Fabula, la recherche en littérature (debats)

Mastérisation: appel de l'IUFM de Besançon, motions de l'AG du Havre, motions des conseils de Montpellier 2 et 3, communiqué de la CDUL...

Points de vue et débats

Information publiée le mercredi 3 mars 2010 par Bérenger Boulay


Ci-dessous:

  • motions de l'AG de l'Université du Havre
  • communiqué de la CDUL
  • appel des formateurs de l'IUFM de Besançon
  • motions des conseils centraux de Montpellier 2 et 3
  • Lettre de N. Petiteau, professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Avignon (mars 2010)

[ voir aussi: Masterisation: tous les communiqués et toutes les motions ]


Motions adoptées par l'Assemblée Générale de l'Université du Havre du vendredi 26 février 2010 :

Motion 1:
L'assemblée générale de l'université du Havre réunie le 26 février exige le retrait de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du primaire et du secondaire dite de "Mastérisation" et réclame l'ouverture d'une véritable négociation avec toutes les instances représentatives.
Motion 2:
L'assemblée générale de l'université du Havre réunie le 26 février demande à l'ensemble des conseils d'UFR de l'université du Havre de se prononcer sur la non-remontée des maquettes spécialité "Métiers de l'enseignement et de la formation".
Motion 3:
L'assemblée générale de l'université du Havre réunie le 26 février demande à la présidence de l'université du Havre la réunion d'un Conseil d'Administration extraordinaire afin de se positionner sur la non-remontée des maquettes spécialité "Métiers de l'enseignement et de la formation, comme l'ont déjà fait de nombreux CA. [ Mastérisation: front du refus ]


Communiqué de la CDUL (Conférence des Doyens, Directeurs et Directrices des UFR (Unités de formation et de recherche) de Langues, Lettres Arts, Sciences humaines et sociales en date du 6 février 2010

Réunis à Brest, à l'UFR Lettres et Sciences humaines de l'université de Bretagne occidentale les 5 et 6 février 2010, les directeurs d'UFR de 25 universités ont échangé sur les thématiques suivantes : le mode de gouvernance des universités les référentiels de Licence et de Master le Plan Réussite en Licence la formation des futurs enseignants et la mastérisation l'insertion professionnelle 1. Par la mobilisation de très nombreux collègues directeurs de composantes lors de ces journées (...)

Lire la suite sur le site de SLU.


APPEL DES FORMATEURS IUFM REUNIS EN ASSEMBLEE GENERALE

Mardi 23 février 2010 à Montjoux.

Les formateurs de l'IUFM de Franche-Comté, réunis en assemblée générale ce mardi 23-02-2010, appellent tous leurs collègues, tous les étudiants de l'IUFM et de l'Université à soutenir le mouvement national de contestation de la réforme dite de « mastérisation » .

La CPU (Conférence des Présidents d'Universités), la CDIUFM (Conférence de Directeurs d'IUFM), le CNESER (Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche), l'ensemble des sociétés savantes, la quasi-totalité des syndicats et certaines associations de parents d'élèves ont tous appelé à une remise à plat de cette réforme et à un vrai débat sur le système de formation des enseignants.

Au fil des circulaires et arrêtés, cette réforme se dévoile: elle n'a nullement pour objectif de réformer un système de formation des enseignants mais simplement de détruire celui en cours. Elle participe en cela au processus de sape de l'enseignement public et plus généralement de la fonction publique.

• Contrairement à ce qui a pu être avancé, l'application de cette réforme entraînerait une dégradation considérable de la formation disciplinaire et professionnelle des enseignants. La simple lecture des textes de cadrage des masters montrent que ceux-ci ne pourront ni préparer à une recherche de bon niveau dans les diverses disciplines, ni rehausser la qualité de la formation professionnelle.

• La mise en oeuvre de cette réforme en septembre 2010 créerait une confusion sans précédent pour la session 2010-2011 des concours de recrutement des enseignants. De plus, le calendrier des concours, qui fixe les épreuves d'admissibilité à l'automne 2010, empêche toute préparation sérieuse.

Nous appelons tous les départements de l'IUFM et de l'Université à se réunir pour en discuter dans les jours qui viennent. Il faut refuser:

• La mise en concurrence des collègues et des établissements (« si nous n'élaborons pas les maquettes, d'autres le feront ») : l'an dernier, cet argument n'a pas fonctionné et il ne fonctionnera pas non plus cette année si le mouvement de contestation est fort.

• L'alibi de l'intérêt de nos étudiants (« il faut bien prévoir une formation pour les étudiants qui arrivent ») : notre responsabilité de formateurs vis-à-vis de nos étudiants n'est pas seulement dans l'offre de formation; elle est aussi de ne pas contribuer à les orienter vers une réserve de « vacataires », futur alibi à la suppression des concours. Où est l'intérêt des étudiants lorsque, à l'issue de leur master, ils seront soit sans emploi, soit à temps plein en classe sans réelle formation professionnelle ?

• Le chantage à la survie de l'IUFM (« si l'IUFM ne fait pas ces maquettes, il disparaîtra »): c'est la proposition contraire qui est la plus plausible. Accepter la masterisation c'est revenir aux Écoles Normales car l'IUFM est chargé de piloter le master du premier degré, pendant que ceux du second degré sont redirigés vers les UFR. Sans compter toutes les autres tâches traditionnellement assurées par les IUFM en deuxième année et qui sont subrepticement redirigées vers d'autres instances.

Nous appelons tous les collègues de l'IUFM et de l'Université qui s'opposent à cette réforme à:

• Refuser de participer à l'élaboration des maquettes de master,

• Appeler le CA de l'Université et le CE de l'IUFM à s'opposer concrètement à cette réforme, en

refusant de remonter les maquettes.

Pour cela, nous appelons à un RASSEMBLEMENT DES ETUDIANTS ET FORMATEURS DE L'IUFM Vendredi 26 février 2010 à 13h30 à Griffon pour demander le soutien du Conseil d'École qui aura lieu à 14h ce jour-là et de la Direction de l'IUFM. D'autre part, pour faire le point et envisager d'autres actions : ASSEMBLEE GENERALE DES ETUDIANTS ET FORMATEURS DE L'IUFM Mercredi 3 mars 2010 à 17h30 à Montjoux. [ Mastérisation: front du refus ]

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Mastérisation: motions des CA et CEVU

Ci-dessous quatre variantes d'un même motion sur la masterisation qui on été adoptées en janvier-février dans les conseils centraux des universités Montpellier 2 et 3.


Motion adoptée par le CA de l'Université Montpellier 3 à l'unanimité moins une abstention le 19 janvier 2010 :
Refusant d'entendre les protestations émises par nombre d'instances et de syndicats, le Ministère a publié au JO du 6 janvier le descriptif des épreuves des concours : l'uniformisation à deux épreuves écrites et deux épreuves orales dans tous les concours aboutit aux absurdités et aux lacunes attendues. Le Conseil d'Administration de l'Université Paul-Valéry demande à ce que les spécificités de chaque discipline soient respectées.
Un certain nombre de rectorats ont annoncé de quelle manière ils entendaient régler la question de l'année de stage des lauréats des concours à la rentrée prochaine. Afin d'affecter les stagiaires sur des postes à 18h et d'assurer ainsi les supressions de postes promises, le Ministère a conçu des stages « massés », c'est-à-dire annualisés qui ne sauraient assurer aux enseignants débutants une formation de qualité. Grâce à ce dispositif, pas moins de 30 000 élèves dans notre académie (250 stagiaires, 4 ou 5 classes de 30 élèves chacun) changeront 3 fois de professeurs dans une année : stagiaire, contractuel, étudiant. Quant aux tuteurs, ils prendront leurs classes … à la Toussaint si l'on trouve assez de TZR ou de contractuels pour les remplacer. Le Conseil d'Administration de l'Université Paul-Valéry demande à ce que ce dispositif qui constitue une aberration pédagogique et est absolument impossible à organiser par les chefs d'établissement soit abandonné. Il demande le retour à une formation hebdomadaire dans le cadre d'un service allégé à 12h.
Enfin, le Conseil d'Administration demande instamment à ce que le Ministère ouvre de nouvelles discussions sur la question cruciale de l'organisation du Master qui, en l'état du projet, a des conséquences catastrophiques à la fois pour la formation des futurs enseignants et la formation à la recherche à l'université.
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Motion adoptée par le CEVU de l'Université Montpellier 3 à l'unanimité moins 2 refus de vote :
Refusant d'entendre les protestations émises par nombre d'instances et de syndicats, le Ministère a publié au JO du 6 janvier le descriptif des épreuves des concours : l'uniformisation à deux épreuves écrites et deux épreuves orales dans tous les concours aboutit aux absurdités et aux lacunes attendues. Le CEVU de l'Université Paul-Valéry demande à ce que les spécificités de chaque discipline soient respectées.
Un certain nombre de rectorats ont annoncé de quelle manière ils entendaient régler la question de l'année de stage des lauréats des concours à la rentrée prochaine. Afin d'affecter les stagiaires sur des postes à 18h et d'assurer ainsi les supressions de postes promises, le Ministère a conçu des stages « massés », c'est-à-dire annualisés qui ne sauraient assurer aux enseignants débutants une formation de qualité. Grâce à ce dispositif, pas moins de 30 000 élèves dans notre académie (250 stagiaires, 4 ou 5 classes de 30 élèves chacun) changeront 3 fois de professeurs dans une année : stagiaire, contractuel, étudiant. Quant aux tuteurs, ils prendront leurs classes … à la Toussaint si l'on trouve assez de TZR ou de contractuels pour les remplacer. Le CEVU de l'Université Paul-Valéry demande à ce que ce dispositif qui constitue une aberration pédagogique et est absolument impossible à organiser par les chefs d'établissement soit abandonné. Il demande le retour à une formation hebdomadaire dans le cadre d'un service allégé à 12h.
Enfin, le CEVU demande instamment à ce que le Ministère ouvre de nouvelles discussions sur la question cruciale de l'organisation du Master qui, en l'état du projet, a des conséquences catastrophiques à la fois pour la formation des futurs enseignants et la formation à la recherche à l'université.
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Motion adoptée par le CEVU de l'université Montpellier 2 le 4 février à l'unanimité moins un refus de vote :
Refusant d'entendre les protestations émises par nombre d'instances et de syndicats, le Ministère a publié au JO du 6 janvier le descriptif des épreuves des concours et les dispositifs de mise en stage.
Un certain nombre de rectorats ont annoncé de quelle manière ils entendaient régler la question de l'année de stage des lauréats des concours à la rentrée prochaine. Afin d'affecter les stagiaires sur des postes à 18h, le Ministère a conçu des stages « massés », c'est-à-dire annualisés qui ne sauraient assurer aux enseignants débutants une formation de qualité. A cause de ce dispositif, pas moins de 30 000élèves dans notre académie (250 stagiaires, 4 ou 5 classes de 30 élèves chacun) changeront 3 fois de professeurs dans une année : stagiaire, contractuel, étudiant. Quelles conséquences pour l'éducation scolaire ?
Le CEVU de l'Université Montpellier 2 demande à ce que ce dispositif qui constitue une aberration pédagogique soit abandonné. Il demande le retour à une formation hebdomadaire dans le cadre d'un service allégé à 12h.
Enfin, le CEVU de l'UM2 demande instamment à ce que le Ministère ouvre de nouvelles discussions sur la question cruciale de l'organisation du Master qui, en l'état du projet, a des conséquences catastrophiques à la fois pour la formation des futurs enseignants et la formation à la recherche à l'université.
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Motion adoptée par le CA de l'université Montpellier 2 le 12 février à l'unanimité :
Refusant d'entendre les protestations émises par nombre d'instances et de syndicats, le Ministère a publié au JO du 6 janvier le descriptif des épreuves des concours et les dispositifs de mise en stage.
Un certain nombre de rectorats ont annoncé de quelle manière ils entendaient régler la question de l'année de stage des lauréats des concours à la rentrée prochaine. Afin d'affecter les stagiaires sur des postes à 18h, le Ministère a conçu des stages « massés », c'est-à-dire annualisés qui ne sauraient assurer aux enseignants débutants une formation de qualité. A cause de ce dispositif, pas moins de 30 000élèves dans notre académie (250 stagiaires, 4 ou 5 classes de 30 élèves chacun) changeront 3 fois de professeurs dans une année : stagiaire, contractuel, étudiant. Quelles conséquences pour l'éducation scolaire ?
Le CA de l'Université Montpellier 2 demande à ce que ce dispositif qui constitue une aberration pédagogique soit abandonné. Il demande le retour à une formation hebdomadaire dans le cadre d'un service allégé à 12h.
Enfin, le CA de l'UM2 demande instamment à ce que le Ministère ouvre de nouvelles discussions sur la question cruciale de l'organisation du Master qui, en l'état du projet, a des conséquences catastrophiques à la fois pour la formation des futurs enseignants et la formation à la recherche à l'université.


Lettre de N. Petiteau, professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Avignon (mars 2010)

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3527

Monsieur le président, Monsieur le vice-président, chers collègues,

Je me permets de vous écrire au sujet de la réforme du CAPES, dont j'ai la charge pédagogique à l'Université d'Avignon. Je le fais au nom de tous mes collègues historiens d'Avignon.

Nous tentons de bâtir une maquette pour la mise en place de la réforme et c'est à ce sujet que je souhaite vous faire part d'une perplexité que je partage avec l'immense majorité de mes collègues d'Avignon et des autres Universités. Personne en effet ne peut trouver le moyen de faire fonctionner les maquettes que nous parvenons tant bien que mal à bâtir, avec toutes les contraintes qu'implique la réforme. Car ces maquettes une fois bâties, ce qui n'était pas une mince affaire, la question de la date des écrits d'une part, de celle de la publication des programmes d'autre part, nous empêche de les faire fonctionner. Les problèmes, en effet, sont nombreux :

1° La date des écrits en 2010 : comment faire pour préparer, pour les nouveaux étudiants qui souhaiteraient passer le concours l'an prochain, 6 questions en 6 semaines de cours (du 1er septembre au 15 octobre 2010, afin de leur laisser le temps de révision souhaité) : ils sont tous en train, de toutes façons, d'achever leur mémoire de M1 ou de M2 et ne peuvent pas utiliser leur temps de juin pour autre chose. En juillet, tous ont une activité salariée, en août les Universités sont fermées, et nous ne voulons pas croire que les inventeurs de la réforme souhaitent que nous fassions cours pendant les deux mois d'été, qui sont en général les seuls qui nous restent pour avancer nos recherches.

2° Pour les années à venir, cette date des écrits impose que nous partagions le temps de cours entre avril-mai puis septembre-octobre  : il faut en effet deux mois minimum entre la publication d'une question et le début des cours, car le contenu de ces cours demande un réel temps de préparation, j'espère qu'aucun membre du jury ne le contestera. Puis juin est tellement encombré que je ne vois pas comment nous pouvons envisager de faire cours ce mois-là : en plus des examens et corrections de copies de licence, les enseignants sont en train de corriger des mémoires de master et d'assumer les jurys associés, sans oublier les colloques, le plus souvent placés durant ce mois-là puisque c'est celui où jusqu'à présent il n'y avait plus cours...

3° Quoi qu'il en soit, ce calendrier de la réforme implique en réalité de faire deux années universitaires en une, de mener de front deux calendriers universitaires opposés l'un à l'autre, l'un commençant en septembre, l'autre commençant en avril ! : c'est intenable et scandaleux.

4° Cela pose de toutes façons d'énormes problèmes pratiques. Outre l'insatisfaction devant des enseignements intervenant de part et d'autre de juillet-août, comment gérer les services des enseignants ?

5° Par ailleurs, comment faire pour permettre à un étudiant qui voudrait faire un vrai MASTER recherche de ne pas perdre une année pour s'engager, après un M2 soutenu en juin au mieux, dans une préparation qui, pour ce qui est des questions au programme, a commencé en avril ?

Personne n'a tenu compte des refus de la réforme du CAPES exprimés unanimement et avec conviction, y compris par la CPU. Nous avons quand même tenté de faire des maquettes. Mais, pour ce qui est du CAPES d'histoire-géographie, avec une telle organisation des programmes, nous ne pouvons pas faire fonctionner ces maquettes, avec la meilleure volonté du monde. Le calendrier proposé est intenable et ridicule. Que pouvons-nous faire ? Comment organisez-vous les choses, vous-mêmes, dans votre Université ? Si, à la rigueur, nous connaissions les questions un an et et demi à l'avance, ce deviendrait un peu plus facile. Pourriez-vous au moins plaider notre cause sur cela et obtenir la publication des programmes par exemple pour le concours 2012 en février 2011, et obtenir que pour le concours 2011 nous sachions dès maintenant que le programme actuel sera maintenu ?

Dans l'espoir que vous pourrez nous aider, je vous prie de bien vouloir agréer, chers collègues, l'expression de mes salutations distinguées

Natalie PETITEAU - Professeur d'histoire contemporaine - Université d'Avignon. UFR Lettres, 74 rue Louis Pasteur. 84 029 AVIGNON CEDEX






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