes et le metteur en scène.
Biographie
Jean Bollack : Philologue et helléniste, il a travaillé principalement sur les cosmogonies des Présocratiques, d'Empédocle avant tout, et sur Épicure ; de là, il a appliqué dans la poésie moderne les techniques du déchiffrement, de façon à fonder une herméneutique critique. Dans la cohérence de son travail sur la compréhension, il s'est particulièrement intéressé aux langues du théâtre, à la poésie de Paul Celan, et à la lecture psychanalytique des oeuvres.
Mayotte Bollack : Philologue, elle s'est orientée sur l'étude des textes philosophiques anciens, plus particulièrement Épicure et Lucrèce. Son intérêt pour l'histoire de la compréhension l'incite à distinguer les blocages qui ont marqué l'histoire de la philologie, de même que les différences qui s'expriment dans les transferts culturels, notamment entre la France et l'Allemagne. Elle a traduit, avec Jean Bollack, certaines des plus célèbres tragédies grecques, dont Oedipe roi et Antigone, de Sophocle.
Marcel Bozonnet : Parallèlement à une carrière d'acteur de théâtre qui a débuté en 1966, avec un rôle dans Le Cimetière des voitures d'Arrabal, il a été, de 1979 à 1984, professeur à l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, puis nommé directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1993. Engagé en 1982 à la Comédie-Française, il en est devenu sociétaire en 1986, avant d'en être l'Administrateur général, depuis 2001. Au théâtre, il a joué sous la direction de Victor Garcia, Marcel Maréchal, Patrice Chéreau, Jacques Lasalle, Jean-Marie Villégier, Klaus Michael Grüber, Antoine Vitez... En 1999, il a interprété le rôle de Créon dans la pièce Antigone de Sophocle, qu'il a mise en scène avec la participation de Jean Bollack.
Patrick Guyomard : Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de philosophie, membre de l'École freudienne de Paris, puis cofondateur, avec Maud et Octave Mannoni, du CFRP, il fonde par la suite la Société de psychanalyse freudienne, dont il sera président pendant plusieurs années. Dans La jouissance du tragique, Antigone, Lacan et le désir de l'analyste, Patrick Guyomard interroge le commentaire de Lacan sur Antigone ; puis dans Le Désir d'éthique, il développe de nouvelles perspectives sur l'éthique de l'analyse. Il a, par ailleurs, participé à plusieurs missions de réflexion et d'évaluation menées par les pouvoirs publics, concernant les nouveaux droits de la famille et les orientations de la santé. Il enseigne aujourd'hui à l'Université Paris VIII.
Véronique Porret : Psychiatre et psychanalyste à Grenoble, membre de la Société de psychanalyse freudienne, elle a publié sur la clinique freudienne du délire dans Esquisses psychanalytiques et participé à de nombreuses rencontres sur les rapports entre psychanalyse et littérature. Elle a organisé un colloque sur l'oeuvre de Fernand Deligny, à partir du film de Josée Manenti, Le Moindre Geste.
M. Deguy, L'état de la désunion
Joris-Karl Huysmans, Écrits sur la littérature
J.-L. Nancy, L'Adoration, Déconstruction du christianisme (2)
A. Herschberg Pierrot (dir.), Savoirs en récits I. Flaubert : la politique, l'art et l'histoire
Bertrandon de la Broquère, Le Voyage d'Orient
A. Giraffi, La Révolution de Naples
M. Yourcenar, Les trente-trois noms de Dieu (rééd.)
E. Vila-Matas, Perdre des théories
J.-P. Martin, Eloge de l'apostat, essai sur la vita nova
A. Schiffrin, L'Argent et les mots
G. Mauger, C. Poliak, B. Pudal, Histoires de lecteurs
E. Marty, Roland Barthes, la littérature et le droit à la mort
J. Porée et G. Vincent (dir.), Paul Ricoeur, la pensée en dialogue
J. Herman et alii (dir.), L'Assiette des fictions. Enquêtes sur l'autoréflexivité romanesque
M. Traversier, Gouverner l'opéra. Une histoire politique de la musique à Naples 1767-1815
R. Pommier, René Girard. Un allumé qui se prend pour un phare
Marcel Proust, Cahier 71 "Dux" (2 vol.)
O. Mirbeau, Les 21 jours d'un neurasthénique