Références
En
redistribuant les pièces d'un ancien puzzle déjà remanié par la
tradition classique, et en suivant les traces de Monteverdi, la
collaboration entre Gluck et Calzabigi (1762) consacre la version
moderne du mythe d'Orphée qui se fige en un composé éthéré de musique
chantante et d'amour devant lequel chacun est tenu de se pâmer en
silence. Leurs successeurs, de Jean Cocteau à Marcel Camus, vont s'y
engouffrer sans guère modifier le « message » prétendu apaisant du
mythe. Seuls Crémieux et Halévy par la suite (pour la musique de Jacques Offenbach) éreintent
le personnage d'Orphée d'une manière clairvoyante : mais il n'est
question ici que de la version attestée par l'opéra « sérieux » et
répandue dans l'opinion de nos jours.
Devant la toute-puissance des sons exhalés
par la voix de la passion, devant la toute puissance de ce langage
universel et émotif qui se présente dès lors comme la musique, il n'y a
rien à dire, et il n'est pas bien vu de penser. L'un des mots d'ordre
les plus ténébreux de la modernité s'affiche par là. Erigé en religion
du coeur, l'art réconcilie les esprits en faisant taire la raison
querelleuse. De ce terrible pathos consensuel, « la » musique devient
la référence et Orphée, héros pneumatique et apaisant, devient le
champion.
Cela ne va pourtant pas de soi. Il n'est nullement certain que la
musique existe, ni qu'elle doive nécessairement adoucir les moeurs en
vertu d'un pouvoir occulte. Il n'est pas certain non plus que Orphée
soit un irréprochable amant et un mari attentionné, trop enclin à
écouter la voix de l'amour. Les deux questions sont étroitement liées,
et leur liaison apparaît à l'examen des déformations considérables que
le mythe moderne, en se constituant, fait subir aux versions classiques
du mythe ancien transmises notamment par Ovide et Virgile. Pour prendre
la mesure de cette déformation-reconversion, il est opportun
d'effectuer une remontée en deux temps qui jettera un éclairage sur la
face sombre du mythe, y compris celle du mythe moderne.
Site de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes
ALIA : Atelier littéraire d'ici et d'ailleurs
Saint-John Perse, le poète aux masques (Sjperse.org) - Nouvelle version du site internet
HeLix (Heidelberger Beiträge zur romanischen Literaturwissenschaft) 1-2009
"James Joyce pour les nuls", par P. Assouline (blog Larepubliquedeslivres)
Les enjeux de l'édition numérique
"Le formalisme en Russie". Entretien avec Catherine Depretto (Vox Poetica)
Actes du Colloque FLE à San Juan, Puerto Rico
Études françaises, vol. 45, no 3 (2009) - Figures de l'héritier dans le roman contemporain
Voix et images, vol. 35, no 1 (no 103, automne 2009) - Herménégilde Chiasson
"Lire Tolkien" par C. Delattre (laviedesidees.fr)
"Du nouveau sur Descartes", par P. Assouline
Dossier Werner Kofler (site Oeuvres ouvertes)
Réel-Virtuel n°1 : Textures du numériques
Les Dossiers du GRIHL (2009-2): Dissidence et dissimulation
Revue Flaubert n° 9 : Flaubert et la confusion des genres
Signes, discours et sociétés, n°4: Visions du monde et spécificité des discours
Hors-sol, nouvelle revue sans attache (premier dossier: M. Blanchot)
"On a retrouvé le figurant Destouches", par P. Assouline
Descartes est-il bien mort de mort naturelle?, entretien avec Th. Ebert (Books/Rue89)