Fabula, la recherche en littérature (debats)

Pierre Jourde against the World

Divers

Information publiée le mardi 25 février 2003 par Alexandre Gefen


La censure dont fait l'objet Pierre Jourde pour ses prises de position critiques a indigné comme nous nombre de lecteurs de ce grand journal qu'est Le Monde : en voici le fâcheux bilan, par sa victime elle-même (on trouvera sur Acta un compte rendu de la Littérature à l'estomac: http://www.fabula.org/revue/cr/312.php) :

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La récente parution de deux ouvrages satiriques, La Littérature sans estomac, de Pierre Jourde, puis Petit déjeuner chez Tyrannie, d’Eric Naulleau et Pierre Jourde, a donné lieu à des réactions musclées. En voici une liste, non exhaustive :

  • Interview de Jourde par Pierre Assouline, pour France Culture, annulé la veille sur intervention de la direction (printemps 2002).
  • Article de Jourde écarté du recueil Le Cadavre bouge encore sur intervention de Leo Sheer (fin 2002).
  • Article de Jourde sur l’université, à paraître en janvier 2003 dans Les Temps modernes, supprimé par Claude Lanzmann après une conversation téléphonique avec Josyane Savigneau. Dans le même numéro figure un extrait d’un ouvrage à paraître dans la collection « L’Infini », dirigée par Philippe Sollers (décembre 2002).
  • Article sur Petit déjeuner chez tyrannie rédigé, composé, puis censuré dans la revue Chronic’art sur intervention de Leo Sheer, ce qui entraîne la démission de l’auteur de l’article et d’autres membres de la rédaction (Janvier 2003).
  • Parution en collection « Pocket » de La Littérature sans estomac prévue pour le mois de mars 2003, mais reportée à une date ultérieure, afin de ne pas froisser Le Monde des livres (janvier 2003).
  • Suppression du partenariat entre Le Monde des livres et le salon du livre de Bron, à cause de la participation de Jourde à ce salon (janvier 2003).
  • Interview d’Eric Naulleau pour l’émission littéraire Campus, à laquelle participent Josyane Savigneau et Pierre Louis Rozynès, enregistrée, non diffusée.

Bienvenue dans un monde de liberté, où la responsable d’un rayon librairie, qui a émis quelques réserves sur le dernier Sollers, est contrainte d’envoyer à ce dernier une lettre d’excuses pour ne pas être licenciée. Sollers ou le chômage : il faut choisir.

Moscou 1937 ? Santiago du Chili 1979 ? Bucarest 1987 ? Szohod ?

Non, Paris, 2003.

Plekszy-Gladz ? Général Tapioca ? Colonel Sponsz ?

Non, mais de vertueux éditeurs, d’honnêtes journalistes, amoureux de la liberté, ennemis de toute censure, attachés au droit de critique. Dès lors bien sûr que ce droit ne s’exerce pas à leur encontre. Il y a des limites à la liberté.

Leurs mots d’ordre : Soyons dérangeants. Soyons rebelles. Mais que personne ne touche à l’ordre établi. La liberté, c’est pour ceux qui sont du bon côté. Le Monde est du bon côté. C’est Edwy Plenel qui le dit dans Livres Hebdo. Ceux qui critiquent Le Monde sont des ennemis de la liberté. Avec les ennemis de la liberté, il n’y a qu’une chose à faire. Les faire taire. Pénétrés de la justesse de ce raisonnement, un certain nombre de journalistes, de directeurs de publication, d’éditeurs, s’emploient à faire leur devoir.

Bienvenue dans le monde merveilleux de la liberté, selon Le Monde et quelques autres. Bienvenue chez les pleutres.

Pierre Jourde



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