Du foutage de gueule comme politique de l'Éducation Nationale
Les propositions de L. Chatel pour remplacer les enseignants absents et faire de la garderie à l'école: des "jeunes retraités" (des personnes plutôt âgées, donc), des précaires recrutés à Pôle emploi et des étudiants qui ne sont
"pas encore admis aux concours", qui en fait ne le seront peut-être pas (tant qu'il reste des concours...).
Il n'y a pas si longtemps, il existait encore des titulaires sur zone de remplacement (TZR, en voie de dispariton) pour remplacer les enseignants absents. Avec l'assouplissement du dispositif "entre académies", les derniers TZR vont être servis.
Remplaçants non qualifiés, mastérisation, suppressions de postes... l'école publique française est entre de très mauvaises mains, mais vous pourrez toujours scolariser vos enfants dans le privé, si vous en avez les moyens.
L'Université n'est pas en reste: voir Du foutage de gueule comme politique de l'enseignement supérieur - communiqué de SLU, 20 janvier 2010.
Les raisons de relancer la mobilisation ne manquent décidément pas: après la journée de grève du 21 janvier 2010 (actions prévues partout en France), une prochaine CNU se réunira à Paris le 25 janvier, avant une manifestation nationale "De la Maternelle à l'Université" à Paris le samedi 30 janvier.
Bérenger Boulay
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Dépêches AFP du 20 janvier 2010:
"On veut des remplaçants, et des titulaires, pas des précaires" (...) "ils suppriment des postes d'enseignants, pour nos classes on veut des remplaçants".
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" Il a remplacé le prof… de son fils"
Article du Parisien du 20/01:
« On a beau avoir bac + 8, on ne s'improvise pas prof de collège. » Jacques Fossey, 66 ans, est parvenu à cette conclusion après avoir joué pendant deux mois au professeur de technologie. Président de la Fédération locale de parents d'élèves (FCPE) de Coulommiers (Seine-et-Marne), ce chimiste du CNRS en fin de carrière a accepté de remplacer, après les vacances de la Toussaint, une enseignante du collège de ses enfants, en congé maternité. Une vacation de dix-huit heures hebdomadaires, payée 36 € de l'heure, dans un établissement réputé tranquille. « C'est l'administration qui a soufflé l'idée, raconte-t-il. J'ai d'abord dit non… Puis oui, poussé par la curiosité de connaître l'école sous un autre jour. » Il n'a pas été déçu et son expérience tient du sketch.
« On m'a dit : “Ta salle, c'est la 17, voilà les clés ” » « Un inspecteur du rectorat m'a embauché un vendredi, après un entretien d'une heure, se souvient-il. Le lundi matin, j'étais en poste. On m'a dit : Ta salle, c'est la 17, voilà les clés . » Le début des ennuis. « Dès que j'écrivais au tableau, les avions en papier volaient dans tous les sens, on se serait cru à Roissy ! s'exclame le chercheur en secouant sa crinière blanche. Il faut un minimum de formation pour affronter 30 adolescents, le mot discipline n'a pas de sens pour eux. »
Lire la suite de l'article sur le site du Parisien.
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Depuis plusieurs semaines, les contours de la réforme de la formation des enseignants sont connus de l'ensemble des acteurs du dossier. À l'exception du ministère, tous s'accordent pour dire que cette réforme est absurde, impossible à mettre en oeuvre et néfaste. La Conférence des présidents d'universités a même jugé utile de rappeler dans un communiqué un brin optimiste que « le gouvernement [avait] fait des choix lourds de conséquences qu'il devra assumer » (CPU, 21 janvier 2010).
C'est le moment choisi par Luc Chatel pour lancer une grande offensive de communication abondamment relayée sur le thème de « l'absentéisme » des enseignants, en feignant d'ignorer que c'est la politique de non-remplacement d'un professeur partant en retraite sur deux qui a privé l'Éducation nationale du volant de remplaçants qualifiés dont elle disposait jusqu'alors.
Quelle solution propose Toto Chatel ? « Nous devons diversifier et enrichir notre vivier de remplacement, par exemple […] avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours. » (Europe 1, 20 janvier 2010) Formidable et lumineuse idée que de considérer que c'est précisément dans les lieux où l'on apprend et où l'on apprend à apprendre, que le recours à des personnels sans formation professionnelle est une solution. Quel culot, élève Chatel !
Lire la suite.
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Sur le site de Libération le 20/01/2010:
Le ministre de l'Education envisage, entre autres, «des partenariats avec Pôle emploi, en mobilisant ici ou là de jeunes retraités de l'Education nationale ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours.
Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a annoncé mercredi sur Europe 1 qu'il allait proposer trois pistes aux syndicats pour améliorer le système de remplacement des enseignants absents, en citant notamment la possibilité de «partenariats avec Pôle emploi».
«Je vais travailler avec les organisations syndicales sur plusieurs pistes», a déclaré Luc Chatel, parlant d'«améliorer le système par trois moyens»: une plus grande «réactivité», une plus grande «souplesse» et la diversification du «vivier» des remplaçants.
«Aujourd'hui, on remplace trop lentement les professeurs absents», il y a «un délai de carence de 14 jours pendant lesquels le lycée doit se débrouiller avec un professeur absent» et «c'est seulement au bout de 14 jours que le rectorat intervient, il faut que dès le premier jour les autorités académiques soient mobilisés», a-t-il expliqué.
Deuxième point, «si vous avez un manque de professeurs de mathématiques à Paris et que vous avez des professeurs de mathématiques disponibles à Créteil, et bien les professeurs de Créteil ne peuvent pas aller à Paris. Donc on va assouplir ce dispositif» entre académies, a-t-il ajouté.
«Troisième exemple: nous devons diversifier et enrichir notre vivier de remplacement, par exemple avec des partenariats avec Pôle emploi, en mobilisant ici ou là de jeunes retraités de l'Education nationale ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours», a-t-il poursuivi.
Interrogé pour savoir si les difficultés de remplacement n'étaient pas une conséquence des suppressions de postes de professeurs, le ministre a répondu «non, ce n'est pas un problème nouveau, il est nettement antérieur à la question de la réduction des postes dans l'Education nationale».
(Source AFP)
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Le message suivant a été envoyé par la présidence à tous les étudiants de l'Université de Lille 1 :
"Vous avez envie de partager votre intérêt pour votre discipline avec des élèves.
Vous avez pour projet de devenir enseignant.
Vous
êtes titulaire d'une licence et vous souhaitez avoir une
première expérience de terrain, le rectorat de l'Académie de Lille vous
propose une mission de suppléance rémunérée en collège, lycée ou
lycée professionnel, en tant que vacataire.
Les vacataires
sont recrutés pour effectuer des suppléances en lycée ou en collège
dans la limite de 200 heures à l'année. Ils peuvent effectuer selon les
besoins en suppléance soit des missions courtes de 18 heures par
semaine (jusqu'à ce que les 200 heures soient effectuées), soit
des missions longues (à partir de maintenant et jusqu'à la fin de
l'année) de 2 à 6 heures par semaine.
Ils peuvent être amenés à effectuer ces missions de suppléance sur l'ensemble de l'académie de Lille.
Les vacataires peuvent être rémunérés à l'heure effectuée devant élève pour un montant de 34.30 euros de l'heure.
Il
est également possible, si cela s'avère nécessaire, une fois le
quota de 200 heures effectué, de poursuivre les suppléances avec un
statut de contractuel. Le
statut de contractuel consiste en une rémunération forfaitaire dont le
montant varie selon le niveau du diplôme le plus élevé du candidat."
Ce type d'annonce n'est pas nouveau. Cela fait déjà plusieurs années que les rectorats demandent aux universités d'en publier de semblables. Celle-ci était en ligne sur plusieurs sites, notamment sur celui de Lille 2, comme le prouve une recherche sur Google.
Les annonces peuvent avoir été supprimées, mais on peut la retrouver grâce au "cache" de Google (cliquer sur "en cache").
(ex: www.univ-lille2.fr/.../vous-avez-pour-projet-de-devenir-enseignant.html?... - En cache - Archives).
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Instits non remplacés : le ras-le-bol des parents d'élèves - par Marie Kostrz, Rue 89, 21 janvier 2010Lire cet article sur le site de Rue89 ou sur SLU.
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Le mal-être des écoles de Seine-Saint-Denis - Mediapart, le 22 Janvier 2010.
http://www.mediapart.fr/journal/france/220110/le-mal-etre-des-ecoles-de-seine-saint-denis Les
syndicats d'enseignants de la Seine-Saint-Denis et les parents d'élèves
de la FCPE protestent depuis octobre 2009 contre les problèmes de
remplacements dans les écoles de leur département. Samedi 23, ils se
réuniront pour décider de leurs prochaines journées d'action.
Mercredi, ils étaient déjà une centaine de personnes à battre le
pavé rue de Solférino aux abords du ministère de l'éducation. Ces
enseignants et parents d'élèves du département de la Seine-Saint-Denis
se sont réunis à l'appel de quatre organisations syndicales (Sud
éducation 93, SNUipp-FSU 93, Snudi-FO 93 et CGT Educ'action 93) et de
la FCPE. Le député et président du conseil général de
Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone (PS), a apporté son soutien à cette
mobilisation. «Faute de dotations suffisantes, les inspections
académiques sont confrontées à une véritable pénurie d'enseignants
remplaçants», a-t-il dénoncé dans un communiqué. Il a «alerté» le
ministre «sur les insuffisances de la politique éducative menée en cas
d'absence des enseignants titulaires dans les écoles publiques
élémentaires».
Cette question semble plus épineuse qu'avant du fait de la réforme de formation des maîtres.
Lire la suite (site de SLU).
Photos de la manifestation parisienne du 21 janvier 2010 et reportage audio.
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Acrimed:
De l'art de tout mélanger. Comment et avec quels effets.
Le Parisien-Aujourd'hui en France édite deux médias : un journal
imprimé et un site Web. Deux médias bien différents, qui hiérarchisent
l'information à leur manière.
Lire la suite.
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ABSENCES DES PROFESSEURS : A QUI LA FAUTE ?
Le SNALC considère
comme inadmissible l'insistance malsaine avec laquelle certaines
organisations de parents et certains médias ne cessent de faire des
gorges chaudes à propos de « l'absentéisme » supposé des personnels
enseignants. Au lieu de focaliser sur le seul manque d'effectifs,
devenu insupportable dans ce contexte explosif, ces derniers feraient
bien de s'interroger aussi sur les raisons, toutes les raisons, qui
contraignent les enseignants à s'absenter - pas plus que d'autres
catégories, pourtant - en dehors des congés "classiques".
Lire la suite.
Les demandes des universitaires viennois, par C. Denker (SLR 08/03/10)
La DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft) revient à l'évaluation qualitative
La grande mutation. Néolibéralisme et éducation en Europe (I. Bruno, P. Clément, C. Laval)
"Ce qu'autonomie veut dire…" Lettre de J.-F. Bayart (CNRS) à V. pécresse (Agora 08/03/10)
"Quelques remarques sur une agence qui fâche : l'AERES" - document du C3N (04/0310)
Mastérisation: motion de l'UFR d'histoire de l'Université Paris 1 (02/03/10)
"ZEP : le grand bal des données disparues" (Quelle école pour demain? 03/03/10)
12 mars 2010: grève, manifestations, rassemblements et AG
Bologna burns: infos pratiques pour le contre sommet du 11 au 14 mars 2010 + "basic discussion"
"La réforme des lycées contre les sciences sociales" (CVUH 04/03/10)
"Grève européenne". Appel à mobilisation en mars 2010 (reseau.europe.eu)
Mastérisation: motion du CA de l'Université de Strasbourg (23/02/10)
Un doctorant de Paris 1 placé en centre de rétention en vue de son expulsion (AFP 06/03/10)
Motions concernant les "primes d'excellence scientifique" (SLU)