Fabula, la recherche en littérature ()

Saint-John Perse, mythes et présences

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Information publiée le samedi 19 juillet 2003 par Marielle Macé (source : Loïc Céry)


Pour le premier acte critique de la revue liée au site, sjperse.org propose ici la tenue d’un colloque d’un genre nouveau : il se déroulera entièrement en ligne, avant que les actes ne fassent l’objet dans un second temps d’une publication dans le premier numéro de La nouvelle anabase. Dans son fonctionnement, autour de la structure proposée plus loin, le colloque sera concrétisé progressivement par la sélection des contributions qui seront reçues et mises en ligne ; un forum de discussions fera office de l’équivalent des « tables rondes » dans les colloques classiques.

Présentation par Loïc Céry:

L’objet du colloque sera de produire une réflexion de fond autour des enjeux critiques et esthétiques soulevés par la plus récente floraison de taille des études persiennes, à savoir le Saint-John Perse sans masque de Joëlle Gardes Tamine, Colette Camelin, Renée Ventresque et Catherine Mayaux Le geste du commentaire critique qui a motivé cette étude est en effet au centre d’un projet de restitution de la présence de Perse, au-delà des mythes qui recouvraient jusqu’alors non seulement l’image du poète édifiée de son vivant par Perse, mais aussi la réception de l’œuvre elle-même, tant notre relation au texte est bel et bien conditionnée par cet écrin du volume des Œuvres complètes qui a vu le jour sous l’autorité tutélaire du poète en 1972.

Or, s’affranchir d’une telle emprise dans l’intention d’une nouvelle lucidité face au texte, c’est aussi poser une nouvelle fois, à partir du cas qui nous intéresse – celui d’un poète qui s’est voulu son propre éditeur – le problème du statut de l’auteur et de la mission critique face à son façonnement. Ce faisant, c’est redéfinir l’acte de lecture sous le paradigme de la lucidité, tant du point de vue biographique que de celui d’une connaissance éclairée de l’intimité littérale d’une poésie réputée pour ses énigmes. Connaître la genèse des poèmes de Saint-John Perse, est-ce abolir durablement l’énigme poétique, ou n’est-ce pas se donner les moyens de mieux l’appréhender, en connaissance de cause en quelque sorte ? D’évidence, les enjeux théoriques, esthétiques, intellectuels de ce débat sont nombreux, et il n’est pas excessif de penser que dans le cas de Saint-John Perse, on est certainement en présence d’un modèle canonique de cette phénoménologie toujours fragile du rapport du lecteur au texte, qu’on lui attribue le motif du pacte ou la figure de l’affranchissement.

Ce questionnement est donc inséparable, dans ses assises mêmes, du rôle joué dans ce rapport par la critique persienne qui, certainement au tournant de la trentaine d’années qui nous sépare de la parution de l’ « œuvre – Pléiade », connaît son âge de raison. Colloque de persiens ? A l’énoncé même sommaire de ces enjeux, il apparaît clairement pour autant, que le cas Saint-John Perse dépasse amplement une sphère d’initiés, pour intéresser l’ensemble de ceux, chercheurs, écrivains et fervents de la Littérature pour qui les termes d’ « œuvre », de « lecteur », d’ « auteur » sont à décliner dans une exigence toujours à conquérir, au-delà des modes et des époques. Ce débat mérite à coup sûr que soit exclu de son déroulement tout esprit polémique ; seul devront prévaloir ici les repères génériques d’un libre mais exigeant débat d’idées qui en motive l’organisation.


Url de référence :
http://www.sjperse.org/colloque.htm

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