Qui a peur du cannibale ? Récits antiques d'anthropophages
Agnès Nagy
Turnhout : Brepols Publishers, coll. "Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes", 2009.
ca. 300 p.
EA 9782503531731
45 euro
Présentation de l'éditeur :
Parmi les monstres qui nous remplissent de terreur tout autant qu'ils nous fascinent, l'anthropophage et le cannibale occupent une place d'honneur. Or, cette fascination mêlée de terreur – ou terreur mêlée de fascination – ne date pas d'hier. Dans l'Antiquité déjà, ceux qui se livraient à des actes gravement répréhensibles – conspiration et rébellion, banditisme, parricide, inceste ou pratique des rites pervertis – furent souvent soupçonnés de cannibalisme. La chrétienté de l'Empire romain fut confrontée à ces soupçons pendant les deux premiers siècles de son existence; les prétendus sorciers et les hérétiques pendant tout le Moyen Âge; quant aux Juifs, ils en firent les frais jusqu'au siècle dernier. Pourquoi l'anthropophagie éveille-t-elle tant d'émotion, tant de haine? Pourquoi ce paradigme est-il capable de décrire la peur, le sentiment de danger que l'Autre suscite en nous-mêmes? Le présent livre propose des éléments de réponse par l'analyse des récits antiques d'anthropophages. Le lecteur suivra le chemin qu'a parcouru le motif de l'anthropophagie, de simple marqueur d'identité – puis signe d'exclusion –, jusqu'à devenir une véritable arme fatale contre ceux dont les idées et le mode de vie auraient pu mettre en danger l'ordre établi; il sera également témoin du processus par lequel les exclus, eux-mêmes, s'appropriaient la figure de l'anthropophage pour renverser la situation. Le voyage durera plus de mille ans et aura pour cadre la Grèce des cités, les royaumes hellénistiques, puis l'Empire romain, pour faire une escale en Israël et une brève excursion vers la Mésopotamie avant d'arriver à la destination finale, l'Empire romain chrétien.
Agnès A. Nagy est historienne, spécialiste des religions de la Méditerranée ancienne. Sa thèse de doctorat en histoire des religions, dont le présent livre est issu, fut soutenue en juillet 2006 à l'Université de Genève, sous la direction de Philippe Borgeaud et Enrico Norelli. Après une année passée à l'Institut de Judaïstique de Vienne (Autriche) en tant que boursière du FNRS, et trois ans à la Faculté de Théologie et de Sciences des Religions à l'Université de Lausanne comme collaboratrice scientifique, elle participe actuellement à un projet de recherche centré sur les théories anciennes et modernes de la légitimation religieuse de la mise à mort, dirigé par Francesca Prescendi, à l'Université de Genève.
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