Javier Marias, Littérature et fantôme
traduction de Jean-Marie Saint-Lu
Gallimard, collection Arcades
05/01/2010, 336 pages
Dans Littérature et fantôme, Javier Marías nous ouvre les portes
de sa bibliothèque et de son atelier littéraire. Il commente avec
intelligence et humour les vies et les oeuvres de ses auteurs préférés –
Joyce, Faulkner, Shakespeare, Nabokov ou Flaubert – mais il nous parle
également d'autres passions plus secrètes – Quiroga, Stevenson,
Cervantès ou Melville. Chaque essai est une lecture novatrice et très
personnelle par laquelle Marías illumine un aspect peu ou mal connu de
l'auteur ou de l'oeuvre qui l'intéresse. La fascination de Flaubert pour
la bêtise humaine (et son culte presque religieux de l'intelligence),
la destinée tragique de Quiroga et de sa famille, ou bien la folie chez
Faulkner, sont autant de thèmes qui retiennent son attention et qui de
ce fait nous invitent à lire ou à relire Marías sous une autre lumière
: celle qui projette sur son oeuvre l'ombre de ces géants.
Mais le
romancier espagnol est aussi un formidable chroniqueur et un
observateur attentif et amusé de la vie contemporaine. A côté des
essais et de brillants exercices de critique littéraire, nous
retrouvons aussi d'autres textes, plus proches de la chronique ou de
l'article, comme les trois petits bijoux qui composent la «Suite
Anglaise» au début du recueil. Ils sont, tout simplement, un bonheur de
lecture.
Ce délicieux petit livre permet ainsi de découvrir les
autres visages du romancier espagnol, mais, également, l'alchimie
secrète qui a présidé à la composition de chef-d'oeuvres tels que le Roman d'Oxford, Un coeur si blanc ou, plus récemment, Ton visage demain.
Écrivain et traducteur, Javier Marías est né à Madrid en 1951. Il a passé une partie de son enfance aux États-Unis, où son père enseignait la philosophie. Durant ses propres études de philosophie, il publie son premier roman, Los dominios del lobo, en 1971. Par la suite, il sera professeur de littérature espagnole à Oxford, puis à l'université de Madrid. Il est membre de l'Académie royale espagnole depuis 2006. De lui, les Éditions Gallimard ont publié Ton visage demain (I). Fièvre et lance et (II. Danse et rêve (Du monde entier, 2004 et 2007), L'homme sentimental (Folio n° 4402), Le roman d'Oxford (Folio n° 4401), Ce que dit le majordome (Folio n° 4644), Un coeur si blanc (Folio n° 4720).
C. Jaquet, Philosophie de l'odorat
E. Dorlin, La Matrice de la race (rééd.)
J.-L. Backès, Le Mythe dans les littératures d'Europe
J.M. Downes, The female Homer: an exploration of women's epic poetry
D. Hopkins, Conversing with antiquity: English poets and the classics, from Shakespeare to Pope
J.-M. Moura, Le Sens littéraire de l'humour
S. Schirru, La favola in Aristofane
N. Laneyrie-Dagen, Détails vus au Louvre
M.-Cl. Planche, De l'iconographie racinienne, dessiner et peindre les passions
J.-M. Delassus, La Cérémonie des corps
Cl. Dupont, Jaurès, ce que dit un philosophe à la cité
S. Boehringer et L.-G. Tin (éd.), Homosexualité, Aimer en Grèce et à Rome (anthologie)
J. Pigeaud, Folie et cures de la folie chez les médecins de l'Antiquité greco-romaine. La manie
Charles Sorel, Polyandre, histoire comique
Mémoires inutiles de la vie de Carlo Gozzi, écrits par lui-même et publiés par humilité,
Lettres de Camille Delaville à Georges de Peyrebrune (1884-1888)
C. Duflo, F. Magnot, F. Salaün (dir.), Lectures de Cleveland