Compte rendu publié dans Acta fabula : "Du signifiant 'errant' à la clarté du concept" par Nicolas Floury.
L'Histoire cachée du nihilisme
Jean-Pierre Faye et Michèle Cohen-Halimi
Paris : La Fabrique, 2008.
EAN 9782913372795
310 p.
Prix 18 EUR
Présentation de l'éditeur :
Nihilisme, sorte de signifiant flottant, a une histoire mal connue dont ce livre restitue les étranges méandres. Elle commence pendant la Révolution française, et son premier locuteur est Anacharsis Cloots, député allemand à la Convention, qui finira guillotiné après avoir déclaré que « la république des droits de l'homme n'est ni théiste ni athée : elle est nihiliste ».
Mais la véritable irruption du mot date de la querelle entre Jacobi et Fichte, autour de 1800. Jacobi, sorte de contre-philosophe ennemi des Lumières, choisit le vocable « nihilisme » pour confondre l'athéisme et pour dénoncer Kant, à travers Fichte et ses amis. Le nihilisme se situe alors au carrefour de la critique kantienne et du romantisme naissant.
On le retrouve un peu plus tard dans le milieu cosmopolite des révolutionnaires russes : chez Bakounine, puis chez Dostoïevski, qui invente par le roman la scène métaphysique de la tragédie du nihilisme. Étape ultime et décisive du nihilisme au XIXe siècle : Nietzsche, qui va « séparer les fils, dénouer les affinités truquées, analyser la composition de l'explosif pour dissocier différentes formes du nihilisme ».
Après ce parcours, magistralement retracé par Michèle Cohen-Halimi, la deuxième partie du livre, écrite par Jean-Pierre Faye, est consacrée à l'utilisation du nihilisme par Heidegger. Méthodiquement, Faye démonte les contradictions, les références fautives à Nietzsche, les « mises en faux » qui servent à Heidegger à sa propre justification et à celle d'un nihilisme d'État. Un parcours inattendu sur une ligne brisée à travers l'Europe, l'éclaircissement d'un mot à la fois fascinant et maléfique.
Michèle Cohen-Halami est philosophe, maître de conférences à
l'université de Paris X-Nanterre. Elle a écrit : Entendre raison, Vrin,
2005 ; Seul le renversement, éditions de l'Attente, 2006. Elle a aussi
traduit de nombreux textes de langue allemande (Kant, Kleist,
Nietzsche, Warburg...).
Jean-pierre Faye est l'une des grandes
figures de la philosophie française d'aujourd'hui. Derniers ouvrages
parus : Nietzsche et Salomé, la philosophie dangereuse (2000) et La
Philosophie désormais (2004)
J.-L. Nancy, L'Adoration, Déconstruction du christianisme (2)
A. Herschberg Pierrot (dir.), Savoirs en récits I. Flaubert : la politique, l'art et l'histoire
M. Yourcenar, Les trente-trois noms de Dieu (rééd.)
E. Vila-Matas, Perdre des théories
J.-P. Martin, Eloge de l'apostat, essai sur la vita nova
A. Schiffrin, L'Argent et les mots
G. Mauger, C. Poliak, B. Pudal, Histoires de lecteurs
E. Marty, Roland Barthes, la littérature et le droit à la mort
J. Porée et G. Vincent (dir.), Paul Ricoeur, la pensée en dialogue
J. Herman et alii (dir.), L'Assiette des fictions. Enquêtes sur l'autoréflexivité romanesque
M. Traversier, Gouverner l'opéra. Une histoire politique de la musique à Naples 1767-1815
R. Pommier, René Girard. Un allumé qui se prend pour un phare
Marcel Proust, Cahier 71 "Dux" (2 vol.)
O. Mirbeau, Les 21 jours d'un neurasthénique
C. Jaquet, Philosophie de l'odorat
E. Dorlin, La Matrice de la race (rééd.)
J.-L. Backès, Le Mythe dans les littératures d'Europe
J.M. Downes, The female Homer: an exploration of women's epic poetry
D. Hopkins, Conversing with antiquity: English poets and the classics, from Shakespeare to Pope