Sur le blog des universités en lutte:
vous trouverez ci-dessous l'appel adressé aux conseils des maîtres de Seine-Saint-Denis.
L'assemblée unanime des D.E.A, P.E.M.F et P.I.U.F.M. de Seine-Seine-Denis appelle chaque conseil des maîtres des écoles du département à prendre position contre les mesures du gouvernement qui visent à casser la formation des enseignants et à créer les conditions d'un recrutement d'enseignants non fonctionnaires en adoptant, d'ici à la fin juin ou en septembre, la motion proposée à la fin du texte ci-dessous.
Appel
de l'assemblée des maîtres formateurs, directeurs d'école
d'application et professeurs d'I.U.F.M. de la Seine-Saint-Denis aux
conseils de maîtres des écoles maternelles et élémentaires du
département (et de partout ailleurs en france) :
Opposons-nous à la casse de la formation des enseignants !
Pas de formation initiale avant le concours.
Si les mesures gouvernementales concernant le recrutement et
la formation des enseignants étaient mises en oeuvre, il faudrait, dès
la rentrée 2010, être titulaire d'un master 2 (bac + 5) pour pouvoir se
présenter aux concours des 1er et 2ème degrés.
Aux yeux du gouvernement, le cursus universitaire conduisant au master
tiendrait lieu de formation initiale. Pourtant, n'importe quel master
donnerait accès au concours, même obtenu dans des disciplines non
enseignées à l'école, même dépourvu de dimension professionnelle. Ainsi
par exemple, un titulaire d'un master de droit constitutionnel pourrait
se présenter et réussir le concours. De plus, les « stages » qui
seraient proposés dans certains masters ne seraient ni obligatoires ni
en nombre suffisant (50 000 prévus en master 2 pour 150 000 candidats)
et leur durée pourrait être inférieure à 108 heures.
Ainsi de nombreux candidats aux concours n'auraient jamais effectué le
moindre stage dans des classes avant de se présenter aux épreuves.
Disparition de la formation initiale après le concours.
La réforme prévoit de supprimer l'année de formation
professionnelle rémunérée qui suit actuellement la réussite au concours
(PE2), année au cours de laquelle alternent cours en I.U.F.M. et stages
dans les trois cycles de l'école.
A l'avenir, si la réforme était appliquée, les lauréats des concours
seraient directement affectés pour l'année dans une classe. Ils en
seraient juste soustraits une journée par semaine pour bénéficier d'un
« tutorat » qui tiendrait lieu de formation continue dont on ignore
s'il serait pris en charge par des P.E.M.F., des M.A.T. ou le collègue
de la classe voisine. Ce jour-là, ils seraient remplacés dans leur
classe par un ou plusieurs étudiants inscrits en master. Dans des
communes de Seine-Saint-Denis où certaines écoles comptent actuellement
30 % de NT1, on peut avoir des inquiétudes quant à la qualité de
l'enseignement dispensé et au bon fonctionnement de ces écoles.
Fin de la formation continue sur le temps de travail.
La disparition des PE2, dont les stages dans une classe
permettent actuellement au titulaire de suivre un stage de formation
continue, conduirait l'administration à programmer les futurs stages
durant le temps libre des enseignants, stages qui par conséquent
cesseraient d'être rémunérés. De surcroît, avec la fin des I.U.F.M.,
cette formation continue serait totalement à la charge de l'Inspection
académique et des Inspections de circonscription.
Risque de fermeture du centre départemental I.U.F.M. de Livry-Gargan.
La réforme prévue par le gouvernement vise la disparition des
I.U.F.M. puisque la pseudo-formation initiale des enseignants et la
préparation aux concours passeraient sous l'égide des Universités
tandis que la formation continue passerait sous celle des Inspections
académiques. Du reste, l'existence des I.U.F.M. n'est évoquée dans
aucun projet de décret. Le gouvernement veut ainsi faire disparaître
des lieux de formation à l'analyse critique des pratiques
d'enseignement dégagés de la tutelle directe de l'employeur. Si dans la
plupart des départements de France, les Universités prévoient de
localiser des masters « métiers de l'enseignement » et des préparations
aux concours dans des sites actuellement I.U.F.M., en
Seine-Saint-Denis, le site de Livry-Gargan est jugé trop inaccessible
par l'Université intégratrice (Paris 12) et par les Universités du
département (Paris 8 et 13). La fermeture du site est à craindre même
si les présidents de P 8 et 12 affirment ne pas pouvoir provisoirement
se passer de ces locaux. Avec la fermeture du site de Livry-Gargan,
disparaîtraient le réseau constitué par les formateurs de toutes
catégories (PIUFM, IMF, CPC, IEN, DEA) et l'ensemble des écoles du
département ainsi qu'un lieu où se rencontrent des enseignants de
toutes générations et en provenance de tout le territoire départemental.
La masterisation permet de remettre en cause l'appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d'Etat.
La réforme prévoit de développer des masters « métiers de
l'enseignement ». Ce faisant, pour la première fois en France,
existeraient sur le marché du travail des personnes titulaires d'un
diplôme d'enseignant, indépendamment de la réussite à un concours de
recrutement. En cas d'échec au concours, ces personnes (nombreuses
compte tenu de la diminution du nombre de postes au concours)
constitueraient un vivier dans lequel l'administration pourrait
recruter des enseignants non fonctionnaires de statut précaire, moins
payés et placés directement sous la coupe d'un chef d'établissement
(les directeurs des Etablissements Publics d'Enseignement Primaire) qui
les recruterait, les évaluerait et éventuellement mettrait un terme à
leur contrat. Le recours aux vacataires qui est encore une exception
dans l'Education nationale deviendrait la norme.
Ce nouveau dispositif de recrutement des enseignants concurrencerait le
dispositif actuel sur concours et conduiraient à terme à sa
suppression.
La rupture des principes républicains d'égalité et de laïcité.
La dévolution de la « formation initiale » des enseignants aux
Universités, y compris aux Universités catholiques dont les grades et
diplômes viennent de se voir reconnaître par l'Etat français, mettrait
un terme au cadrage national par l'Etat de la formation des enseignants
de l'Ecole publique, républicaine et laïque. En effet, dans le cadre de
leur autonomie, les Universités ont une totale liberté dans la
conception des masters.
A l'heure actuelle, si les cursus universitaires suivis par les
candidats du concours sont très divers, l'année de formation
professionnelle rémunérée qui suit actuellement la réussite au concours
garantit une formation commune, les respects des principes républicains
par tous les futurs enseignants, un enseignement comparable sur tout le
territoire national et un égal accès des élèves à la connaissance.
A l'inverse, les mesures gouvernementales visent l'éclatement de la
fonction publique d'Etat de l'Education et l'abandon des idéaux
républicains d'égalité.
On peut légitimement penser que la formation des enseignants doit être améliorée, allongée, mieux adossée à la recherche, reconnue par l'attribution d'un master, que le niveau de qualification et de rémunération des enseignants doit être augmenté …
il n'en demeure pas moins que cette réforme est inacceptable !
C'est pourquoi, les maîtres formateurs, directeurs d'école
d'application et professeurs d'I.U.F.M. de la Seine-Saint-Denis réunis
le 16 juin 2009 dans le centre départemental I.U.F.M. de Livry-Gargan
ont décidé à l'unanimité d'appeler les conseils de maîtres des écoles
maternelles et élémentaires du département à exprimer fermement leur
opposition aux mesures gouvernementales concernant le recrutement et la
formation des enseignants, en adoptant la motion-type ci-dessous.
La liste des conseils de maîtres signataires sera régulièrement mise à jour sur le blog de l'I.U.F.M. en lutte de Livry-Gargan (collectifiufmlivry.blogspot.com) et les motions, adressées au collectif I.U.F.M. en lutte de Livry-Gargan, (I.U.F.M., 45 avenue Jean Zay, 93190 Livry-Gargan), seront adressées à M. Sarkozy, avec copies au ministre de l'Education nationale et à celui de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Motion-type :
Le Conseil des maîtres de l'école (maternelle ou élémentaire) ……………………………………………………
située dans la commune de …………………………………………………………………………………………
exprime solennellement son opposition aux mesures gouvernementales
dites de « masterisation » concernant le recrutement et la formation
des enseignants et son indignation devant la façon dont est géré ce
dossier. Le gouvernement a en effet lancé la procédure de promulgation
des décrets sans même attendre les conclusions des groupes de travail
ni celles de la commission Marois / Filâtre qu'il a pourtant lui-même
mis en place.
Il s'associe à la dénonciation de ce passage en force qui a d'ailleurs conduit la Conférence des Présidents d'Université, la Conférence des Directeurs d'IUFM, de lettres (CDUL) et de sciences (CDUS) à refuser dans ces conditions de siéger à la commission Marois-Filâtre.
Comme l'ensemble des collègues engagés dans la mobilisation contre les réformes actuelles, le conseil des maîtres estime que toute refonte des concours et de la formation des enseignants doit être arrêtée à l'issue d'une large concertation et de véritables négociations avec tous les acteurs de la formation des enseignants. Celles-ci supposent un retrait des projets actuels, un réexamen complet du dossier de la formation et du recrutement des enseignants, l'abandon de toute « mesure transitoire » et de toute mise en place insidieuse de la « mastérisation ». C'est pourquoi le conseil des maîtres demande le maintien pour l'année 2010 des recrutements et des formations pré et post-concours des enseignants dans leurs dispositions actuelles.
Le conseil des maîtres tient également à rappeler quelques principes
qui sont, selon lui, essentiels pour toute réforme à venir des concours
de recrutement des enseignants du premier et du second degré :
- le recrutement de tous les enseignants doit se faire par concours
nationaux avec un programme national, des épreuves nationales et des
jurys constitués comme c'est le cas actuellement d'enseignants du
primaire et du secondaire, d'enseignants et d'enseignants chercheurs
des IUFM et de membres des corps d'inspection.
- les lauréats doivent avoir le statut de fonctionnaires
stagiaires (de la fonction publique d'État) et pour leur assurer une
véritable formation pédagogique et professionnelle, l'année de stage
rémunérée de formation en alternance avec un service significativement
réduit doit être maintenue. En effet, ni les « stages » facultatifs et
en nombre insuffisant prévus pendant les deux années des « masters
enseignement », ni le tiers de décharge pour « tutorat » lors de
l'année post-concours ne compensent les effets néfastes de la
suppression de l'année de formation professionnelle rémunérée qui suit
actuellement la réussite du concours.
Communiqué de QSF sur la masterisation (22/03/10)
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