Fabula, la recherche en littérature (debats)

A la mémoire de Monique Wittig

Divers

Information publiée le mercredi 8 janvier 2003 par Audrey Lasserre

Jeudi 2 janvier 2003

États-Unis Décès de Monique Wittig (Décès) par Xavier Héraud xavier@tetu.com

Monique Wittig, féministe radicale et écrivaine, est décédée le 2 janvier, à Tucson, en Arizona, où elle vivait et enseignait. Elle est l'auteure, entre autres, de l'Opoponax (1964), pour lequel elle avait reçu le prix Médicis, du Corps Lesbien (1973) et de La Pensée Straight, (1992 en anglais et publié en juin 2001 en français). Son oeuvre littéraire et théorique a eu une influence déterminante sur le mouvement féministe et lesbien en France, comme à l'étranger. Récemment Marie-Hélène Bourcier et Suzette Robichon lui avaient rendu hommage en publiant les actes du colloque qui lui était consacré en juin 2001, intitulé "Parce que les lesbiennes ne sont pas des femmes". Monique Wittig était âgée de 67 ans.

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Bibliographie

Wittig, Monique

Fictions

L'Opoponax.- Paris : Minuit, 1964.- 281p.

L'Opoponax / postf. de Marguerite Duras.- Paris : Minuit, 1983.- 287p.

Les Guérillères.- Paris : Minuit., 1969.- 208p.

Le Corps lesbien.- Paris : Minuit, 1973.- 188p.

Brouillon pour un dictionnaire des amantes / avec la collaboration de Sande Zeig.- Paris : Grasset, 1976.- 251p.

Virgile, non. - Paris : Minuit, 1985.- 137p.

Paris-la-politique : et autres histoires.- Paris : P.O.L., 1999.- 140p.

Théâtre

Voyage sans fin. Paris: Vlasta, 1985.- 52p.

Essais.

La Pensée Straight / traduction de The Straight minds and other essays.- Paris: Balland, 2001.- 157p.


Nombreux articles de Monique Wittig dans Questions féministes et Feminist Issues, entre autres.


Pour une bibliographie critique, me contacter (lasserre@fabula.org) ou se reporter par exemple à l'ouvrage de Catherine Ecarnot, L'écriture de Monique Wittig (L'Harmattan, Bibliothèque du féminisme, 2002).


En hommage à Monig Wittig, cet extrait du chapitre "La grande Pérégrine" dans <i>Voyage de la Grande Naine en Androssie<i> (ed Trois, 1993, Montréal) de Michèle Causse

"La Grande Griotte est celle qui du mot manquant fait le mot gagnant. A toute heure elle le forge en bec et du bris des cages libère les sons qui jamais ne furent en haleine expirés. Elle est à elle seule la Grande Volière des Anomalières. La plus Hurlevente des Lumineuses . La Grande Griotte crache sa langue en épines : " J'ai vu les Irradieurs irradier. J'ai vu les Médusées perdre le poil perdre la plume perdre la face. J'ai vu qu'il faut au Criminel un crime pour ne pas être incriminé ". La Grande Griotte toute d'acerbe lâche ses jets d'acide qui font oignons d'Anomale dans les oreilles oû ils vont se lover. Sortent aussitôt celles qui ont vision par d'autres trous celles qui ont flagelles de mercure au bout de la langue. Elles scandent " ad majora "et s'élèvent dans les airs. Summa con laude la Grande Griotte du radon fait rayon. De sa cotte en fuge de son masque en mailles elle fait mazette. Plus unique que rare elle est connue de toutes les Anomales d'Animalie .Qui toutes veulent la voir toutes veulent l'ouïr. Les Scribes de sang qui tout en glas de glotte savent le pouvoir de la nomination ne la nomment jamais même pour la raturer rayer radier rançonner ravir ruiner rosser rôtir rogner riper pas même pour la nuller en nulle. Seul le silence en broue de brume entoure les allées les venues de la Grande Griotte. Elle ne sait jamais elle-même où elle va ni parfois où elle est. Elle est dans le mouvement moment momentum étant toujours trois fois plus qu'elle n'est. Elle est celle qui change la gêne de la pensée en morphos et genèse. La Grande Griotte ne dit pas qu'elle produit la néo-née de bouche à oreille comme par enchantement. De toutes ses lèvres boutant déboutant le Grand Pavoiseur. Elle n'a jamais sa langue dans sa poche jamais ne l'avale jamais ne l'a trop longue ni trop verte ni trop sèche. Vraie Chevale de Troie qui cavale elle est sur tous les lieux de la planète disant " est mauvais ce qui fait diversion " et pure agente de conversion elle harangue la néo-née " ce que tu vois n'est pas ce qui est "La Grande Griotte a le mouvement dans les sangs. La hache à double tranchant lui coupant le front elle ne reste jamais dans un lieu après qu'elle en a enchanté les sons . De cure en crue elle lie les lieux ainsi que jamais avant elle on ne les lia on ne les lut. Antécédente en toute solitude de soi. Il faut l'écouter sur fond d'absence sans retrouver de ses chants un seul quatrain en soi. Elle est machette en jungle la reine des Laborieuses. Seule elle tient son âme entre ses mille canines pour naître en née.


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