Fabula, la recherche en littérature (debats)

Budget français 2003 de la recherche : un appel de scientifiques

Divers

Information publiée le vendredi 25 octobre 2002 par Alexandre Gefen (source : Henri-Edouard Audier )


Nous vous transmettons un message d'Henri-Edouard Audier, membre du CA du CNRS, qui est à l'initiative d'un appel au sujet du budget 2003 de la recherche.

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Chers collègues,

Le budget de la recherche est mauvais : il baisse de 1,3 % globalement mais de 13 % en crédits de paiement pour les moyens de recherche des organismes de recherche (INSERM : -9,6 % , INRA : -13,9 %, etc.), et de 6 % pour la recherche universitaire. Le budget du CNRS, qui concerne directement les plus de mille laboratoires mixtes ou associés aux universités, est catastrophique d'après le « bleu » du budget : moins 17 % en CP pour les moyens. Le prétendu « report de crédits du CNRS», par lequel le ministère justifie cette sanction, est une contrevérité. Je vous confirme, comme administrateur du CNRS, l'information donnée par Le Monde (01/10/02) : l'an passé, il n'y a eu que 6 % de reports sur la subvention de l'Etat. Ce chiffre ne sera que de 1 ou 2 % cette année.

La situation des créations d'emplois n'est pas meilleure. Alors que le (trop modeste) plan pluriannuel de l'emploi scientifique prévoyait la création de mille postes dans le supérieur et de 125 de chercheurs dans les organismes, il n'y aura que 420 créations pour les enseignants-chercheurs et 150 suppressions de postes de chercheur dans les EPST dont 137 au CNRS. Il est à craindre que ce budget 2003 ne soit pas un accident. Dans sa conférence de presse, la ministre de la recherche a annoncé que le taux de recrutement serait abaissé à 3 % de l'effectif par an, contre 4,5 % ces dernières années. C'est pourquoi « l'appel de scientifiques », placé en annexe et ci-dessous, a été lancé. Nous avons passé le cap des 4000 signataires (3850 "mises en forme" ci-jointes) et en auront 5000 la semaine prochaine représentant tous les secteurs, organismes ou universités de la recherche publique. Parmi les signataires : -- un millier de directeurs de laboratoires universitaires, chercheurs ou ingénieurs, - -les présidents des Conseils scientifiques du CNRS, de L'INSERM et le président du Comité scientifique de L'IFREMER. - -La quasi totalité des présidents de section du Comité National de la Recherche Scientifique ainsi que de nombreux présidents de section du CNU et de l'INSERM, des présidents d'université et des doyens. -- onze professeurs au Collège-de-France et plus de soixante membres ou correspondants de l'Académie des Sciences dont trois prix Nobel et une médaille Field.

Pour intervenir auprès des médias et des parlementaires avant le vote du budget, pour limiter les suppressions ou gels de crédits sur 2002 comme sur 2003, pour commencer à peser pour que le budget 2004 de la recherche comme celui de l'Enseignement supérieur ne soient pas dans la ligne de celui de 2004, nous avons fortement besoin de votre accord personnel.

NOUS AVONS SURTOUT BESOIN DE VOTRE SOUTIEN ACTIF, en diffusant cette lettre et cet appel par e-mail dans votre laboratoire, votre université ou votre discipline, en contactant d'autre universitaires ainsi que les personnalités, présidents d'université, présidents de section du CNU que vous connaissez, ou en intervenant auprès des parlementaires comme auprès des médias locaux..

Avec mes remerciements pour tout ce que vous avez déjà fait,

H.E. Audier Directeur de laboratoire, Membre du Conseil d'Administration du CNRS

Appel de scientifiques

La recherche scientifique joue un rôle déterminant dans la vie culturelle, sociale et économique d'un pays. Elle conditionne la qualité de l'enseignement supérieur comme le niveau scientifique et intellectuel de la population. Les demandes directement exprimées par la société en matière de recherche sont toujours plus nombreuses, diversifiées et complexes. Y répondre suppose un effort de recherche accru, en particulier dans la recherche publique sur laquelle repose, notamment, le développement et la transmission des connaissances.

Pourtant la France, comme la plupart des pays d'Europe, ne consacre qu'environ 2 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) à la recherche alors que les Etats-Unis et le Japon, qui accentuent actuellement leur effort, atteignent ou dépassent déjà les 3 %. C'est sans doute pour cette raison que, répondant à une recommandation de l'Union Européenne, le Président de la République s'est engagé à ce que "la France atteigne 3 % du PIB avant la fin de la décennie". Cet objectif suppose, en volume, une croissance annuelle cumulée de 5 % par an du potentiel de recherche, public et privé, et de l'ordre de 7 % en prenant en compte l'inflation.

C'est donc avec consternation que les soussignés ont appris que le budget civil de la recherche baissera l'an prochain de l'ordre de 3 % en euros constants et que, symbole fort, des emplois de chercheurs seront supprimés. Ils craignent de plus que cette diminution prélude à une période de récession comme la recherche en a déjà connu au cours des dernières décennies, entre 1993 et 1997 en particulier.

Ce coup d'arrêt à la remise à niveau de ces dernières années, au demeurant beaucoup trop lente, aura des conséquences lourdes sur le dynamisme de notre recherche. Elle affaiblira, de plus, l'attractivité de la France vis à vis des chercheurs et étudiants étrangers comme vis à vis des entreprises, quant au choix du site d'implantation de leurs centres de recherche ou de leurs technologies de pointe. Elle aura des conséquences néfastes sur l'efficacité de la recherche industrielle comme sur la formation par la recherche de nos cadres. Bref, par ce choix budgétaire, la France entre amoindrie et à reculons dans l'espace européen de la recherche qui se construit et fragilisera ses coopérations internationales. Il est donc plus que jamais indispensable de donner aux laboratoires un potentiel humain et des moyens compétitifs avec ceux des pays les plus avancés.

Dans un contexte français et européen marqué par la stagnation, voire la diminution, du nombre d'étudiants et de doctorants dans de nombreuses disciplines de base, il faut donner un signal fort, marquant l'intérêt que porte le gouvernement à la recherche et à l'enseignement supérieur, afin d'attirer vers ces métiers les jeunes les plus aptes. Pour ce faire, il conviendrait d'afficher des perspectives de recrutement incitatives, de porter les allocations de thèse à un montant décent et de rendre plus attractives les carrières.

Les soussignés estiment indispensable que le gouvernement, par une programmation pluriannuelle de l'emploi et des moyens de la recherche, donne un contenu concret à l'objectif d'atteindre les 3 % du PIB. Ils demandent qu'une première étape soit franchie en ce sens dès le prochain budget. Pour le moins, ils souhaitent que le gouvernement respecte les précédents engagements, pourtant modestes, que l'Etat avait pris vis à vis de la recherche et de l'enseignement supérieur : plan pluriannuel de l'emploi scientifique, autorisations de programme votées, plans Etat-région.

Pour signer : envoyer une phrase d'accord à hea@dcmr.polytechnique.fr . C'est, très, très long de mettre au même format des milliers de signatures. Pour aider à l'établissement de la liste, ayez la gentillesse de signer dans le format suivant : Durand H., MC (ou DR, Pr, I pour ITA, T pour thésard), titre éventuel (Dir.lab.,Cons. Sci. de., membre de la setion xx du Comité National ou CNU, etc.), organisme ou université.


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