Ci-contre: illustration de Charb détournée par Le Mammouth déchaîné.
La réforme du lycée de Luc Chatel prévoit notamment de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale scientifique. Vingt universitaires et chercheurs dénoncent cette décision "à courte vue". Signataires: Jean-Pierre Azéma, Antony Beevor, Jean-Jacques Becker, Serge Berstein, Pierre Cosme, Jean-Noël Jeanneney, André Kaspi, Jacques Le Goff, Evelyne Lever, Pierre Milza, Michelle Perrot, Antoine Prost, Jean-Pierre Rioux, Jean-François Sirinelli, Benjamin Stora, Jean Tulard, Annette Wieviorka, Michel Winock, Alain Finkielkraut, Serge Le Bras.
Ils ont été rejoints, dimanche 06/12/09, par des intellectuels dont le psychiatre Boris Cyrulnik, l'historienne Mona Ozouf, les écrivains Philippe Delerm et Hervé Hamon, l'acteur Pierre Arditi, le PDG d'Arte Jérôme Clément et le philosophe Michel Onfray.
Des politiques leur ont également apporté leur soutien parmi lesquels Ségolène Royal, Manuel Valls, Aurélie Filippetti, Vincent Peillon, Laurent Fabius, Jack Lang, François Hollande, Martine Aubry (PS), Marielle de Sarnez (Modem) ou encore des députés de la majorité comme Hervé Mariton et Renaud Muselier (UMP), Jean-Claude Lagarde et Maurice Leroy (Nouveau centre).
Selon François Bayrou, "c'est une des décisions les plus significatives, les plus révélatrices et les plus graves qui aient été prises dans l'Education nationale ces dernières années".
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a affirmé mardi (08/12) sur France Info qu'il était "déterminé à mener un combat pour l'histoire et la géographie".
L'ancien Premier ministre
Alain Juppé s'est dit mercredi "très réservé" sur la réforme
visant à supprimer l'enseignement de l'histoire en Terminale S jugeant
qu'il faut en "rediscuter".
Un appel d'universitaires pour la défense de l'histoire-géographie - Libération et AFP, 5 décembre 2009.
Ces chercheurs, principalement des historiens, dénoncent la décision « à courte vue » de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale scientifique, dans le cadre de la réforme du lycée.
Pour lire cet article sur le site de Libération.
Vingt universitaires et chercheurs, principalement des historiens, partent en croisade contre la décision « à courte vue » de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale scientifique, dans un appel que publie le Journal du dimanche.
Parmi les signataires figurent les historiens Jacques Le Goff, Jean-Pierre Azéma, Antony Beevor, Jean-Jacques Becker, André Kaspi, Annette Wieviorka, Benjamin Stora et Jean Tulard mais aussi le philosophe Alain Finkielkraut.
« La décision envisagée par M. le ministre de l'Education nationale [Luc Chatel], dans le cadre de la réforme des lycées ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle », peut-on lire dans cet appel.
« A l'heure de la mondialisation », les auteurs du texte soulignent l'importance de l'histoire et de la géographie pour « se situer dans le monde d'aujourd'hui ». Et invoquent aussi « l'impossibilité d'accéder à certaines formations supérieures de haut niveau » sans la connaissance de ces disciplines.
« Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l'identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure », font-il valoir enfin, « va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires ».
En conséquence, les signataires jugent « impératif d'annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens ».
(Source AFP)
Dépêche Reuters:
Des universitaires prient Chatel de revoir sa réforme des lycéesLa décision de rendre l'enseignement de l'histoire-géographie
optionnelle en terminale scientifique indigne de grands universitaires
français, qui pressent le ministre de l'Education nationale de faire
marche arrière dans un appel publié samedi.
"Il est impératif d'annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français", écrivent vingt intellectuels dans le Journal du Dimanche.
Le projet de réforme des lycées, que Luc Chatel doit présenter jeudi devant le Conseil supérieur de l'Education, prévoit que les lycéens ayant choisi la série scientifique n'aient plus de cours d'histoire-géographie obligatoires en terminale afin qu'ils puissent se consacrer à leurs matières scientifiques.
L'épreuve du baccalauréat serait organisée à la fin de la première pour ces élèves, qui bénéficieraient cette année-là de quatre heures de cours hebdomadaires pour cette matière.
"Ils se trouveront dans l'impossibilité d'accéder à certaines formations supérieures de haut niveau pour lesquelles la connaissance de l'histoire et celle de la géographie sont indispensables et vers lesquelles ils se dirigent en nombre croissant", regrettent les signataires, parmi lesquels Serge Berstein, Alain Finkielkraut, Jacques Le Goff ou Benjamin Stora.
La série scientifique est privilégiée par une majorité de lycéens de la filière générale.
La réforme des lycées, que Nicolas Sarkozy qualifie de simples "orientations", devra s'appliquer à partir de la rentrée 2010, a demandé le chef de l'Etat en octobre.
Les changements en première entreraient en vigueur en 2011 et ceux de la terminale l'année suivante.
Clément Guillou
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