Fabula, la recherche en littérature (debats)

"Formation bradée, élèves en danger!" (collectif étudiants IUFM)

Points de vue et débats

Information publiée le mardi 19 janvier 2010 par Vincent Ferré (source : Coordination Nationale des Universités, CNFDE, SLU)


enseigner, un métier qui s'apprend: sauvons la formation des enseignants_collectif étudiant de [l'IUFM de] villeneuve d'ascq

URL Courte : http://6041.lapetition.be/


Formation bradée, élèves en danger!

Nous, étudiants de l'IUFM Nord-Pas-De-Calais, et d'ailleurs, dénonçons la situation intolérable à laquelle nous sommes confrontés du fait de la mise en oeuvre de la réforme de la formation des enseignants imposée unilatéralement par le gouvernement.

1. Notre situation est d'abord intolérable du fait des modalités pratiques d'organisation de cette année universitaire dite de « transition » : que nous ayons ou non le concours, nous sommes à ce jour dans la plus totale incertitude quant à notre devenir à la prochaine rentrée...
Si nous avons le concours, tout indique que nous serons en charge d'une classe en pleine responsabilité, mais sans formation pratique préalable. On annonce que nous bénéficierons alors d'une « formation continuée » à hauteur d'1/3 temps (de classe? de temps global de travail?), mais nous n'en connaissons toujours ni le cadre, ni le contenu, ni le calendrier, ni les acteurs... Or, précisons que ce sont bien des fonctions identiques à celles d'un enseignant titulaire en charge de vrais élèves que nous devrons assurer.
Si nous échouons au concours, nous ignorons complètement ce vers quoi nous pourrons nous tourner: pourrons-nous nous représenter au concours l'année prochaine alors qu'il faudra désormais être inscrit en Master 2 et que la plupart d'entre nous ne possède qu'une Licence? Quelle sera la reconnaissance de cette année? Quelles seront les possibilités éventuelles de réorientation? Comment pouvons-nous encore en être là plus de quatre mois après la rentrée universitaire?
A ces préoccupations majeures liées à l'année prochaine vient s'ajouter le fiasco actuel des mises en stage dans les écoles dont l'organisation a été retirée aux IUFM. Qui est responsable de cette situation? Qui est en mesure de lever ces incertitudes? Nous avons besoin de conditions de travail beaucoup plus sereines pour nous préparer dignement au concours et à notre futur métier!
Les professeurs-stagiaires (PE2, PLC2, etc.) méritent également de meilleures conditions de travail. Ceux-ci pâtissent en effet indirectement du surcroît de travail que les incohérences de la réforme imposent aux équipes pédagogiques pour le suivi des candidats aux concours.

2. Les perspectives qui se dessinent en matière de formation aux métiers de l'enseignement sont ensuite intolérables. Les formes actuelles envisagées pour la Mastérisation de la formation sont qualifiées d'aberrantes et de destructrices par la plupart des experts de la formation des enseignants. La qualification des enseignants et l'adéquation entre leur formation initiale et les réalités de leur métier sont en jeu. La réforme du Gouvernement fait totalement l'impasse sur la nécessaire polyvalence de la formation disciplinaire des enseignants du 1er degré, et relègue les aspects réellement pédagogiques et professionnels de la formation de l'ensemble des enseignants à une véritable peau de chagrin.

Cette réforme placera en outre les futurs étudiants inscrits en Masters 2, et se destinant aux métiers de l'enseignement, au coeur de calendriers et d'exigences complètement inconciliables: validation d'unités d'enseignement universitaires; rédaction et soutenance d'un mémoire scientifique; préparation aux épreuves d'admissibilité et d'admission des concours de recrutement; anticipation de voies de réorientation en cas d'échec; 108h de stages de terrain, certes facultatifs (!), mais totalement indispensables (tout en restant largement insuffisants) s'agissant d'assumer la pleine responsabilité d'une classe à la rentrée scolaire suivante. Cherchez l'erreur!!!...

3. La situation est intolérable enfin, et surtout, pour le projet de société que cette réforme révèle et pour son coût social. Devenir enseignant supposera en effet désormais d'être en mesure de financer au moins cinq années d'études supérieures, contre quatre à l'heure actuelle (les lauréats aux concours accédaient précédemment au statut de fonctionnaire-stagiaire durant leur année de formation professionnelle selon le schéma suivant: obtention d'une Licence-année de préparation au concours-année de formation professionnelle rémunérée). C'est ni plus ni moins qu'une sélection par l'argent qui s'annonce. Des mesures de compensation ont été promises par le gouvernement (notamment des bourses au « mérite »), mais les choses restent, de ce côté, très très floues (nombre, montants, pérennité, etc.).
Autre conséquence directe: un accroissement sensible du fossé entre les élèves et les enseignants qu'ils auront face à eux; accroissement qui, c'est le cas de le dire, va à l'encontre du projet de réduction des inégalités sociales qu'est censée promouvoir l'école républicaine française.
Il est par ailleurs avéré que les étudiants mastérisés ayant échoué au concours auront vocation à intégrer une « Agence nationale de Remplacement », c'est-à-dire à se trouver en situation d'emploi précaire et sous-rémunéré (sans qu'il soit dit nulle part si ces « mastérisés-remplaçants » bénéficieront d'une quelconque formation pratique)…

Constatant donc au quotidien les impasses de la réforme de la formation des enseignants et inquiets des risques éducatifs et sociaux qu'elle fait encourir à la société française toute entière:
- nous demandons aux différents responsables ministériels, académiques et universitaires la levée immédiate des incertitudes concernant notre devenir à la prochaine rentrée scolaire ;
- nous demandons plus généralement la remise à plat complète du processus de réforme en cours et appelons l'ensemble des étudiants, parents d'élèves, acteurs éducatifs et responsables politiques... à nous rejoindre, à travers la défense de la formation des enseignants, dans la lutte pour la préservation et l'amélioration de la qualité de l'éducation qui sera dispensée aux futures générations d'enfants.


Url de référence :
http://lapetition.be/en-ligne/petition-6041.html

Points de vue et débats :

Position du Snesup sur la "mastérisation" (mars 2010)

Mastérisation: projet d'arrêté (Cahier des charges FDE). Dossier (mars 2010)

67% des Biatoss de Paris 8 ont boycotté l'entretien professionnel + Appel des Biatoss d'Evry: "Non à la dégradation des conditions de travail dans la fonction publique" (février 2010)

Chantage au financement: Nanterre à l'heure de "l'autonomie" (15/03/10)

Remarques de l'association des professeurs d'histoire et de géographie sur le nouveau programme de seconde (mars 2010)

L'IUFM de Livry en grève reconductible avec blocage des locaux (mars 2010)

Liste des manifestations, actions et rassemblements du 23 mars 2010 - manif 23 mars

Communiqué de l'intersyndicale de l'ESR : "23 mars, ensemble, privé-public, en grève, manifestons"

Pétition de soutien au jury du CAPES de Lettres classiques (mars 2010)

Communiqué de la CDIUFM pour une implication forte des maîtres-formateurs dans la nouvelle formation des enseignants (15/03/10)

Marche de Vienne (11/03/10) et déclaration des 46 ministres de l'enseignement supérieur européen - Budapest-Vienna Declaration on the European Higher Education Area (12/03/10)

Pétition contre la nouvelle épreuve du CAPES "Agir de manière éthique et responsable" + Lettre du département de philosophie de Clermont-Ferrand II au président du jury de l'agrégation de philosophie (mars 2010)

18 mars 2010: journée de grève et de manifestation de la maternelle à l'université

"Hadopi: la surveillance du web confiée à des sociétés privées" (lemonde.fr, 13/3/10)

AG du 12 mars 2010: Strasbourg, Toulouse, Marseille, Paris

Lettre ouverte du collectif des lycées du Bas-Rhin en lutte (10/03/10)

"Chatel invente le Cercle des poètes absentéistes" - Communiqué de SLU (12/03/10)

"Il est temps d'étendre et de renforcer la mobilisation". Appel de Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne  + communiqués (mars 2010)

Lettre-manifeste du lycée Pierre d'Aragon du Muret (31) demandant l'abandon de la mastérisation et le retrait de la réforme du lycée

Mastérisation: appel du Conseil d'Ecole de l'IUFM Célestin Freinet (Nice) + motion des formateurs de l'Iufm de Paris (10/03/10)

Les demandes des universitaires viennois, par C. Denker (SLR 08/03/10)

Le "Plan Banlieue" et la région Île-de-France financent le lycée Jean-Paul II de Sartrouville (Bakchich info, 02/03/10)

La DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft) revient à l'évaluation qualitative

Verbatim de la 9e séance du séminaire "Politiques des sciences": Le rapport Maurel: mise en conformité des SHS?

La grande mutation. Néolibéralisme et éducation en Europe (I. Bruno, P. Clément, C. Laval)


Fil d'information RSS    Fabula sur Facebook    Fabula sur Twitter