Henri Meschonnic est décédé le 08 avril 2009. Poète, traducteur et linguiste, il laisse une oeuvre qui compte une soixantaine d'ouvrages. Né en 1932, il a été l'un des fondateurs du centre expérimental de Vincennes et a enseigné à l'université de Paris 8 jusqu'en 1997.
Injustement réduite à ses aspects techniques, sa pensée s'efforce de construire une théorie d'ensemble liant le poétique à l'éthique et au politique. Ouvrage majeur, Critique du rythme paru en 1982 après le cycle de Pour la poétique I-V, porte ainsi le sous-titre d'« anthropologie historique du langage ». Car c'est plus encore du point de vue de la littérature – et de l'art – qu'il s'agit d'interroger pour l'auteur nos conceptions du sujet, de la société, de la culture. Parmi ses autres essais les plus marquants : Le Signe et le poème (1975), Modernité modernité (1988), Politique du rythme, politique du sujet (1995), L'Utopie du Juif (1999).
Directement issue de la pratique, cette théorie exigeante ne se sépare pas des traductions de la Bible, Les cinq rouleaux (1970), Gloires, traduction des psaumes (2001), Dans le désert, le livre des Nombres (2008), mais aussi de textes de création : Dédicaces proverbes (1972), Voyageurs de la voix (1986), De monde en monde (2009).
Arnaud Bernadet