Fabula, la recherche en littérature (appels)

D'un système sémiotique à l'autre : comment parler de l'art?

Appel à contribution

Information publiée le mercredi 11 novembre 2009 par Pierre-Louis Fort (source : Stéphanie Benoist)








Le centre de recherches TIL (Centre Inter Langues, EA 4182) de l'Université de Bourgogne organise une journée d'étude en linguistique s'inscrivant dans les travaux de l'axe « langage et discours » du laboratoire et consacrée au thème :

D'un système sémiotique à l'autre : Comment parler de l'art ?


Si un artiste choisit tel ou tel mode d'expression pour créer une oeuvre, c'est sans doute parce qu'il offre des possibilités autres que celles qu'offre la langue ; ainsi pour M. Béjart son art « dit »-il beaucoup sur un mode singulier (« La danse n'a plus rien à raconter : elle a beaucoup à dire ! »). Les possibilités offertes par l'art sont d'ailleurs souvent présentées comme supérieures à celles offertes par le langage verbal : Picasso « ne di[t] pas tout mais pein[t] tout » et R. Doisneau oppose la création rendue possible par l'art à la destruction opérée par le langage verbal (« Suggérer, c'est créer. Décrire, c'est détruire. »).
Cette concurrence affirmée des différents modes d'expression postule l'existence d'un décalage, d'une différence entre les possibilités d'expressions qu'offre le langage verbal et celles qu'offrent les autres systèmes sémiotiques. Ce décalage apparaît notamment dans la difficulté souvent éprouvée par les locuteurs quand il s'agit de parler de l'art, difficulté qui constitue un topos non seulement dans le discours des artistes eux-mêmes (« La musique est faite pour l'inexprimable » selon C. Debussy, ou encore « La peinture, c'est comme la merde ; ça se sent, ça ne s'explique pas » selon Toulouse-Lautrec), mais aussi des philosophes (cf. V. Jankelevitch : La musique et l'ineffable) ou des linguistes (cf. C. Thim-Mabrey : Möglichkeiten der Sprache – Grenzen der Sprache).
Mais, paradoxalement, seul le langage verbal possède la capacité de dénoter tous les systèmes sémiotiques, ce qui lui confère une position particulière, soulignée par Benveniste (1969) et justifiée par sa fonction d'« interprétance » (Vouilloux 2005). C'est bien seulement du langage verbal dont nous disposons pour caractériser le style d'un peintre ou d'un écrivain, l'intention d'une chorégraphie, l'atmosphère d'une sonate, l'effet produit par une sculpture etc.

La journée d'étude propose de se pencher de manière générale sur les moyens linguistiques relevant du système verbal dont dispose le locuteur pour parler des arts. Les communications s'attacheront plus particulièrement à décrire et analyser les possibilités, les difficultés, voire les impossibilités de verbaliser les contenus livrés par les oeuvres artistiques relevant d'autres systèmes sémiotiques, leurs intentions, les perceptions et les impressions qu'elles suscitent chez le spectateur ou l'auditeur.
Afin de cerner en priorité les éventuelles difficultés engendrées par l'expression verbale de contenus par nature non verbaux, les arts considérés seront limités aux productions relevant de tous les systèmes sémiotiques à l'exception du langage verbal : musique, danse, peinture, sculpture, architecture, photo, cinéma, etc.

Les discours considérés, qu'ils soient oraux ou écrits, pourront relever autant du discours savant que du discours profane, mais on tentera de mettre l'accent sur les discours suivants :
- discours de vulgarisation,
- discours pédagogiques et discours pour la jeunesse,
- discours de l'artiste sur son art : le musicien parlant de sa musique, le peintre parlant de sa peinture, etc. à un public large plus ou moins large.

Les corpus employés couvriront un panel aussi vaste que possible des genres textuels du discours sur l'art et pourront relever autant de l'oral que de l'écrit : émissions de radio, émissions de télévision (par exemple « Palettes » en France ou « Kunst und Krempel » en Allemagne), master classes, presse, manuels scolaires, ouvrages pour la jeunesse, écrits d'artistes sur leur oeuvre, littérature spécialisée en histoire de l'art, publicités et catalogues d'expositions, correspondances, etc.

Les études pourront porter sur :
- les outils linguistiques de caractérisation d'une oeuvre et plus particulièrement les « prédicats stylistiques » (Vouilloux) touchant aux propriétés classificatoires, historico-esthétiques, évaluatives ou affectives d'une oeuvre,
- les métaphores et les comparaisons,
- les stratégies de contournement de la difficulté à dire, les stratégies de reformulation et d'explicitation,
- les genres textuels spécifiques au discours sur l'art,
- les écarts entre le discours spécialisé et le discours de vulgarisation sur l'art.



Organisation :
Date : vendredi 2 avril 2010
Lieu : Université de Bourgogne (Dijon)
Organisation et coordination scientifique :
Stéphanie Benoist et Anne-Laure Daux
Comité scientifique (en cours de constitution) : Irmtraud Behr (Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3), Elodie Vargas (Université Stendhal – Grenoble 3), Claire Despierres (Université de Bourgogne)
Langues : allemand et français

La journée d'étude donnera lieu à une publication, dont les conditions seront spécifiées ultérieurement aux participants.

Les propositions de communication (résumé de 300 mots environ, sans la bibliographie) sont à envoyer d'ici le 30 novembre 2009 par voie électronique aux deux adresses indiquées ci-dessous.
Notification aux contributeurs : début janvier 2010.

Contact : Stéphanie Benoist
Anne-Laure Daux


Responsable : Stéphanie Benoist et Anne-Laure Daux

Adresse : Université de Bourgogne UFR Langues et Communication 2 Bd Gabriel 21000 Dijon

Dernières annonces d'appels à contribution :

Filiations violentes, filiations monstrueuses à Rome

Séminaire Poésie au féminin

Du front à l'asile. Expériences de la folie de la Grande Guerre aux années vingt

L'intertextualité lyrique : Recyclages littéraires et cinématographiques opérés par la chanson

Lexique commun / Lexique spécialisé

Le Clézio, Glissant, Segalen : la quête comme déconstruction de l'aventure

Revue André Malraux, vol. 38

Autres mondes (revue Acta Yassyensia Comparationis)

Réflexivité en contextes de diversité: un carrefour des sciences humaines

Volume dédié au centenaire Jean Genet

La Lecture comme activité d'interprétation

Vers une histoire générale de la grammaire française? matériaux et perspectives

Figures et langages de la marginalité aux XVIe et XVIIe siècles

Imagination environnementale

Les pratiques d'écriture littéraire à l'université

Ce que le récit ne dit pas

Ombres et pénombres de la République des Lettres. Marges, hétérodoxies, clandestinité (XVe-XVIIIe siècle)

Jeux et enjeux de la francophonie contemporaine

1960-2010 : Nécropolitiques africaines, langages de violence et réinventions de l'avenir

Transformations. Changements et renouveaux dans la littérature et le cinéma au Maghreb depuis 1990

Colloque 2010 de la SPFFA : Création et réalité d'expression française et francophone: la problématique d'une "littérature-monde" en français et le cinquantenaire de la disparition d'Albert Camus.

« Postkolonial » - perspectives franco-allemandes

Colloque Julien Green et l'Europe

Max-Pol Fouchet : ses films sur l'art à la télévision (Appel ponctuel)

Jean Anouilh artisan du théâtre : savoir-faire et faire savoir


Fil d'information RSS    Fabula sur Facebook    Fabula sur Twitter