Fabula, la recherche en littérature (debats)

Polysémies. Littérature, arts et savoirs de la Renaissance: "(ad)MIRER"

Divers

Information publiée le mardi 18 novembre 2003 par Marielle Macé (source : Elsa Kammerer)

Lundi 24 novembre 2003, Ecole Normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris (Le lundi par quinzaine)

"(ad)MIRER"


Séminaire d’élèves
Polysémies – Littérature, arts et savoirs de la Renaissance.
Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.
Le lundi, par quinzaines, 18h–19h30 (salle annexe du CEA, RdC).


Lundi 24 novembre 2003
Anne-Hélène Klinger (Université de Lille 3):
"Figures de l'admiration et du ravissement chez Charles de Bovelles"


Le verbe mirer fait se rencontrer plusieurs champs sémantiques à la Renaissance. Le regard qui mire un objet – beauté féminine, merveille naturelle, œuvre d’art – l’observe, le contemple, se concentre sur lui, voire, dans les domaines de la chasse ou du jeu, le vise. La forme réflexive se mirer exprime la quête d’une règle, d’un exemple, d’un modèle à imiter, ou encore chez Montaigne, d’une connaissance de soi médiatisée par l’observation d’autrui. Il n’est qu’à mesurer l’engouement de cette époque pour les devises, médailles, emblèmes et autres représentations symboliques pour constater que le visible, l’exemplaire et l’admirable sont alors susceptibles de perceptions et de réalisations artistiques communes. Mirer, tout comme son composé admirer, renvoie à un état affectif intense, une « commotion de l’âme », qui se décline selon des modes parfois bien étrangers à notre admiration moderne, qu’il s’agisse de « l’ébaïssance » du voyageur, de la réaction suscitée par la merveille et le mystère, ou encore de l’inspiration du poète « tiré », « ravi en admiration ». Dans quelle mesure la connaissance humaine et l’activité scientifique, littéraire et artistique de la Renaissance sont-elles animées par ces « manières de voir » dont nous voudrions explorer la spécificité ? Si l’admiration constitue peut-être une des formes privilégiées de l’optimisme dont on crédite mainte réalisation de cette époque, ne fait-elle pas aussi l’objet, dans le contexte de l’imitation ou de la créance accordée aux miracles par exemple, de mises en garde et d’une certaine défiance ? Autant de questions que nous aimerions défricher ensemble, autour de textes connus et moins connus allant de la fin du Moyen Âge au seuil du XVIIe siècle, afin de discerner, au croisement d’approches disciplinaires différentes, ce que la polysémie d’(ad)mirer révèle du foisonnement complexe de la pensée, des arts et des savoirs de la Renaissance.


Renseignements :
Elsa Kammerer, elsa.kammerer@tiscali.fr
Anne-Hélène Klinger 03 20 90 93 87 / anne-helene.klinger@club-internet.fr
Anne-Laure Metzger-Rambach 01 34 93 79 81 / metzger-rambach@club-internet.fr


Responsable : Anne-Helene Klinger, Anne-Laure Metzger-Rambach, Elsa Kammerer

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