Raymond Federman le « surfictionnel »(L'exemple de Chut), par Frank Wagner
http://www.vox-poetica.org/t/wagner2009b.html
Le 6 octobre 2009, Raymond Federman est décédé, de sorte que l'article qui suit se trouve en prise sur une bien triste actualité. Que la famille de Raymond Federman ses proches, ses lecteurs considèrent donc ces quelques pages comme l'hommage hélas posthume que méritent infiniment à la fois l'homme et l'oeuvre.
Soit, en guise d'entrée en matière, une brève citation, extraite de La Fourrure de ma tante Rachel de Raymond Federman, qui me paraît à la fois réjouissante et éclairante : « […] moi la réalité je m'en fous, j'y crois pas d'ailleurs, oui y a belle lurette que j'y crois plus à la réalité, ou si tu préfères, la réalité bon j'y vais de temps en temps en visite mais j'aimerais pas y vivre en permanence, ah ça non… » Pourtant, malgré cette apparente proclamation d'irréalisme ou d'anti-réalisme, qui peut passer, par-delà sa dimension comique, paradoxale et provocatrice, pour un embryon de poétique federmanienne (ou federmaniaque ?), je débuterai cette « introduction à la littérature selon Raymond Federman » par le rappel de quelques jalons bio-bibliographiques. Car, bon gré mal gré, notre auteur a bien dû vivre un peu plus que de temps à autre dans ce que faute de mieux l'on nomme « la réalité », et continue d'y vivre. Cet espace problématique est en effet, entre autres choses, celui où ses livres sont écrits (abondamment), publiés (difficilement), diffusés (parcimonieusement) et lus - trop peu, hélas. Pour autant, il n'est pas question de céder aux mirages de l'illusion biographique - ce qui, en l'occurrence, serait un comble -, ni d'expliquer l'oeuvre par l'homme, selon l'adage on peut l'espérer aujourd'hui caduc : « tel arbre, tels fruits ». Simplement, ces repères sont indispensables pour tenter de comprendre la relative confidentialité dans laquelle est injustement maintenue l'une des oeuvres les plus stimulantes de ces dernières décennies ; indispensables également dans la mesure où Federman fait de sa vie le matériau primordial de ses fictions - de ses « critifictions » ou « surfictions ».
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Auteur: Frank Wagner Titre: Raymond Federman le « surfictionnel »
Date de publication: 11/11/2009 Publication: Vox Poetica
Adresse originale (URL): http://www.vox-poetica.org/t/wagner2009b.html
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